Karabakh: la trêve toujours pas respectée, les combats se poursuivent

Un soldat des forces séparatistes du Karabakh sur le front nord. (Twitter/@Karabakh_MoD)
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Forces séparatistes arméniennes du Karabakh et armée azerbaïdjanaise combattaient toujours mardi sur plusieurs secteurs du front, violant la trêve humanitaire pour une quatrième journée consécutive.


Mise à jour 13/10/2020, 15h52

Alors que d’’intenses combats opposaient mardi forces séparatistes arméniennes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise, ignorant toujours la trêve humanitaire, la Turquie, grand soutien de Bakou, a proposé des «pourparlers à quatre» avec la Russie. La Turquie, qui a pris fait et cause pour l’Azerbaïdjan depuis le début des derniers affrontements le 27 septembre, et la Russie, qui est engagée dans une alliance militaire avec l’Arménie, sont de facto les arbitres du conflit.

Ankara a ainsi estimé qu’«il est temps de trouver un nouveau mécanisme » pour résoudre la question du Nagorny Karabakh, une région disputée depuis des décennies. De tels pourparlers acteraient l’impuissance du Groupe de Minsk, médiateur historique du conflit co-présidé par la Russie, la France et les États-Unis, qui a parallèlement exhorté l’Arménie et l’Azerbaïdjan à respecter la trêve pour «éviter des conséquences catastrophiques» pour la région.


Les belligérants, se rejettent mutuellement la responsabilité des hostilités qui ont fait quelque 600 morts, dont 67 civils, selon des bilans très partiels, l’Azerbaïdjan ne communiquant pas de décès parmi ses troupes.

Les forces séparatistes du Nagorny Karabakh ont accusé l’armée adverse d’avoir lancé une triple offensive au sud, au nord et au nord-est de la république autoproclamée alors que l’Azerbaïdjan affirme « respecter le cessez-le-feu » et accuse à son tout l’adversaire arménien de tirer sur les districts azerbaïdjanais de Goranboy, Terter et Agdam.

La trêve négociée sous l’égide de la Russie aurait dû entrer en vigueur samedi midi pour permettre au moins un échange de prisonniers et de corps, mais elle n’a jamais été respectée.

Le Nagorny Karabakh, territoire majoritairement peuplé d’Arméniens, a fait sécession de l’Azerbaïdjan, entraînant une guerre ayant fait 30 000 morts dans les années 1990.  Bakou accuse depuis l’Arménie d’occuper son territoire, et les heurts armés y sont réguliers.

Après près de 30 ans d’impasse diplomatique, le président azerbaïdjanais Ilham Alïev a juré de reprendre le contrôle de ce territoire par la force si nécessaire et es combats en cours sont les plus meurtriers depuis 1994.

La crainte de la communauté internationale est de voir ce conflit s’internationaliser, la Turquie encourageant l’Azerbaïdjan à l’offensive et la Russie étant lié par un traité militaire à l’Arménie.

La Turquie est en outre accusée d’avoir envoyé des combattants proturcs de Syrie se battre aux côtés des Azerbaïdjanais, ce que dément l’Azerbaïdjan. Mais, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 119 combattants syriens de factions proturques ont été tués depuis le début fin septembre, sur les quelque 1450 déployés au Karabakh. 

Selon l’OSDH, «les efforts turcs pour recruter des combattants et les envoyer en Azerbaïdjan sont toujours en cours. Les services de renseignement turcs cherchent à recruter des combattants fournissant des incitatifs financiers et profitant de la loyauté des factions envers la Turquie.»

Toujours selon l’ONG, le gouvernement turc préparerait plus de 400 combattants du «Sultan Murad», de la «Division Al-Hamzat» et d’autres factions afin de les transporter en Azerbaïdjan dans les heures et les jours à venir.

Le nombre de combattants syriens en Azerbaïdjan est passé à près de 1 450, après que le gouvernement turc eut envoyé un contingent de quelque 250 combattants la semaine dernière, affirme l’OSDH.