50e anniversaire des relations diplomatiques entre le Canada et la Chine

«Les citoyens chinois doivent être très attentifs à leur sécurité» et «faire preuve de prudence», écrivait en juillet 2020 le ministère chinois des Affaires étrangères alors que la Chine n'hésite pas à exercer des représailles contre les citoyens canadiens dans l'affaire Huawei [AFP]
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Alors que les relations sino-canadiennes ont été empoisonnées par l’arrestation en vue d’une extradition vers les États-Unis, à la demande de Washington, de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinoises télécom Huawei, suivie de l’arrestation en Chine de deux ressortissants canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, accusés d’espionnage, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a fait à l’occasion du 50e anniversaire des relations diplomatiques entre le Canada et la Chine une déclaration où il rappelle qu’en 1970 Ottawa avait pris les devants comme leader international afin de rétablir les relations avec Pékin.

«En 1970, le gouvernement du Canada a pris les devants comme leader international afin de rétablir les relations diplomatiques avec la Chine, malgré nos différents systèmes de gouvernement.

«La raison était simple et le raisonnement largement partagé: la communauté des nations ne pouvait se permettre d’isoler le cinquième de l’humanité de ses institutions internationales. Le dialogue, aussi difficile fut-il, devait l’emporter sur l’ignorance et la peur.

«Nous continuons toujours de croire en l’importance de notre relation. Cet anniversaire nous amène à réfléchir sur le fondement de nos relations bilatérales et sur la voie à suivre. En effet, 50 ans plus tard, le Canada porte un regard sobre sur notre relation considérant l’importance du respect mutuel et de la réciprocité, du respect des règles et des principes, incluant les droits de la personne, tout en obtenant des résultats qui sont dans l’intérêt du Canada. Il est inacceptable que des citoyens soient détenus de manière arbitraire.  Michael Kovrig et Michael Spavor doivent revenir au pays. Tous les Canadiens sont solidaires de leur situation. Le recours à la diplomatie coercitive amène le Canada à réexaminer son approche et à mettre l’accent sur la coopération multilatérale.

«En tant que pays du Pacifique, le Canada reconnaît que son avenir est lié à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans la région. Alors que nous développons un nouveau cadre pour nos relations avec la Chine, le Canada travaillera avec ses partenaires pour tenir le gouvernement chinois responsable de ses obligations internationales. L’avenir du Canada et de la Chine dépend de la primauté du droit, du respect des droits et libertés ainsi que des personnes dans toute leur diversité. Nous poursuivrons le dialogue et la coopération lorsqu’il sera judicieux de le faire. 

«La pierre angulaire de nos relations – depuis le début jusqu’à présent – réside dans les liens entre les peuples canadiens et chinois. Ensemble, nous partageons des relations de longue date qui ont pris racine bien avant l’établissement de nos relations diplomatiques. Ces liens et les contributions extraordinaires des Canadiens d’origine chinoise au Canada survivront aux aléas politiques et continueront de faire rayonner tant en diversité que profondeur nos relations pour les décennies à venir.»

Le Canada a annoncé samedi 10 octobre que son ambassadeur en Chine avait pu avoir un contact «virtuel» avec l’ex-diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor, dont Ottawa juge la détention «arbitraire».

Kovrig et Spavor sont emprisonnés en Chine depuis le 10 décembre 2018. Ils ont été inculpés d’espionnage en juin dernier.Leur détention est considérée en Occident comme une mesure de rétorsion, après l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei et fille de son fondateur.

Le gouvernement canadien a réitéré samedi sa «profonde préoccupation» face à la «détention arbitraire» de ses deux ressortissants et réclamé «leur libération immédiate».