Biélorussie: dernier jour de l’ultimatum avant la grève générale

Une nouvelle manifestation se déroulait contre le président Alexandre Loukachenko dimanche 25 octobre à Minsk, la capitale de la Biélorussie , au dernier jour d’un ultimatum fixé par l’opposition pour que ce dernier se retire. (Belsat)
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Une nouvelle manifestation se déroulait contre le président Alexandre Loukachenko ce dimanche 25 octobre à Minsk, la capitale de la Biélorussie , au dernier jour d’un ultimatum fixé par l’opposition pour que ce dernier se retire, sans quoi elle appellera à la grève générale, rapporte Belsat, la chaine de télévision de langue biélorusse diffusée par satellite depuis la Pologne. 


Mise à jour 25/10/2020, 15h15

La cheffe de file de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a appelé dimanche soir ses compatriotes à la grève dès lundi à la suite de la nouvelle manifestation qui a réuni plus de 100 000 personnes à Minsk contre le président Alexandre Loukachenko. «Le régime a de nouveau montré aux Bélarusses aujourd’hui que la violence est la seule chose dont il est capable », a-t-elle déclaré sur sa chaîne Telegram. «Par conséquent, demain, 26 octobre, une grève nationale commencera».


Une nouvelle manifestation se déroulait contre le président Alexandre Loukachenko dimanche 25 octobre à Minsk, la capitale de la Biélorussie , au dernier jour d’un ultimatum fixé par l’opposition pour que ce dernier se retire. (Belsat)

L’opposition biélorusse exige le départ de Loukachenko, 66 ans, au pouvoir depuis 1994, depuis l’élection présidentielle jugée frauduleuse du 9 août. Le mouvement de contestation subit depuis une pression constante des autorités, qui a abouti à la détention ou à l’exil à l’étranger de toutes ses principales figures.

Le 13 octobre, l’équipe de la cheffe de l’opposition biélorusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a publié le texte de l’ultimatum du peuple qu’elle a transmis à Loukachenko et aux responsables biélorusses. L’opposition demande dans cet ultimatum au régime de répondre dans un proche avenir aux demandes suivantes: démission de Loukachenko, mettre fin à la violence policière dans les rues, libérer tous les prisonniers politiques. Selon l’opposition, se le régime n’a pas accédé à ces demandes à 23 h 59 le 25 octobre au plus tard, le pays tout entier «descendra dans la rue pour délivrer pacifiquement l’ultimatum du peuple; le 26 octobre, toutes les entreprises commenceront à faire grève ».

Les manifestations contre le régime d’Alexandre Loukachenkp se poursuivent depuis maintenant plus de deux mois. Selon les estimations des militants des droits de l’homme, environ 15 000 personnes ont été détenues au Bélarus depuis le jour du scrutin; beaucoup d’entre eux ont été battus ou torturés, certains ont été violés. Il y a au moins six cas de décès liés aux manifestations post-électorales. Plus de 350 personnes sont parties à des poursuites pénales. 102 personnes arrêtées sont considérées comme des prisonniers politiques.

Après avoir mené une brutale répression dans les jours après les élections, les autorités ont menacé ce mois-ci qu’elles tireraient à balles réelles pour disperser les manifestants « si nécessaire ».

Mais des dizaines de milliers de manifestants ont continué de se réunir malgré tout dans l’ensemble du pays, et la traditionnelle marche de femmes contre le pouvoir en a rassemblé plusieurs centaines dans Minsk samedi, l’ONG Viasna rapportant plusieurs arrestations.  

Quant à Loukachenko, s’il jouit du soutien de Moscou, il est sous le coup d’une menace de sanctions de l’Union européenne, qui a rejeté les résultats de l’élection du 9 août et a déjà sanctionné 40 responsables du régime, dont le ministre de l’Intérieur et son adjoint.

Mi octobre, suite à l’adoption d’une première série de sanctions ciblées annoncées le 29 septembre en coordination le Royaume Uni, le gouvernement du Canada a inscrit 31 responsables additionnels du gouvernement du Bélarus en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales (Bélarus), seconde série de sanctions qui s’inscrit en coordination avec les récentes mesures adoptées par l’Union européenne et les États-Unis.

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