Le destroyer lance-missiles USS Barry a croisé mercredi dans le détroit de Taïwan

Le destroyer lance-missiles USS Barry navigue dans le détroit de Taiwan, mercredi 14 octobre 2020. (US Navy)
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Le destroyer lance-missile USS Barry a traversé le détroit «conformément au droit international», selon un communiqué de la flotte américaine du Pacifique. C’était le 12e transit par un navire de guerre américain cette année. Le dernier a été réalisé le 30 août par un autre destroyer lance-missiles, l’USS Halsey.

«Le transit [du Barry] à travers le détroit de Taiwan démontre l’engagement des États-Unis en faveur d’une région indo-pacifique libre et ouverte», indique le communiqué. «La Marine américaine continuera à voler, à naviguer et à opérer partout où la loi internationale le permet.»

La Marine américaine fait régulièrement croiser ces derniers mois des navires de guerre dans le détroit séparant la Chine continentale de Taïwan. Des opérations qui provoquent toujours une ferme réaction de Pékin.

Le 9 octobre le USS John S. McCain, un navire de guerre américain faisant partie du groupe aéronaval du porte-avions Ronald Reagan, «a affirmé les droits et libertés de navigation» dans la mer de Chine méridionale près des îles Paracel, une porte-parole de la 7e flotte, la Commandeure Reann Mommsen, a déclaré jeudi dans un courriel.

Le McCain a lui aussi été averti par l’armée chinoise et sommé de partir, a déclaré le colonel Zhang Nandong, un porte-parole du commandement du théâtre sud de l’Armée populaire de libération, au quotidien chinois Global Times, le même jour. De telles opérations portent gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts nationaux de la Chine et portent atteinte à la paix et à la stabilité régionales, a-t-il déclaré au journal.

Le groupe aéronaval du Ronald Reagan est revenu en mer de Chine méridionale pour la troisième fois de son déploiement en 2020.

Le groupe comprend le porte-avions USS Ronald Reagan (CVN 76), les avions embarqués du Carrier Air Wing (CVW), le croiseur lance-missiles de classe Ticonderoga USS Antietam (CG 54), et les destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke USS Halsey (DDG 97) et USS John S. McCain (DDG 56).

En mer de Chine méridionale, le groupe mène des opérations de sécurité maritime, qui comprennent des opérations aériennes avec des aéronefs à voilure fixe et tournante, des exercices de frappe maritime et une formation tactique coordonnée entre les unités de surface et aériennes.

Mais la Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire. L’île est dirigée par un régime rival qui s’y était réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise.

Aujourd’hui, «les États-Unis ont fréquemment envoyé de mauvais signaux aux forces sécessionnistes de Taiwan, portant gravement atteinte à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taiwan», a déclaré le colonel principal Zhang Chunhui, porte-parole du commandement du théâtre sud de l’Armée populaire de libération, dans un communiqué, rapporte le Global Times, un tabloïd publié en chinois et en anglais paraissant quotidiennement en République populaire de Chine et qui suit la ligne éditoriale du Quotidien du Peuple, le journal officiel du Parti communiste chinois, et de l’agence Chine nouvelle, tout en se spécialisant dans l’actualité internationale.

«Nous exhortons fermement les Etats-Unis à cesser de faire des déclarations et des actions provocantes. Les forces de commandement sont toujours en état d’alerte et garantiront résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, ainsi que la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan», a déclaré le porte-parole.

Taïwan dispose de ses propres drapeau et monnaie, mais n’est pas reconnu comme un État indépendant par l’ONU. Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour reconnaître Pékin, mais reste toutefois un puissant allié de Taïwan et son fournisseur d’armes numéro un.

Pékin menace régulièrement de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance à Taipei ou d’intervention extérieure, notamment américaine et, dans ce contexte, la Chine considère le passage de navires étrangers dans le détroit comme une violation de sa souveraineté.

Mais les États-Unis voient en revanche ce bras de mer comme faisant partie des eaux internationales et donc ouvert à tous. Les prétentions de Pékin, ici et partout en mer de Chine méridionale, «constituent une menace sérieuse pour la liberté des mers, y compris les libertés de navigation et de survol, du commerce et du commerce sans entraves, et des opportunités économiques pour les nations riveraines de la mer de Chine méridionale», d’ajouter la Commandeure Mommsen.