Afghanistan: Trump veut terminer le retrait des militaires américains d’ici Noël

Des parachutistes affectés à la 3e Brigade Combat Team, 82nd Airborne Division alors qu'ils célébraient Noël sur l'aérodrome de Kandahar, le 25 décembre 2019. (US Army)
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Donald Trump a déclaré mercredi qu’il veut retirer tous les militaires américains d’Afghanistan d’ici Noël, c’est-à-dire plus rapidement encore que prévu par l’accord entre les États-Unis et les talibans.

Les troupes devraient se retirer d’Afghanistan d’ici Noël, a déclaré le président américain dans un tweet mercredi, peu de temps après qu’un haut conseiller de la Maison Blanche a déclaré que certaines troupes resteraient dans le pays en 2021.

«Nous devrions faire rentrer à la maison d’ici Noël le petit nombre de nos courageux hommes et femmes qui servent encore en Afghanistan !», a tweeté le président américain, qui briguera le 3 novembre un second mandat face au démocrate Joe Biden.

Interrogé sur le fait que le tweet de Trump, les responsables militaires américains en Afghanistan n’ont fait aucun commentaire après sur le fait que ce tweet représentait un changement de politique. Le Pentagone n’a pas non plus commenté le tweet.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O’Brien, avait déclaré mercredi que les États-Unis réduirait ses forces en Afghanistan à 2 500 au début de l’année prochaine.

Mais le milliardaire républicain promet depuis des années de «mettre fin aux guerres sans fin», et n’a jamais caché qu’il espérait accélérer le retrait à l’approche de la présidentielle.

L’administration Trump s’est engagée à retirer toutes les troupes américaines d’Afghanistan mi-2021 au plus tard dans un accord historique signé le 29 février avec les talibans pour mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis. En échange, les insurgés se sont toutefois engagés à ne pas laisser des terroristes opérer depuis les territoires qu’ils contrôlent, et à entamer des négociations de paix directes inédites avec le gouvernement de Kaboul. Les talibans entretiennent pourtant encore des liens étroits avec al-Qaïda, selon des évaluations récentes des Nations Unies et du Pentagone.

S’il y a quelqu’un que ce tweet du président américain, qui intervient alors que les pourparlers de paix de Doha piétinent. remplit de joie, ce sont bien les talibans, qui en parle comme d’une «étape positive» dans une déclaration jeudi et qui reçoivent ainsi du président américain tout ce qu’ils désirent sans avoir à offrir vraiment de contreparties.

Mais la position du candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre n’est guère (sans jeu de mots) différente: sur son site de campagne, Biden promet aussi de «mettre fin aux guerres interminables» et de rapatrier «la grande majorité» des troupes américaines d’Afghanistan, tout en maintenant une mission étroite, mais aux contours flous pour contrer Al-Qaïda et le groupe armée djihadiste État islamique.

Environ 13 000 soldats américains ont été déployées dans le pays au début de cette année, un nombre réduit à 8 600 cet été et le Pentagone a fait savoir qu’une nouvelle phase du retrait était imminente.