Les États-Unis ne peuvent pas «prendre leur réseau de relations pour acquis», déclare le secrétaire à la Défense

Le ministre américain de la Défense Mark Esper lors d'un briefing à la Maison Blanche à Washington, le 1er avril 2020. (Archives/AFP)
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Le ministère de la Défense américain a lancé deux nouvelles initiatives: un nouveau «Guide pour le développement des alliances et des partenariats» (GDAP) et un effort pour moderniser le commerce de la défense.

Alors que les États-Unis se préparent à une concurrence à long terme avec des adversaires tels que la Chine et la Russie, le ministère de la Défense américain a dévoilé de nouveaux plans pour renforcer le réseau d’alliances et de partenariats américains. «Notre constellation mondiale d’alliés et de partenaires reste une force durable que nos concurrents et adversaires ne peuvent tout simplement pas égaler», a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, lors d’une conférence du centre de réflexion Atlantic Council le 20 octobre.

Mais les États-Unis ne peuvent pas «prendre leur réseau de relations de longue date pour acquis», et ces nouveaux programmes aideront à maintenir un «avantage asymétrique» sur la Russie et la Chine, a expliqué le secrétaire américain à la Défense.

«L’Inde sera le partenaire le plus déterminant pour les États-Unis dans la région indo-Pacifique […] pendant ce siècle », a également indiqué Mark Esper dans un discours devant l’Atlantic Council et annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine en Inde avec le secrétaire d’État Mike Pompeo pour renforcer l’alliance américaine avec New Delhi face aux ambitions de la Chine dans la zone indo-Pacifique. En juillet, le porte-avions américain Nimitz avait effectué des exercices avec la marine indienne et en novembre 2019, les deux pays avaient organisé leurs premiers exercices conjoint interarmées. Une collaboration dans la défense informatique a également débuté en septembre.

Cette visite annoncé par le secrétaire américain s’inscrit dans une initiative américaine plus large pour renforcer les alliances historiques et en développer de nouvelles afin de contrer les efforts de la Russie et de la Chine qui étendent leurs réseaux d’influences dans le monde.

L’Australie, qui connaît aussi des tensions diplomatiques avec Pékin, a pour sa part annoncé mardi qu’elle participerait pour la première fois en novembre à Malabar 2020, une série d’importants exercices militaires navals avec l’Inde, le Japon et les États-Unis au large des côtes indiennes. Cet exercice sera une première pour le «Quad», le groupe de coopération dans le Pacifique entre le Japon, l’Inde, l’Australie et les États-Unis.

La concurrence des grandes puissances nécessite une approche globale

Reconnaissant l’importance de revitaliser le réseau d’alliances et de partenariats américains, le secrétaire américain à la Défense a lancé le GDAP en tant qu’«approche globale et stratégique pour renforcer les alliances et créer des partenariats». Alors que «dans le passé, nos engagements internationaux étaient guidés par des priorités et des intérêts régionaux», a expliqué Esper, les États-Unis sont désormais confrontés à «une ère de concurrence de grande puissance de nature mondiale», qui nécessitera «un ensemble commun de priorités… qui stimuleront nos interactions avec nos homologues étrangers et amélioreront notre efficacité.»

Le secrétaire américain a toutefois reconnu que les partenaires internationaux sont souvent confus quant à ce que les décideurs politiques américains attendent d’eux, car les commandants militaires et les dirigeants politiques américains envoient souvent des messages contradictoires.

Le GDAP veillera donc à ce que les réunions des dirigeants soient standardisées dans tout le ministère de la Défense afin que les partenaires obtiennent une communication claire et cohérente des États-Unis, a déclaré Esper. L’initiative visera également à élargir la participation militaire étrangère à l’enseignement militaire professionnel américain pour préparer «la prochaine génération de dirigeants étrangers à apprendre aux côtés de nos meilleurs et des plus brillants».

Par ailleurs, les États-Unis peuvent également faire plus pour s’assurer que leurs alliés disposent du bon équipement pour dissuader la Russie et la Chine, reconnaît Esper. Le nouveau programme de modernisation du commerce de la défense du ministère de la Défense, a-t-il expliqué, tentera d’accélérer les processus d’exportation de défense qui «sont souvent trop lents, opaques et compliqués», tout en étant également en concurrence avec «la Chine et la Russie, dont les industries publiques peuvent rapidement suivre les exportations militaires d’une manière que nous ne pouvons pas – et ne voudrions jamais, dans de nombreux cas.», a déclaré le secrétaire américain, qui a également évoqué les problèmes qui risquent de se poser plus en plus quand vient le temps pour les États-Unis d’établir des relations de sécurité avec des pays dont les réseaux de sécurité ont été pénétrés par des équipements chinois ou russes.