Bélarus: Svetlana Tikhanovskaïa plaide la cause de l’opposition devant les députés français

La cheffe de file de l'opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, le 21 août 2020 lors de sa première conférence de presse à Vilnius s'est réfugiée en Lituanie le 11 août. (AFP)
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Mercredi 7 octobre, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française a auditionné Svetlana Tikhanovskaïa, ancienne candidate à la présidence de la République de Biélorussie, qui a plaidé pour que la France aide ses concitoyens victimes de la répression politique et soutienne les médias indépendants dans son pays,

La Biélorussie est secouée depuis août par une vague de contestation populaire contre le président Alexandre Loukachenko qui s’accroche au pouvoir alors que son élection est considérée par plusieurs pays, dont la France, comme frauduleuse.

«Aidez le peuple biélorusse, aidez à éviter la violence et le conflit civil ! Aidez à sortir de cette crise de manière digne, aidez-nous à conduire des élections libres et équitables», a-t-elle lancé lors de l’audition en visioconférence devant la commission des Affaires étrangères.

La cheffe de file de l’opposition biélorusse, qui vit maintenant en exil en Lituanie, a réitéré son appel à «faire pression» sur le président Loukachenko, dont la réélection le 9 août est très contestée avec chaque dimanche des manifestations massives, pour obtenir de nouvelles élections, et demandé une aide concrète aux manifestants victimes de la répression.

«Les sanctions c’est très important, mais ce n’est pas assez», a-t-elle déclaré, demandant un «élargissement de la liste» de responsables biélorusses visés par des sanctions de l’Union européenne pour leur implication dans la répression de l’opposition, mais «Nous avons besoin d’aide pour la société civile, pour les gens qui descendent dans les rues manifester au péril de leur vie», a-t-elle insisté insisté. «Nous avons beaucoup de personnes qui ont subi des violences et qui ont besoin d’aide médicale», a-t-elle dit en plaidant pour la mise en place d’un «couloir humanitaire» à cette fin vers les pays de l’Union Européenne.  

Elle a aussi demandé de l’aide pour «les journalistes indépendants», qui n’ont plus d’accréditation et couvrent à leurs risques et périls les manifestations. «Ce serait précieux d’avoir une aide de votre part en ce sens», a-t-elle insisté.

Les «fonds de solidarité» pour les prisonniers politiques, les manifestants qui ont perdu leur travail, ceux qui ont dû quitter leur pays, les étudiants expulsés des universités «peuvent nous aider», a-t-elle également indiqué.

«Nous avons toujours admiré le courage du peuple français et sa culture politique. Aujourd’hui, le peuple biélorusse démontre aussi son courage », a-t-elle également ajouté, en remerciant la France et son président pour leur « aide inestimable ».

Le président français Emmanuel Macron a promis lors d’une rencontre avec Svetlana Tikhanovskaïa le 29 septembre à Vilnius d’aider à la médiation de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) dans la crise politique biélorusse.

Citant l’exemple de pays de l’UE comme la Lituanie et la Pologne, elle a aussi invité la France à accueillir des étudiants biélorusses poursuivis dans leur pays afin qu’ils puissent continuer leurs études à l’étranger.

«Il faut être plus courageux dans vos propositions d’aide et il faut être unis, soutenir les initiatives d’autres pays de l’Union européenne», a enjoint l’opposante.

L’opposante biélorusse a aussi invité les parlementaires français à se rendre à Minsk pour voir de leurs propres yeux les manifestations. «Ce n’est pas dangereux pour les étrangers» d’aller en Biélorussie et cela enverrait un «signal fort de soutien», a-t-elle assuré.