Irak: les milices soutenues par l’Iran proposent une trêve en échange du retrait des troupes américaines

Des véhicules militaires américains arrivent dans la ville de Bardarach, dans la province kurde irakienne de Dohouk, le 21 octobre 2019. [Archives/AFP]
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Les milices irakiennes soutenues par l’Iran ont accepté de suspendre temporairement les attaques visant la présence américaine en Irak à la condition que les troupes de la coalition dirigée par les États-Unis se retirent du pays conformément à une résolution du Parlement irakien du 5 janvier, ont déclaré dimanche trois responsables de la milice, rapporte l’agence américaine Associated Press.

Les responsables de la milice se sont entretenus avec des représentants de l’agence de presse américaine quelques heures à peine après qu’une bombe en bordure de route a ciblé un convoi transportant du matériel pour la coalition dirigée par les États-Unis sur une autoroute au sud de Bagdad, endommageant un véhicule, selon un communiqué de l’armée irakienne.

Les bombes routières et en particulier les attaques à la roquette visant l’ambassade des États-Unis – située à l’intérieur de la zone verte fortement fortifiée de Bagdad – sont devenues monnaie courante et ont tendu les liens entre Bagdad et Washington.

Les factions de la milice ont offert une trêve et s’abstiendront de viser les États-Unis en Irak, y compris l’ambassade américaine, à la condition que les forces américaines se retirent dans un «délai acceptable», a déclaré Mohammed Mohie, un porte-parole du puissant Kataib Hezbollah soutenu par l’Iran. .

L’ambassade américaine dans l’ultra-sécurisée Zone verte de Bagdad. [AFP]

«Si elles ne se retire pas, les factions de la résistance reprendront leurs activités militaires avec toutes les capacités dont elles disposent», a-t-il déclaré.

Deux autres factions différentes, mais soutenus elles aussi par l’Iran, ont fait écho aux paroles du porte-parole du Kataib Hezbollah sous couvert d’anonymat car ils n’étaient pas autorisés à faire des déclarations.

En janvier de cette année, après l’élimination par les États-Unis du généra iranien Qassem Soleimani en visite à Bagdad, le Parlement irakien avait demandé au gouvernement de «mettre fin à la présence des troupes étrangères» en Irak lors d’une séance extraordinaire en présence du premier ministre de l’époque, Adel Abdel Mahdi.

Et, douce ironie, excédé par les attaques à la roquette quasi-quotidiennes contre son ambassade, Washington a menacé Bagdad fin septembre de quitter l’Irak, quitte à accéder à la demande de ses pires ennemis. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo aurait posé en septembre un ultimatum au président irakien Barham Saleh: soit les attaques cessent, soit Washington ferme son ambassade et rappelle ses 3000 soldats et ses diplomates.

Bref, pour les uns, les Américains, c’est ‘Les attaques cessent ou on s’en va !’, et pour les autres, les milices pro-Iran, c’est plutôt ‘Partez et les attaques cesseront’ !