Karabakh: les chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise invités à Moscou

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Vladimir Poutine appelle les parties en conflit à arrêter les hostilités au Haut-Karabakh pour des raisons humanitaires et invite les ministres arménien et azerbaïdjanais des Affaires étrangères à Moscou le 9 octobre, a annoncé le Kremlin, rapporte les agences russes.


Mise à jour 10/10/2020, 7h38

L’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont accordés samedi sur un cessez-le-feu à partir de midi dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh, en proie aux combats, a annoncé la diplomatie russe après des négociations marathons à Moscou entre les chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise.


«Le 9 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie sont invités à Moscou pour mener des consultations» avec la médiation de la diplomatie russe, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

«Le président de la Russie appelle à l’arrêt des combats au Nagorny Karabakh pour des raisons humanitaires, en vue d’échanger les corps des morts et les prisonniers», ajoute le Kremlin qui précise que Vladimir Poutine a eu des discussions avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le premier ministre arménien, Nikol Pachinian.

Il n’y avait pas de réaction immédiate d’Erevan et de Bakou et il n’était pas clair si les deux chefs de la diplomatie des deux pays avaient accepté l’invitation de Moscou.  

Le ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, Ceyhun Bayramov, était à Genève jeudi pour rencontrer le Groupe de Minsk de l’OSCE (Russie, France, États-Unis), chargé de la médiation internationale sur ce conflit vieux de plus de 30 ans. Rien n’a filtré de cette rencontre.  

Le chef de la diplomatie arménienne devait lui être reçu lundi à Moscou par son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Des négociations sur un règlement pacifique du conflit sont en cours depuis 1992 dans le cadre du groupe de Minsk de l’OSCE, dirigé par trois coprésidents: la Russie, la France et les États-Unis. L’Azerbaïdjan insiste sur son intégrité territoriale et l’Arménie défend les intérêts de la République autoproclamée, cette dernière n’étant toutefois pas partie prenante des négociations.

Depuis le 27 septembre, séparatistes arméniens de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh et forces azerbaïdjanaises s’affrontent de nouveau dans cette région montagneuse.

Les multiples appels à la trêve de la communauté internationale étaient jusque ici restés sans réponse.

Pendant que Arménie et l’Azerbaïdjan négocient, les combats se poursuivent

Jusqu’alors sourds aux appels à la trêve de la communauté internationale, Bakou et Erevan ont envoyé leurs ministres des Affaires étrangères dans la capitale russe pour des négociations devant commencer à 12 h GMT, le premier espoir d’un arrêt des hostilités depuis leur reprise, le 27 septembre.

«On s’oriente vers une trêve ce soir ou demain mais c’est encore fragile», a déclaré la présidence française à l’issue d’échanges téléphoniques d’Emmanuel Macron avec le premier ministre arménien Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Mais, pendant que Arménie et l’Azerbaïdjan négocient, les combats se poursuivent.

«Les tirs d’artillerie se sont poursuivis sur plusieurs secteurs de la ligne de front. L’ennemi a frappé des zones peuplées avec des roquettes et de l’artillerie», a affirmé le centre d’information du gouvernement arménien, tout en assurant que l’armée séparatiste gardait le «contrôle» de la situation.

Le ministère de la Défense d’Azerbaïdjan a lui aussi fait état d’intenses combats sur le front vendredi matin et dans la nuit, affirmant avoir infligé des revers à l’ennemi.

Le bilan officiel est monté vendredi matin à plus de 400 morts, dont 22 civils arméniens et 31 azerbaïdjanais. Il est cependant très partiel et pourrait être bien plus élevé, chaque camp affirmant avoir éliminé des milliers de soldats ennemis et Bakou ne donnant pas ses pertes militaires.

*Avec AFP et Tass