François-Philippe Champagne a rencontré à Vilnius la cheffe de l’opposition biélorusse en exil

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a rencontré vendredi16 octobre en Lituanie la cheffe de l’opposition en exil de la Biélorussie voisine. (Twitter/@FP_Champagne)
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À l’occasion de la dernière journée de sa tournée européenne, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a rencontré vendredi à Vilnius la cheffe de l’opposition de la Biélorussie voisine, en exil en Lituanie, Svetlana Tsikhanovskaïa.

Le ministre Champagne s’est rendu auparavant en Grèce, en Autriche, en Belgique pour y rencontrer plusieurs partenaires européens du Canada et discuter de la manière dont la communauté internationale peut prendre des mesures à l’égard de la situation au Bélarus, au Haut-Karabakh et en Méditerranée orientale.

Il s’agissait aujourd’hui de la première visite en Lituanie d’un ministre canadien des Affaires étrangères depuis 24 ans. À l’issue de sa rencontre avec Svetlana Tsikhanovskaïa, à Vilnius, le ministre Champagne, qui s’est entretenu à cette occasion avec elle pour une cinquième fois, lui a promis que «le Canada sera toujours de [son] côté».

«En fait, je pense que vous pouvez vous attendre à ce que toute la communauté internationale soit avec vous et le peuple biélorusse pour l’avenir démocratique de votre pays», a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

Le ministre Champagne a dit de l’opposante bélarusse qu’elle était «une véritable leader, quelqu’un qui a inspiré non seulement les gens du Bélarus, mais aussi les femmes dans le monde dans leur quête pour la démocratie, pour la dignité et un meilleur avenir pour le peuple de Biélorussie».

En son nom et au nom des Canadiens, François-Philippe Champagne a remercié la cheffe de l’opposition bélarusse, déclarant que c’était «un grand honneur d’être à ses côtés».

En ces temps difficiles, l’opposante bélarusse s’est déclaré reconnaissante au Canada pour son soutien au droit du peuple du Bélarus à choisir lui-même son avenir et a salué le rôle important du chef de la diplomatie canadienne dans sa décision depuis le tout début de poursuivre le combat.

La veille, suite à l’adoption d’une première série de sanctions ciblées annoncées le 29 septembre en coordination le Royaume Uni, le gouvernement du Canada a inscrit 31 responsables additionnels du gouvernement du Bélarus en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales (Bélarus).  Cette seconde série de sanctions s’inscrit en coordination avec les récentes mesures adoptées par l’Union européenne et les États-Unis.

Ces sanctions supplémentaires sont imposées en réponse aux violations flagrantes et systématiques des droits de la personne commises par le gouvernement du Bélarus avec pour objectif de maintenir la pression internationale sur le gouvernement bélarussien pour qu’il trouve une solution pacifique et négociée à la crise actuelle, explique le Canada.

Pour leur part, les autorités biélorusses ont annoncé vendredi qu’elles avaient lancé un mandat d’arrêt contre Svetlana Tsikhanovskaïa, qui a fui vers la Lituanie voisine après les élections, l’accusant de «tentatives de renverser l’ordre constitutionnel» et de menace à la sécurité nationale.

Depuis la Lituanie où elle a trouvé refuge, Svetlana Tsikhanovskaïa a prévenu le gouvernement de Minsk qu’elle appellerait à une grève nationale en Biélorussie plus tard ce mois-ci à moins que le président Loukachenko, dont l’élection est considérée comme frauduleuse, non seulement par l’opposition biélorusse, mais par l’ensemble de la communauté internationale moins la Russie, démissionne, libère les prisonniers politiques et mette fin à la violente répression de son gouvernement contre les manifestants.

Les États-Unis et l’Union européenne ont dénoncé ces élections comme n’étant ni libres ni équitables, et ils ont imposé des sanctions contre ceux qui seraient responsables des fraudes massives qui ont marqué ces élections et de la répression des manifestations. Des dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, ont d’ailleurs déjà rencontré la cheffe de l’opposition bélarusse à qui ils ont offert leur soutien.

Quant au chef de la diplomatie canadienne, à Vilnius, et à l’initiative du Canada, il s’est également entretenu avec ses homologues du groupe des États baltes. Ensemble, avec les ministres des affaires étrangères de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie, indique le ministère canadien des Affaires étrangères il a discuté des moyens de créer des partenariats afin de soutenir la démocratie, la paix et la sécurité, les droits de la personne et le système international fondé sur des règles.

Les ministres ont exprimé à cette occasion leur solidarité au peuple du Bélarus et se sont engagés à travailler avec les partenaires internationaux pour que les auteurs d’actes de violence et d’atteintes à la démocratie soient tenus responsables.

Les ministres des États baltes,, indique également le ministère canadien des Affaires étrangères, ont aussi discuté des derniers développements au Haut-Karabakh où la capitale de la région séparatiste, Stepanakert, était à nouveau vendredi la cible de bombardements, tandis que de violents combats font rage sur le front et que l’Azerbaïdjan revendiquait la prise de nouveaux territoires. Les ministres ont souligné l’importance de respecter instamment et pleinement l’accord de cessez-le-feu et de reprendre les pourparlers de négociation sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).