Trump reconnaît finalement avoir envisagé d’«éliminer» Assad

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Donald Trump a affirmé mardi avoir envisagé d’« éliminer » le président syrien Bachar al-Assad en 2017, mais que le chef du Pentagone à l’époque, Jim Mattis, s’y était opposé, des propos qui contredisent ce qu’avait auparavant affirmé le président américain.  


Mise à jour 16/09/2020, 15h01

La Syrie a fustigé mercredi le président américain Donald Trump qui a dit avoir envisagé d’« éliminer » le chef d’État syrien Bachar al-Assad, qualifiant les États-Unis d’État « voyou et hors-la-loi », selon l’agence de presse officielle Sana. « Les déclarations du chef de l’administration américaine […] montrent clairement le niveau […] des pratiques politiques irréfléchies » des États-Unis, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères, cité par Sana. « Les aveux de M. Trump confirment que l’administration américaine est un État voyou et hors-la-loi, qui poursuit les mêmes méthodes que les organisations terroristes avec des meurtres et des liquidations », ajoute le ministère.


« J’aurais préféré l’éliminer. J’avais veillé à ce que cela soit planifié » après l’attaque chimique d’avril 2017 attribuée au régime de Bachar al-Assad, a déclaré Donald Trump sur Fox News.  

« Mattis ne voulait pas le faire. Mattis était un général largement surestimé, et je m’en suis séparé », a-t-il ajouté.  

En septembre 2018, le président américain avait affirmé au contraire n’avoir jamais évoqué avec son chef du Pentagone l’éventuel assassinat de Bachar al-Assad.

« Cela n’a jamais été même discuté […]. Cela n’a jamais été même envisagé », avait déclaré M. Trump.

Il était interrogé dans le Bureau ovale sur un passage du livre « Fear : Trump in the White House » du journaliste Bob Woodward, selon lequel le président américain aurait appelé son ministre de la Défense, Jim Mattis, et lui aurait dit, en termes très directs,  qu’il souhaitait assassiner le président syrien.

Jim Mattis avait annoncé le 20 décembre 2018 qu’il quittait son poste, critiquant notamment la stratégie diplomatique de Donald Trump après l’annonce du retrait des troupes américaines en Syrie.