Syrie: près de de 170 rebelles proturcs tués ou blessés dans des frappes imputées à Moscou

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Près de 170 rebelles syriens affiliés à la Turquie ont été tués ou blessés ce lundi 26 octobre dans des frappes imputées à la Russie, contre leur camp à Idlib en Syrie, l’escalade la plus meurtrière dans cette région depuis huit mois, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Selon un dernier bilan de cette ONG syrienne de défense des droits de l’homme qui monitore le conflit à partir d’un vaste réseau de sources sur le terrain, «78 combattants» ont péri dans les frappes et quelque 90 ont été blessés, mais le bilan pourrait encore être revu à la hausse, car certains blessés se trouvent «dans un état critique.

Les avions de combat russes ont ciblé un camp appartenant à la Légion Al-Sham affiliée à Ankara dans la région de Jabal Al-Duwailah de Harim au nord-ouest d’Idlib, rapporte l’OSDH.

Une cohorte de combattants était censé quitter le camp, après un cours de formation organisé pour eux par la Légion Sham, note également l’ONG.

La Turquie soutient des groupes rebelles dans la province d’Idlib, ultime grand bastion djihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays, alors que la Russie aide militairement le régime de Bachar al-Assad et

Les deux puissances ont négocié à plusieurs reprises des cessez-le-feu précaires pour cette zone et une trêve tient tant bien que mal depuis mars en dépit d’affrontements sporadiques dans cette région proche de la frontière turque.

Environ la moitié de la région d’Idlib est sous contrôle des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda présente également dans des zones de territoires adjacents dans les provinces voisines de Lattaquié, Hama et Alep.

La trêve adoptée en mars avait stoppé une énième offensive du régime qui avait réussi en quelques mois à grignoter un peu plus des territoires échappant à son contrôle.

L’offensive, marquée par des frappes quasi quotidiennes des aviations syrienne et russe, avait coûté la vie à au moins 500 civils, selon l’OSDH. Elle avait également déplacé près d’un million d’habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie. Parmi eux, près de 235 000 personnes ont fait le choix du retour, profitant de la trêve, selon l’ONU.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit syrien s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes djihadistes.

La guerre a fait plus de 380 000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de personnes.

*Avec AFP