Le NORAD intercepte des bombardiers russes au large des côtes de l’Alaska pour la 14e fois cette année

Un avion de chasse F-22 du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), à gauche, intercepte un bombardier russe Tu-95 lundi 19 octobre 2020. (Twitter/@NORADCommand)
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Des avions de combat furtifs F-22 Raptor se sont précipités lundi soir pour intercepter des bombardiers et des chasseurs à longue portée russes volant au large des côtes de l’Alaska, a annoncé ce mardi le NORAD, le Commandement de la défense aérospatiale nord-américaine.

Les chasseurs ont intercepté une formation de deux bombardiers Tu-95 Bear, deux avions de combat Su-35 Flanker et un avion d’alerte rapide A-50, selon un communiqué du NORAD. L’avion russe n’est jamais entré dans l’espace aérien américain, qui s’étend à 12 milles marins des côtes américaines.

Le NORAD a déclaré que l’avion a volé à environ 30 milles marins des côtes de l’Alaska et a «flâné dans» la zone d’identification de la défense aérienne de l’Alaska pendant environ 90 minutes. La zone est une étendue d’espace aérien principalement international à quelque 200 milles marins au large des côtes de l’Alaska, où les autorités américaines s’attendent à ce que les aéronefs s’identifient dans l’intérêt de la sécurité nationale.

«La réémergence d’une compétition stratégique entre les nations et les concurrents qui défient ouvertement l’ordre international libre et ouvert caractérise notre environnement de sécurité mondial complexe», a déclaré le général Glen D. VanHerck, commandant du NORAD. «Alors que les concurrents augmentent leur portée, leur portée et leurs capacités, nos opérations de défense continentales doivent être prêtes à détecter, dissuader et vaincre les menaces dans tous les domaines.»

Le NORAD utilise un réseau de défense en couches composé de radars, de satellites et d’aéronefs de chasse et d’alerte rapide pour identifier les aéronefs et déterminer la réponse appropriée. L’identification et la surveillance des aéronefs entrant dans une ADIZ américaine ou canadienne démontrent comment le NORAD exécute ses missions d’alerte aérospatiale et de contrôle aérospatial aux États-Unis et au Canada, souligne le NORAD dans son communiqué.

Carte de la zone d’identification de défense aérienne du Canada (CADIZ) et de la zone d’identification de défense aérienne d’Alaska (ADIZ). [NAV CANADA]

L’interception de lundi a été qualifiée de routine, rapporte pour sa part dans son édition d’aujourd’hui le Stars ad Stripes, le journal officiel des Forces armées américaines. Il s’agissait du 14e incident du genre au large des côtes de l’Alaska en 2020, a indiqué le capitaine de l’armée de l’air Cameron Hillier, porte-parole du NORAD, cité par le journal. Le capitaine Hillier a noté que le NORAD avait effectué en moyenne six ou sept interceptions par an près de l’Alaska depuis 2007, lorsque la Russie a relancé son programme d’aviation à longue distance.

Dans un communiqué publié mardi sur Twitter, l’armée russe a déclaré pour sa part que les formations de bombardiers avaient effectué le vol d’entraînement prévu de 12 heures au-dessus «des eaux neutres des mers de Béring, d’Okhotsk, ainsi que des mers de Tchouktche et de Beaufort». Elle a reconnu qu’ils avaient été interceptés par des F-22 pendant une partie des vols.

Tout comme les États-Unis interceptent régulièrement des avions russes près de leurs frontières, des avions russes interceptent des vols américains près de leur espace aérien, dont plusieurs ces derniers mois.

Lors d’un de ces événements en août, l’OTAN a déclaré qu’un avion de combat russe Su-27 était entré dans l’espace aérien danois alors qu’il interceptait un bombardier américain B-52 au-dessus de la mer Baltique. Les États-Unis ont également accusé deux avions de combat russes d’avoir procédé à une interception «dangereuse et non professionnelle» d’un autre B-52 en août au-dessus de la mer Noire, volant à moins de 100 pieds du bombardier.