Jugeant l’embargo levé définitivement, l’Iran prévoit surtout d’exporter plutôt qu’importer des armes

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Jugeant l’embargo de l’ONU qui visait la République islamique en ce qui a trait à la vente et l’achat d’armes à la définitivement levé, l’Iran, qui a besoin de revenus pour relever son économie, a indiqué lundi prévoir surtout de vendre des armes plutôt que d’en importer.

«À partir d’aujourd’hui [ 18 octobre, NDLR], toutes les restrictions sur le transfert d’armes, les activités connexes et les services financiers vers et depuis la République islamique d’Iran, et toutes les interdictions concernant l’entrée ou le transit dans les territoires
des États Membres des Nations Unies précédemment imposées à un certain nombre de citoyens et militaires iraniens et fonctionnaires,, sont toutes automatiquement résiliés.», déclare le ministère iranien des Affaires étrangères iranien par voie de communiqué.

«En vertu du JCPOA [Joint comprehensive plan of action, l’accord de Vienne de 2015, NDLR], la suppression définitive et inconditionnelle des restrictions d’armes et les interdictions de voyager ne nécessitent aucune nouvelle résolution, ni aucune déclaration ni aucune autre mesure par le Conseil de sécurité. La levée des restrictions sur les armes et l’interdiction de voyager ont été conçues pour être automatiques sans aucune autre action requise.», affirme Téhéran.

«Des accords d’armes malheureusement lucratifs – conclus principalement entre des puissances occidentales et des
pays — ont grandement contribué aux crimes de guerre dans la région et aggravé leur perpétration, y compris l’agression en cours contre le peuple yéménite.», dénonce aussi le communiqué de Téhéran.

«Bien sûr, l’Iran n’est pas comme les États-Unis, où le président cherche à vendre devant les caméras des armes mortelles pour massacrer le peuple yéménite », a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh, lors d’une conférence de presse à Téhéran, faisant allusion aux armes américaines achetées par l’Arabie saoudite, qui mène depuis 2015 une coalition militaire appuyant le gouvernement au Yémen contre les rebelles Houthis soutenus par Téhéran.

Mais, «Avant d’être acheteur sur le marché des armes, l’Iran a la capacité d’approvisionner (d’autres pays) », a-t-il ajouté. D’après Khatibzadeh, l’Iran «agira de manière responsable» et vendra des armes à d’autres pays « sur la base de ses propres calculs».

«L’Iran répond à 90% de ses besoins en matière de défense et n’a pas besoin de dépendre d’autres pays en matière d’approvisionnement en armes», avait déclaré précédemment le porte-parole de la diplomatie iranienne, qui a également affirmé que «les armes non conventionnelles, les armes de destruction massive et une frénésie d’achat d’armes classiques n’ont pas leur place dans la doctrine de défense iranienne».

Le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a pour sa part indiqué dimanche à la télévision d’État iranienne qu’«un certain nombre de pays» ont contacté l’Iran au sujet d’un éventuel commerce d’armes, tout en affirmant que la République islamique prévoyait surtout d’en vendre.

L’expérience de la guerre Iran-Irak (1980-88) a prouvé « l’importance de l’autosuffisance » à Téhéran et l’a convaincu de « produire localement 90 % » de ses besoins militaires, a ajouté le ministre iranien de la Défense.

«Au cours de ces années, lorsque nous avons adopté la politique d’autonomie, nous avons atteint une capacité et une capacité énormes qui sont très importantes et peuvent être offertes au monde», a déclaré le ministre iranien de la Défense. «Nous proposerons certainement nos produits avec les principes auxquels nous croyons en République islamique à de nombreux pays hostiles aux Américains mais qui ont droit à une légitime défense».

La levée de l’embargo devrait donc permettre à l’Iran d’acheter et de vendre du matériel militaire, notamment des chars, des véhicules blindés, des avions de combat, des hélicoptères et de l’artillerie lourde, Hatami mentionnant également la compétitivité de l’Iran en matière de missiles, de drones et de systèmes radars.

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