Réduction de la violence en Afghanistan: l’émissaire américain dit avoir conclu une nouvelle entente avec les Talibans

Deux A-10 Thunderbolt II de l'US Air Force lancent des contre-mesures au-dessus de la zone de responsabilité du Commandement central américain, le 23 juillet 2020. L'A-10 fournit aux forces américaines et de la coalition une plate-forme maniable d'appui aérien rapproché et de frappe de précision. (Archives/US Air Force)
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L’émissaire américain pour l’Afghanistan, Zalmay Khalilzad, a annoncé jeudi que les États-Unis étaient parvenus à une entente avec les talibans pour arriver à «une baisse significative» du nombre de morts dus à la violence persistante malgré le processus de paix.

«Nous sommes convenus de remettre à zéro les actions en respectant strictement la mise en œuvre de tous les éléments de l’accord américano-taliban » du 29 février « et tous les engagements pris», a-t-il écrit sur Twitter, ajoutant que «Cela signifie un nombre réduit d’opérations », semblant indiquer que les insurgés s’étaient engagés à diminuer les attaques.

«Actuellement, trop d’Afghans meurent. Avec cette remise à zéro, nous nous attendons à une baisse significative de leur nombre», a encore tweeté l’émissaire américain pour l’Afghanistan, précisant avoir eu «plusieurs réunions» avec les talibans en compagnie du général Scott Miller, commandant des forces américaines en Afghanistan.

«Les attaques ont augmenté ces dernières semaines, menaçant le processus de paix », a déploré Zalmay Khalilzad, appelant «toutes les parties» à tenir leurs engagements.

Les talibans, tout en confirmant les rencontres des derniers jours entre leur négociateur Abdul Hakim Haqqani et les représentants américains, se sont montrés plus vagues. Les deux parties ont souligné l’importance de l’accord du 29 février, et ont évoqué comment assurer sa «pleine application», s’est contenté de tweeter le porte-parole des rebelles à Doha, Mohammad Naeem Wardak.

Après 19 années de guerre, les talibans et les États-Unis ont conclu en février à Doha un accord où Washington s’est engagé à retirer tous ses militaires d’Afghanistan et, en contrepartie les insurgés ont promis de ne plus laisser de groupes terroristes opérer depuis les territoires qu’ils contrôlent, de ne plus attaquer les villes et d’engager des négociations de paix directes avec le gouvernement de Kaboul, ce qu’ils avaient refusé de faire jusqu’ici, considérant le gouvernement de Kaboul comme une marionnette des Américains.

Mais ces négociations n’ont commencé qu’en septembre à Doha, au Qatar, avec beaucoup de retard, et la violence n’a pas réellement baissé, tandis que les forces américaines ont continué leur retrait au rythme prévu, voire même plus rapidement.

Donald Trump, qui a promis de mettre fin aux « guerres sans fin » et brigue un second mandat le 3 novembre, a même souhaité que les soldats américains soient tous rentrés d’ici Noël.

Cette semaine, l’esprit de l’accord de Doha a carrément été violé, les Talibans attaquant la ville de Lashkar Gah, dans le sud du pays, provoquant la fuite de dizaines de milliers de personnes, et les Américains répliquant par des frappes aériennes.

Les forces américaines ont dû mener plusieurs frappes pour soutenir les forces de sécurité afghanes attaquées par les talibans dans le sud de la province de Helmand. «Les talibans doivent immédiatement mettre un terme à leurs actions offensives dans la province de Helmand et réduire leur violence dans le pays. Cela n’est pas conforme à l’accord américano-taliban et sape les pourparlers de paix afghans en cours », a réagi le porte-parole des forces américaines, le colonel Sonny Leggett, citant le général Scott Miller, commandant des forces américaines en Afghanistan.

Les autorités afghanes ont accusé les talibans d’avoir violé l’accord avec les États-Unis en attaquant la ville de Lashkar Gah, dans le sud du pays, provoquant la fuite de dizaines de milliers de personnes.

« Les pourparlers de Doha représentent la meilleure chance de paix, mais les talibans doivent tenir leur promesse et réduire la violence qui atteint des niveaux inacceptables », a aussi écrit sur Twitter le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg après avoir parlé avec Zalmay Khalilzad.

Donald Trump, qui a promis de mettre fin aux « guerres sans fin » et brigue un second mandat le 3 novembre, a même souhaité que les soldats américains soient tous rentrés d’ici Noël. L’occupant de la Maison-Blanche a déclaré la semaine dernière qu’il veut retirer tous les militaires américains d’Afghanistan d’ici Noël, c’est-à-dire plus rapidement encore que prévu par l’accord entre les États-Unis et les talibans. Les troupes devraient se retirer d’Afghanistan d’ici Noël, a déclaré le président américain dans un tweet mercredi 7 octobre, peu de temps après qu’un haut conseiller de la Maison Blanche a déclaré que certaines troupes resteraient dans le pays en 2021.

En réaction à cette annonce, le chef d’état-major interarmées américain, le général Mark Milley, qui doit rester apolitique, mais n’a pu se résoudre à endosser le calendrier de Donald, a déclaré sur NPR: «La clé ici est que nous essayons de mettre fin à la guerre de manière responsable, délibérée, et de le faire à des conditions qui garantissent la sécurité des intérêts vitaux des États-Unis en matière de sécurité nationale, a utilisé une expression importante, basée sur des conditions générales».

«Je ne vais pas me livrer à des spéculations. Je vais m’engager dans une analyse rigoureuse de la situation en fonction des conditions et des plans dont je suis au courant et de mes conversations avec le président. Et puis quand nous en arriverons au moment où nous avons d’autres discussions et décisions, celles-ci seront rendues publiques de manière appropriée.», a ajouté le général.