Donald Trump et Melania déclarés positifs à la COVID-19

Le président amérciain Donald Trump s'exprime depuis Winston-Salem, en Caroline du Nord, le 8 septembre 2020. (AFP)
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Donald Trump, qui présentait vendredi des «symptômes légers», a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il avait été déclaré positif à la COVID-19, tout comme sa femme Melania, et qu’ils se mettaient tous deux en en quarantaine.


Mise à jour 04/10/2020, 12h55

TRUMP POURRAIT QUITTER L’HÔPITAL : Après deux nuits à l’hôpital, les médecins du président américain Donald Trump ont dit dimanche que leur patient malade de la COVID-19 pourrait peut-être retourner à la Maison-Blanche dès lundi si son état continuait à s’améliorer, mais son médecin personnel a laissé plusieurs questions en suspens, notamment sur d’éventuelles séquelles.


Mise à jour, 02/10/2020, 17h23

Le président Trump sera transporté par avion au centre médical militaire Walter Reed par mesure de précaution après avoir été testé positif au coronavirus. Il sera soigné par un traitement expérimental contre la COVID-19 (le Regeneron), des anticorps de synthèse, et souffre de fatigue, a annoncé le médecin de la Maison-Blanche vendredi sans donner plus de détails sur les symptômes du président.


Mise à jour, 02/10/2020, 13h23

«Je suis heureux d’annoncer que Jill », [son épouse, NDLR], «et moi avons été déclarés négatifs à la COVID», a écrit de son côté l’ancien vice-président américain Joe Biden, âgé de 77 ans, après le débat qui l’a opposé mardi à Donald Trump. «J’espère que cela servira de rappel: portez un masque, maintenez la distanciation physique, et lavez-vous les mains».


Mise à jour 02/10/2020, 10h20

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden, a souhaité ce vendredi un «prompt rétablissement» à Donald et Melania Trump.

Le premier ministre Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire ont également offert leurs encouragements à Donald Trump et à son épouse Melania. 

L’épouse du premier ministre canadien avait reçu un résultat de test positif pour la COVID-19 au début de la pandémie, mais a été depuis déclarée guérie.


Dur coup pour un président qui tente désespérément de convaincre les Américains que le pire de la pandémie est passé alors même que les cas continuent d’augmenter à quelques semaines des élections du 3 novembre. D’autant plus que, s’il reste aux commandes du pays depuis la Maison-Blanche, il va devoir renoncer aux rassemblements sur lesquels il semblait compter pour rattraper son retard persistant dans les sondages dans les États-clés susceptibles de faire basculer la victoire dans un camp ou dans l’aitre à l’élection présidentielle..

Dans une note envoyée aux journalistes vers 1 h heure de l’Est américain, le médecin du président, le Dr Sean Conley, commodore de la Marine américaine, a écrit qu’il avait reçu la confirmation des tests positifs jeudi soir. «Le président et la première dame vont bien en ce moment, et ils prévoient de rester chez eux à la Maison Blanche pendant leur convalescence. L’équipe médicale de la Maison Blanche et moi allons maintenir une surveillance vigilante, et j’apprécie le soutien apporté par certains des plus grands professionnels et institutions médicaux de notre pays. Soyez assuré que je m’attends à ce que le président continue de s’acquitter de ses fonctions sans interruption pendant sa convalescence, et je vous tiendrai au courant de tout développement ultérieur».

Ce diagnostic constitue la menace la plus grave pour la santé d’un président américain en exercice depuis des décennies. À 74 ans et obèse (110 kilos pour 1,90 mètre, avec un indice de masse corporelle (IMC) de 30,5 qui le range dans la catégorie obésité «modérée»), Trump appartient à la catégorie à risque le plus élevé de complications graves de la maladie.

L’annonce que le président et sa femme ont été déclarés positifs à la Covid 19 a été faite quelques heures après qu’une proche conseillère, Hope Hicks, a été déclarée positive.

Hope Hicks était à bord d’Air Force One avec le président américain lorsqu’il s’est rendu mardi à Cleveland, dans l’Ohio, pour participer au débat face à Joe Biden. Elle a également voyagé avec lui mercredi lorsqu’il a effectué un déplacement dans le Minnesota pour un rassemblement de campagne. Non seulement a-t-elle été déclarée positive à la Covid tôt mercredi, mais elle présente des symptômes, est courbaturée et a déclaré se sentir plutôt mal.

Hope Hicks, qui avait rejoint très tôt l’équipe de campagne du magnat de l’immobilier en 2016, fait partie du cercle rapproché du président. Après avoir occupé le poste prestigieux de directrice de la communication de la Maison-Blanche, elle avait quitté un temps son poste pour rejoindre le groupe Fox, qui chapeaute la chaîne Fox News, avant de revenir sur Pennsylvania Avenue. Elle a été en contact jusqu’à tout récemment avec plus d’une vingtaine de personnes du cercle rapproché du président américain et elle était présente à Cleveland lors du premier débat Trump-Biden.

Mais Hope Hicks n’est pas la première collaboratrice ou employé de la Maison Blanche à avoir été déclarée positive à la Covid. Plusieurs des assistants du président ont été testés positifs. En mai, deux membres du personnel de la Maison Blanche, dont un Marine qui faisait office de valet personnel de Trump, ont été testés positifs et en juillet, un employé de la cafétéria de la Maison Blanche a également été testé positif. L’attaché de presse du vice-président a également été testé positif, tout comme le conseiller du président à la sécurité nationale, Robert O’Brien.

