Karabakh: «Trêve humanitaire» dès dimanche 18 octobre

Les frappes de l'Azerbaïdjan sur Stepanakert, la capitale du Karabakh. (Twitter/@Artak_Beglaryan)
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Les ministères des Affaires étrangères de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont annoncé simultanément une «trêve humanitaire» à partir de samedi minuit aujourd’hui (heure locale).


Mise à jour 17/10/2020, 21h42

L’Azerbaïdjan est déjà accusé d’avoir violé la nouvelle «trêve humanitaire»: la porte-parole du ministère arménien de la Défense, Shushan Stepanyan, a affirmé sur Twitter: «L’ennemi a effectué des tirs d’artillerie en direction du nord entre 0 h 04 et 2 h 45 (16 h 04 et 18 h 45, HE samedi) et a lancé des roquettes vers le sud entre 2 h 20 et 2 h 45 ». L’Azerbaïdjan n’a pas immédiatement réagi.


«La République d’Arménie et la République d’Azerbaïdjan sont convenues d’une trêve humanitaire à partir du 18 octobre à 0 h heure locale », a déclaré le ministère arménien des Affaires étrangères, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères confirmant dans une déclaration identique.

«Cette décision a été prise à la suite de la déclaration des Présidents de la République française, de la Fédération de Russie et des États-Unis d’Amérique, représentant les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE du 1er octobre 2020, la déclaration des coprésidents de la Groupe de l’OSCE à Minsk du 5 octobre, et conformément à la déclaration de Moscou du 10 octobre 2020.», précisent les déclarations des deux parties.

«Nous nous félicitons des efforts déployés par les pays coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE et de la République d’Arménie en faveur du cessez-le-feu et de la désescalade des tensions dans la zone de conflit entre l’Azerbaïdjan et le Karabakh. La République d’Artsakh confirme sa volonté d’observer la trêve humanitaire sur une base réciproque, conformément à la déclaration de Moscou du 10 octobre 2020 et à l’accord conclu le 17 octobre 2020.» ,ont pour leur part réagi les autorités de la république autoproclamée du Karabakh.

C’est la deuxième fois que les deux parties tentent de parvenir à un cessez-le-feu après trois semaines de combats qui ont fait des centaines de morts au Nagorny Karabakh.

L’annonce intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est entretenu au téléphone dans la soirée avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais et insisté sur «la nécessité d’un respect strict» du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

«Le 17 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a eu des conversations téléphoniques avec le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères D.A. Bayramov et le ministre arménien des Affaires étrangères Z. G. Mnatsakanyan. Ils ont discuté de la situation dans la zone du conflit du Haut-Karabakh.», indique le communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

«S.V. Lavrov a souligné la pertinence continue de la déclaration des Présidents de la Russie, des États-Unis et de la France sur le Haut-Karabakh du 1er octobre de cette année.», poursuit le communiqué. «Au cours des entretiens, la nécessité de suivre strictement les dispositions de la Déclaration de Moscou des Ministres des affaires étrangères de la Fédération de Russie, de la République d’Azerbaïdjan et de la République d’Arménie du 10 octobre dernier, prévoyant un cessez-le-feu à des fins humanitaires, a été soulignée.»

L’importance de l’accord conclu à Moscou sur le lancement de négociations de fond dans le but de parvenir rapidement à un règlement pacifique fondé sur les principes de base grâce à la médiation des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE a été réaffirmée, indique également le ministère russe des Affaires étrangères.

C’est la deuxième fois que les deux parties tentent de parvenir à un cessez-le-feu après trois semaines de combats qui ont fait des centaines de morts au Nagorny Karabakh.

L’Azerbaïdjan a obtenu des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant remporter de bataille décisive. Bakou n’a pas jusqu’ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain. Les séparatistes affirment avoir tué des milliers d’hommes, reconnaissent avoir dû reculer, mais assurent «contrôler la situation». Officiellement, ils ont perdu environ 700 hommes, et la moitié des 140 000 habitants ont été déplacés.

Encore ce matin, l’Azerbaïdjan jurait de «venger» la mort de 13 civils dans le bombardement nocturne de Gandja, deuxième ville du pays, nouvelle escalade du conflit de plus en plus meurtrier du au Karabakh entre Azerbaïdjanais et séparatistes arméniens.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l’Azerbaïdjan. L’Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.