Pour le chef des opérations navales américaines, la Chine est la vraie «menace stratégique»

Columbia-class SSBN submarine. (US Navy Image)
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La Marine américaine a identifié la Chine comme la principale menace stratégique pour les États-Unis, a déclaré le chef des opérations navales américaines, l’amiral Michael Gilday, qui a averti que l’équilibre des forces maritimes pourrait changer au cours des 10 prochaines années.

Face à l’expansionnisme de la Chine dans le Pacifique, le Pentagone veut investir des milliards de dollars dans l’US Navy pour la rendre plus agile, plus autonome et plus létale, avait déclaré le 16 septembre le secrétaire américain de la Défense, Mark Esper.

À son tour, «Plus précisément, la Chine est LA menace stratégique pour notre pays», a déclaré Gilday lors d’un colloque sur l’état de la Marine organisé par Defense One mardi.

«La supériorité militaire des États-Unis, colonne vertébrale de son influence mondiale et de sa sécurité nationale, s’est érodée à un niveau dangereux», relevait déjà en 2018 un rapport de la commission sur la stratégie de défense nationale qui révélait une vérité choquante, brisant les illusions de plusieurs, les États-Unis ne sont pas invincibles et pourraient perdre une guerre contre la Chine ou la Russie.

C’est pourquoi la Marine élabore une nouvelle stratégie maritime en collaboration avec le Corps des Marines et la Garde côtière.

«Le commandant de la Garde côtière et le commandant du Corps des Marines et moi-même avons également mis au point une stratégie maritime tri-service … nous sommes fermement convaincus que l’équilibre des forces dans le secteur maritime pourrait être considérablement affecté au cours de cette décennie, et le moment est venu d’agir », a déclaré l’amiral.

La nouvelle stratégie maritime détaillera la conception de la force, les principes directeurs et les recommandations de planification des commandants, selon Gilday. De même, il faudra que tous les services unissent et rationalisent les capacités pour dissuader efficacement la Chine, a ajouté le chef des opérations navales américaines. «On essaie de rassembler tous les services de manière à optimiser ce que nous avons et qui peut faire la différence face à la principale menace. Tout sera synchronisé, tout aura du sens, tout sera cousu ensemble.».

Plutôt que de simplement «combler les lacunes connues», la stratégie vise également à tirer parti d’études telles que la Future Navy Force Study pour canaliser les investissements vers les nouvelles technologies, a-t-il expliqué.

Les remarques de l’amiral coïncident avec le récent dévoilement du plan Battle Force 2045, qui exige que les États-Unis élargissent leur flotte pour accueillir plus de 500 navires d’ici 2045.

500 navires, mais pas n’importe quels navires. Plutôt que d’investir dans d’énormes porte-avions, qui ne se déplacent qu’entourés d’une importante force aéronavale et qui sont immobilisés chaque année pendant des mois pour maintenance, le Pentagone veut faire construire d’ici 2045 des navires et des sous-marins capables de patrouiller les océans sans équipage et sans interruption.

Plus précisément, le plan prévoit entre 70 et 80 sous-marins d’attaque polyvalents, plusieurs drones, 60 à 70 petits véhicules de combat de surface, 50 à 60 navires de guerre amphibie et 70 à 90 navires de la force logistique de combat.

Pendant ce temps, la Chine est déjà en avance sur les États-Unis pour ce qui est de la taille de sa flotte. Un rapport du ministère de la Défense de 2020 au Congrès indique que la Chine est «le premier pays producteur de navires au monde en tonnage et augmente sa capacité de construction navale et ses capacités pour toutes les classes navales». Le rapport a également noté que la Chine possède la plus grande marine du monde et un total de 350 navires et sous-marins.

«Les drones de taille moyenne ne remplaceront pas la capacité de frappe des avions de combat, mais ils peuvent peut-être assumer davantage les fonctions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de ciblage que les avions embarqués fournissent aujourd’hui.» et combler l’écart qu’ont les États-Unis avec la Chine mieux et plus rapidement qu’un gros porte-avions, explique le chef des opérations navales américaines.

«Battle Force [20] 45 [sera] une force plus meurtrière, résiliente, adaptable, durable, moderne et plus importante que celle que nous avons vue depuis de nombreuses années», a déclaré pour sa part le secrétaire à la Défense Mark Esper au Center for Strategic and Budgetary Assessments plus tôt ce mois-ci.