Herman Cain, un ancien candidat républicain à l’investiture pour la présidentielle de 2012 et un allié politique de M. Trump, est décédé du coronavirus en juillet après avoir assisté au rassemblement électoral du président à Tulsa, dans l’Oklahoma, où, comme beaucoup dans l’aréna où se déroulait l’événement, ne portait de masque.

La pandémie a infecté 7 268 385 personnes et fait 207 000 morts aux États-Unis, de loin le pays le plus endeuillé au monde, selon les derniers chiffres du Johns Hopkins Coronavirus Center, qui fait référence en la matière.

La gestion de l’épidémie vaut à Donald Trump de très vives critiques, de la part de ses adversaires, mais aussi de scientifiques et de certains élus de son propre camp, qui l’accusent d’avoir envoyé des signaux contradictoires et confus et d’avoir manqué de compassion face aux ravages provoqués par le virus. Selon les sondages, une très large majorité d’Américains jugent sévèrement sa gestion de la crise du coronavirus.

Alors même que le virus se répandait dans tout le pays, Trump a continué à organiser de grands événements à l’intérieur et à l’extérieur, réunissant des foules de partisans sans distanciation et sans masque pour la plupart. Certains membres des services secrets ont également contracté le virus lors de la préparation des événements présidentiels. Trump lui-même est régulièrement apparu en public et en privé sans masque – et s’est moqué du candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden parce qu’il portait un masque et avait réduit ses activités de campagne pour des raisons de sécurité.

La nouvelle de la contamination de Trump à quelques semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, d’autant plus que plusieurs se demandent, quoi que dise la Maison Blanche, quand exactement Donald Trump a su qu’il était positif à la Covid 19 et s’il aurait pu lors du dernier débat, infecter également son adversaire Joe Biden, un septuagénaire lui aussi à risque de complications, risque d’ajouter encore plus à la confusion dans un climat politique déjà très tendu.

En cas d’incapacité

La Maison-Blanche a fait savoir que Mike Pence et son épouse avaient, eux, été déclarés négatifs vendredi matin.

S’il n’était plus en situation de diriger le pays, Donald Trump pourrait temporairement céder les rênes du pouvoir à son vice-président, Mike Pence, comme le prévoit le 25e amendement de Constitution américaine.

En vertu du 25e amendement, un président médicalement incapable a la possibilité de transférer temporairement le pouvoir au vice-président et peut réclamer son autorité dès qu’il se juge de nouveau apte au devoir.

Depuis que l’amendement a été ratifié en 1967, les présidents ne l’ont en fait utilisé que trois fois. En 1985, le président Ronald Reagan, qui avait subi une  colonoscopie, a brièvement remis le pouvoir au vice-président George Bush, bien qu’il n’ait pas explicitement cité l’amendement en le faisant. En 2002 et en 2007, le président George W. Bush a invoqué l’amendement à deux reprises en transférant temporairement le pouvoir au vice-président Dick Cheney, lui aussi parce qu’il devait subir une  colonoscopie

De pus, en vertu de la loi sur la succession présidentielle, si Donald Trump et Mike Pence étaient incapacités, la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, troisième dans l’ordre de succession, prendrai les rênes de l’administration américaine.

PRESIDENTIAL VACANCY AND DISABILITYTWENTY-FIFTH AMENDMENT

SECTIONS 1–4 .

In case of the removal of the President from office or of his death or resignation, the Vice President shall become President.

Whenever there is a vacancy in the office of the Vice President, the President shall nominate a Vice President who shall take office upon confirmation by a majority vote of both Houses of Congress.

Whenever the President transmits to the President pro tempore of the Senate and the Speaker of the House of Representatives his written declaration that he is unable to discharge the powers and duties of his office, and until he transmits to them a written declaration to the contrary, such powers and duties shall be discharged by the Vice President as Acting President.

Whenever the Vice President and a majority of either the principal officers of the executive departments or of such other body as Congress may by law provide, transmit to the President pro tempore of the Senate and the Speaker of the House of Representatives their written declaration that the President is unable to discharge the powers and duties of his office, the Vice President shall immediately assume the powers and duties of the office as Acting President.

Thereafter, when the President transmits to the President pro tempore of the Senate and the Speaker of the House of Representatives his written declaration that no inability exists, he shall resume the powers and duties of his office unless the Vice President and a majority of either the principle officers of the executive department or of such other body as Congress may by law provide, transmit within four days to the President pro tempore of the Senate and the Speaker of the House of Representatives their written declaration that the President is unable to discharge the powers and duties of his office. Thereupon Congress shall decide the issue, assembling within forty-eight hours for that purpose if not in session. If the Congress within twenty-one days after receipt of the latter written declaration, or, if Congress is not in session within twenty-one days after Congress is required to assemble, determines by two-thirds vote of both Houses that the President is unable to discharge the powers and duties of his office, the Vice President shall continue to discharge the same as Acting President; otherwise, the President shall resume the powers and duties of his office.

(Source: Legal Information Institute, Cornell Law School)