Appels pressants au désarmement nucléaire à l’ONU

Essai nucléaire aux États-Unis le 18 avril 1953. (Gouvernement des États-Unis via Centre d'actualités de l'ONU))
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Alors que de plusieurs pays ont appelé vendredi, lors d’une visioconférence en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, au désarmement nucléaire, d’autres, comme les États-Unis et la Russie qui détiennent 90 % des armes nucléaires de la planète, considèrent la possession d’armes nucléaires comme vitale pour leur sécurité et leur survie nationale.

En raison de la pandémie de la COVID 19, pour la première fois depuis 2002, les Ministres des Affaires Étrangères des Amis du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui interdit toutes formes d’essais d’armes nucléaires, n’ont pu tenir au siège de l’ONU, au cours de la semaine de haut niveau de l’Assemblée Générale des Nations Unies, la réunion ministérielle biennale approuvée par de nombreux pays.

Les Ministres des Affaires Étrangères de l’Australie, du Canada, de la Finlande, de l’Allemagne, du Japon et des Pays-Bas, ont toutefois appelé dans un message vidéo à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres et le Secrétaire Exécutif de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, Dr Lassina Zerbo, se sont également engagés à soutenir l’entrée en vigueur du Traité pour mettre un terme définitif aux essais nucléaires.

L’élimination de ces armes est, au-delà du destin de ces nations, essentielle à la survie de la vie sur la planète, a déclaré vendredi le Secrétaire général des Nations Unies, qui a appelé à l’abolition totale de l’arsenal nucléaire lors de cet événement virtuel de haut niveau.

Le secrétaire général a mis en garde contre la stagnation du processus d’élimination totale des armes nucléaires et a averti qu’il y a même un risque d’inverser les progrès vers cet objectif.

«La méfiance et les tensions croissantes entre les États dotés d’armes nucléaires ont augmenté les risques nucléaires. Les programmes de modernisation des arsenaux menacent une course aux armements nucléaires qualitative, basée non pas sur des chiffres mais sur des armes plus rapides, plus furtives et plus précises», a déploré Antonio Guterres.

Pour cette raison, a-t-il déclaré, il est «essentiel» que la Russie et les États-Unis prolongent immédiatement de cinq ans le «Nouveau traité START» signé en 2010 par les anciens présidents Barack Obama et Dimitri Medvedev. «Le seul traité qui limite la taille des plus grands arsenaux nucléaires du monde expirera au début de l’année prochaine, ce qui soulève la possibilité alarmante d’un retour à une concurrence stratégique sans restriction», a déclaré le Secrétaire général.

Selon le chef de l’ONU, la seule façon d’éliminer complètement le risque nucléaire est d’éliminer complètement les armes nucléaires. «Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires reste la pierre angulaire du régime de désarmement et de non-prolifération nucléaires», a déclaré le chef de l’ONU, qui a souligné qu’il attendait également avec impatience l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TICE), «qui répond au souhait d’un grand nombre d’États de débarrasser le monde de cette menace».

Des mesures concrètes pour réduire le risque nucléaire sont «plus nécessaires que jamais», en particulier dans le climat actuel de tension internationale, de souligner le secrétaire général qui a appelé à un multilatéralisme fort et inclusif reposant sur trois piliers: la confiance, le droit international et la sécurité humaine.