Deux des hommes qui projetaient d’enlever la gouverneure du Michigan étaient d’ex-Marines

Les deux ex-Marines,, le Cpl. Daniel Harris, à gauche, et le caporal-suppléant Joseph Morrison, à droite. (Kent County Jail)
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Deux des 13 hommes arrêtés et inculpés de complot de terrorisme domestique pour avoir préparé l’enlèvement de la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, étaient des vétérans des Marines, ont indiqué des responsables militaires, rapporte aujourd’hui le Military Times.


Mise à jour 13/10/2020, 13h49

Les accusés dans le complot visant à kidnapper la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, ont également songé à kidnapper le gouverneur de Virginie Ralph Northam, a révélé un agent du FBI qui a témoigné lors d’une audience aujourd’hui. Lors de l’audience à Grand Rapids, au Michigan, pour discuter des accusations déposées la semaine dernière contre des membres d’une milice d’extrême-droite accusés d’avoir comploté pour kidnapper la gouverneure démocrate du Michigan, l’agent spécial du FBI Richard Trask a révélé qu’il y a quelques mois, certains des accusés s’étaient rencontrés à Dublin, Ohio, où le gouverneur de Virginie, également démocrate, a été désigné comme une cible potentielle.

«Lors de cette réunion, ils ont discuté des cibles possibles et de l’enlèvement un gouverneur en fonction, en particulier des problèmes avec les gouverneurs du Michigan et de Virginie en raison des ordonnances de confinement», a déclaré l »agent Trask à la cour, faisant référence aux restrictions imposées par l’État et mises en œuvre pour lutter contre la propagation du coronavirus prises par ces deux gouverneurs.


Joseph Morrison était un réserviste des Marines qui a rejoint le Corps en mars 2015 et a été démis de ses fonctions de caporal suppléant jeudi, a déclaré samedi le capitaine Joseph Butterfield, un porte-parole du Corps des Marines.

Il a été affecté à la Compagnie de soutien du génie, 6e bataillon de soutien du génie, 4e Groupe de logistique maritime, Battle Creek, Michigan, et ses récompenses comprenaient la médaille du service de la défense nationale et la médaille de réserve du Corps des marines sélectionné, a déclaré Butterfield.

Sa libération n’avait rien à voir avec le présumé complot d’enlèvement, a déclaré le capitaine Butterfield.

Daniel Harris, lui, s’était enrôlé en juin 2015 et a été démobilisé en juin 2019 après avoir servi dans le 3e Bataillon, 2e Marines, basé à Camp Lejeune, en Caroline du Nord.

Ses décorations comprenaient la médaille de la bonne conduite, la médaille du service humanitaire, la médaille du service de la défense nationale, la médaille du service de la guerre mondiale contre le terrorisme, la médaille du service de la défense coréenne et le ruban de déploiement du service maritime.

Les deux hommes auraient fait partie d’un groupe de miliciens appelé les «Wolverine Watchmen», qui complotaient prétendument pour renverser le gouvernement du Michigan pour des violations constitutionnelles présumées, a indiqué le procureur général du Michigan, Dana Nessel.

Treize personnes liées à un groupe américain d’extrême droite ont été inculpées le 8 octobre à la United States District Court du district ouest du Michigan pour avoir fomenté des attaques contre des institutions ainsi qu’un projet d’enlèvement de la gouverneure démocrate de l’État, Gretchen Whitmer, une farouche opposante à Donald Trump.

Six d’entre eux, considérés comme des «extrémistes violents» par le procureur du district Ouest du Michigan, Andrew Birge, avaient prévu de kidnapper la gouverneure Whitmer avant l’élection présidentielle du 3 novembre puis de la juger pour «trahison», selon l’acte d’accusation rendu public jeudi.

Toujours selon l’acte d’accusation, Adam Fox, Barry Croft, Ty Garbin, Kaleb Franks, Daniel Harris et Brandon Caserta ont conspiré pour kidnapper le gouverneur de sa maison de vacances dans le district ouest du Michigan.

Sept autres hommes associés au groupuscule local «Wolverine Watchmen» ont également été arrêtés et inculpés pour avoir planifié «une opération en vue d’attaquer le bâtiment du Capitole et kidnapper des responsables du gouvernement, dont la gouverneure», a ajouté la ministre de la Justice de cet État, Dana Nessel.

Ces miliciens ont également «proféré des menaces de violences pour provoquer une guerre civile», a expliqué Mme Nessel.

Harris est l’un des six hommes présumés impliqués dans le complot faisant face à des accusations fédérales. Il aurait évoqué «une attaque contre un centre de police de l’État du Michigan», et aurait déclaré: «Demandez à une personne de se rendre chez elle. Frappez à la porte et quand elle y répond, couvrez-la simplement», lors d’une discussion de groupe cryptée.

Morrison, lui, fait face à des accusations de l’État pour son rôle présumé dans le complot et serait l’un des membres fondateurs des Wolverine Watchmen. Il serait connu sous le surnom de Boogaloo Bunyan.

Les membres du mouvement Boogaloo, qui rassemble aussi bien des néonazis que des anarchistes d’extrême droite, souhaitent une guerre civile pour renverser le gouvernement. Ils se reconnaissent à leurs armes à feu et à leur propension à porter des tenus militaires sur des chemises hawaïennes.

Lors d’un récent événement en ligne, le commandant du Corps des Marines, le général David Berger, a déclaré que le Corps devait éradiquer toute trace de racisme dans ses rangs.

«Vous devez être impitoyable pour le déraciner», a-t-il déclaré à propos du racisme lors s’un colloque en ligne en septembre. «Lorsque vous le trouvez, vous devez l’éliminer rapidement comme un cancer car il se propage clairement».

Un problème présent de ce côté ci de la frontière également, alors qu’en août dernier la télévision publique canadienne révélait que la branche du contre-espionnage de l’armée canadienne était au courant de la présence de deux réservistes impliqués dans des organisations d’extrême droite il y a quatre ans, mais que ces personnes avaient été autorisées à continuer de servir. Des articles et des photos décrivant le soutien à deux groupes d’extrême droite, dont une référence au premier ministre Trudeau le décrivant comme un «traître bâtard», figuraient en bonne place sur l’un des comptes de médias sociaux d’un de ces réservistes.