Nice: trois personnes ont été tuées, une au moins égorgée, dans une autre attaque au couteau

Nice : trois morts dans une attaque au couteau dans une église à Nice jeudi 29 octobre. (Police nationale)
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A quelques jours de la Toussaint, fête catholique importante en France célébrée le 1er novembre et au cours de laquelle l’Église catholique honore tous les Saints, connus et inconnus, trois personnes ont été tuées, une au moins égorgée, ce jeudi 29 octobre, à Nice, dans le sud-est de la France, lors d’une attaque au couteau dans une église traitée comme un acte terroriste, dont l’auteur a été interpellé, selon des sources policières.


Mise à jour 30/10/2020, 9h30

Le Conseil restreint de défense et de sécurité nationale a décidé de l’augmentation de la posture de vigilance: 3 500 gendarmes réservistes vont être appelés et mis à disposition des préfets dès lundi ainsi que 3 500 policiers et gendarmes mobiles, annonce ce vendredi 30 octobre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à l’issue d’une réunion du conseil.


Mise à jour 29/10/2020, 23h12

L’auteur présumé des coups de couteau mortels contre un homme et deux femmes, Brahim Issaoui, est un Tunisien de 21 ans arrivé en France le 9 octobre après avoir débarqué sur l’île italienne de Lampedusa le 20 septembre, a précisé jeudi soir Jean-François Ricard, le procureur antiterroriste chargé de l’enquête. Il s’agit d’un certain Brahim A., selon un document de la Croix-Rouge italienne retrouvé sur lui. Il est toujours entre la vie et la mort à l’hôpital Pasteur de Nice, où des mesures de sécurité renforcées ont été prises après des appels à ne pas le soigner.


Mise à jour 29/10/2020, 12h24

«Très clairement c’est la France qui est attaquée»: Emmanuel Macron a dénoncé jeudi depuis Nice «une attaque terroriste islamiste» dans la basilique Notre-Dame et annoncé le passage de 3000 à 7000 soldats pour l’opération Sentinelle pour protéger les lieux de culte et les écoles. «Au même moment nous avions un site consulaire français qui était attaqué, en Arabie saoudite à Djeddah ; au même moment des interpellations sur notre territoire se faisaient», a-t-il ajouté, entouré des ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice Eric Dupond-Moretti.  

Visage grave, le président de la République a aussi exprimé « un message de fermeté absolue » et a «appelé à l’unité». «En France, il n’y a qu’une communauté. C’est la communauté nationale. Je veux dire à tous nos concitoyens, quelle que soit leur religion, qu’ils croient ou qu’ils ne croient pas, que nous devons, dans ces moments, nous unir et ne rien céder à l’esprit de division », a-t-il assuré. Emmanuel Macron a encore appelé à «ne céder à aucun esprit de terreur».


Les faits se sont déroulés vers 9 h (8 h GMT) à l’église Notre-Dame, en plein cœur de Nice, a-t-on indiqué de source policière.

Deux personnes, un homme et une femme, ont été tuées dans l’église Notre-Dame et une troisième, grièvement blessée, est décédée dans un bar proche où elle s’était réfugiée. Selon des témoignages à la chaîne télévisée française BFMTV, cette personne a dit avant de succomber : « dites à mes enfants que je les aime ».

Nice : trois morts dans une attaque au couteau dans une église à Nice jeudi 29 octobre. (Police nationale)

L’agresseur a été blessé lors de l’intervention de la police et transporté à l’hôpital, selon une source policière. Il a crié «Allah Akbar» («Dieu est le plus grand», en arabe) en accomplissant son geste et a dit s’appeler «Brahim» et être âgé de «25 ans», selon une source proche de l’enquête.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête pour cette attaque que le maire de Nice, Christian Estrosi, a attribuée à l’«islamo-fascisme» qu’il a appelé à «anéantir».

Selon le maire de Nice, «une femme a été agressée avec le même mode opératoire que Samuel Paty », ce professeur d’histoire-géographie décapité le 16 octobre en région parisienne par un islamiste russe tchétchène qui a été abattu par la police.

Christian Estrosi a aussi mentionné «le sacristain» de l’église parmi les personnes décédées. Après cet « assassinat dans une école, c’est dans une église que la barbarie islamofasciste a choisi de frapper, c’est tout un symbole», a ajouté M. Estrosi.

L’attaque survient presque deux semaines jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, pris pour cible parce qu’il avait montré en classe des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression.  

Des appels au boycottage et des manifestations anti-françaises se sont multipliés depuis que le président Emmanuel Macron a dit lors d’un hommage la semaine passée à ce professeur ne pas vouloir renoncer au droit de publier ces caricatures que certains musulmans jugent offensantes.

Un Saoudien a été arrêté jeudi après avoir attaqué un garde du consulat français à Jeddah, dont « les jours ne sont pas en danger ».

La conférence des évêques de France a qualifié l’attaque de Nice d’acte «innommable», en souhaitant que « les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre ». Le glas sonnera dans les églises de France à 15 h (10 h HE), en hommage aux victimes de l’attaque.

Le pape François a également adressé un message à la communauté catholique de Nice: «Je suis proche de la communauté catholique de Nice, en deuil après l’attaque qui a semé la mort dans un lieu de prière et de consolation. Je prie pour les victimes, pour leurs familles et pour le bien-aimé peuple français, afin qu’il puisse réagir au mal par le bien.»

«Je condamne avec force l’attentat terroriste qui s’est produit près de la basilique Notre-Dame de Nice», a affirmé pour sa part dans un communiqué le Conseil français du culte musulman (CFCM), principal interlocuteur du gouvernement français dans la communauté musulmane, en appelant les «musulmans de France, en signe de deuil et de solidarité à annuler toutes les festivités de la fête du Mawlid (naissance de Mahomet, NDLR)».

«La réponse du gouvernement sera ferme, implacable et immédiate»

Le président français Emmanuel Macron s’est rendu à la cellule de crise mise en place au ministère de l’Intérieur et devait partir rapidement pour Nice. Le premier ministre Jean Castex a quitté précipitamment le parlement où il donnait des précisions sur le reconfinement du pays décidé la veille au soir.

Le Gouvernement vient de porter le plan Vigipirate au niveau urgence attentat sur l’ensemble du territoire. Le président de la République a convoqué demain matin un Conseil de défense et de sécurité nationale. «La réponse du gouvernement sera ferme, implacable et immédiate», a déclaré depuis l’hémicycle le premier ministre de retour ce matin à l’Assemblée nationale, faisant le point de la situation et annonçant les mesures que prendra gouvernement français.

L’Union européenne a pour sa part affiché sa «solidarité» avec la France, appelant à l’union «contre ceux qui répandent la haine». Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a dénoncé «une vile attaque», appelant aussi à «un front commun en défense des valeurs de liberté et de paix».

Nice avait été le théâtre en 2016 d’un attentat qui avait fait 86 morts sur la Promenade des Anglais le 14 juillet, en pleine fête nationale, quant un camion avait foncé sur la foule

*Avec AFP