Biélorussie: l’intervention policière la plus violente des dernières semaines.

Biélorussie: Intervention musclée le 11 octobre pour disperser les milliers de manifestants. (Twitter/@viasna96)
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Canons à eau, matraques et grenades assourdissantes : la police biélorusse est intervenue en force dimanche à Minsk pour disperser les milliers de manifestants dénonçant la réélection en août qu’ils estiment frauduleuse d’Alexandre Loukachenko, l’intervention policière la plus violente des dernières semaines.

Le mouvement de contestation historique en Biélorussie rassemble tous les dimanches des dizaines de milliers de personnes depuis deux mois.

Dimanche après-midi, une foule immense s’est encore réunie à Minsk pour réclamer le départ de Loukachenko, mais la police a tout fait pour empêcher les différents cortèges de se regrouper, bloquant des rues et intervenant en force en amont pour disperser certains groupes.

Le recours d’une telle ampleur à cet arsenal est une première depuis les manifestations qui ont eu lieu les jours suivant le scrutin, lorsque des milliers de personnes furent arrêtées, des dizaines blessées et une poignée tuées. Depuis, les heurts à Minsk avaient été sporadiques.    

Les images des médias indépendants biélorusses ont montré de nombreuses arrestations violentes, par les policiers antiémeutes OMON ou par des hommes en civil armés de matraques, le visage cagoulé. D’autres images montraient des véhicules équipés de canons à eau, roulant lentement et projetant une eau orangée sur les manifestants.

Comme chaque dimanche, les autorités biélorusses avaient déployé en nombre les forces antiémeutes et véhicules blindés. Elles limitent aussi l’accès à l’internet mobile et réduisent le fonctionnement des transports en commun pour gêner la mobilisation. 

Le ministère de l’Intérieur n’a pas dressé de bilan des arrestations, tandis que l’ONG Viasna avançait près de 150 personnes arrêtées dans le pays, l’immense majorité à Minsk. Pour le ministère, en revanche, « le nombre de participants à l’évènement non autorisé d’aujourd’hui a diminué par rapport aux fois précédentes ».

Ailleurs dans le pays, des manifestations importantes ont également eu lieu.

Selon les comptes de Viasna, plus de 30 journalistes ont été interpellés. La semaine dernière, les autorités ont annulé les accréditations de l’ensemble des médias étrangers, gênant ainsi la couverture des évènements dans le pays.  

Cette semaine, plusieurs pays européens dont le Royaume-Uni, l’Estonie et la Lettonie ont rappelé leur ambassadeur à Minsk.

*Avec AFP

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