Ventes massives d’armes américaines à Taïwan, la Chine menace de représailles.

Un McDonnell Douglas F / A-18C Hornet de la Marine américaine du Naval Air Warfare Center, Division des armes (NAWCWD), China Lake, Californie (USA), en vol, équipé d'un AGM-84 Standoff Land Attack Missile-Expanded Response (SLAM-ER) sous l'aile droite et de deux modules AN / AWW-13 Advanced Data Link sous l'aile gauche. (U.S. Navy)
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Alors que Washington a approuvé mercredi la vente à Taïwan de 135 missiles de défense côtière Slam-ER (Standoff Land Attack Missile-Expanded Response), qui ont une portée suffisante pour atteindre la Chine continentale, pour un montant estimé à 1 milliard de dollars, la Chine menace les États-Unis de représailles.

Le Slam-ER (Standoff Land Attack Missile-Expanded Response) est un missile avancé à guidage de précision et à lancement aérien produit par Boeing Defence, Space & Security pour les forces armées américaines et leurs alliés. Il est capable d’attaquer des cibles terrestres et maritimes de moyenne à longue portée (155 miles nautiques / 270 km maximum, donc supérieure à la largeur du détroit de Taïwan qui sépare l’île de la Chine continentale). Le SLAM-ER s’appuie sur le système de positionnement global (GPS) et l’imagerie infrarouge pour sa navigation et son contrôle, et il peut frapper des cibles mobiles et stationnaires.

Le SLAM-ER peut être contrôlé à distance pendant le vol, et il peut être redirigé vers une autre cible après le lancement si la cible d’origine a déjà été détruite ou n’est plus considérée comme dangereuse (guidage de commande). Le SLAM-ER est une arme les plus précise de tous les missiles utilisés par la marine américaine.

Les États-Unis ont non seulement approuvé mercredi la vente à Taïwan de 135 missiles de défense côtière Slam-ER pour un montant estimé à 1 milliard de dollars, mais ils ont également donné leur feu vert à la vente de lance-roquettes tactiques, soit 11 lance-roquettes basés sur des camions fabriqués par Lockheed Martin Corp, appelé High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS), pour 436 millions $ US, et d’équipements d’imagerie destinés à la reconnaissance aérienne, soit six capteurs externes MS-110 Recce fabriqués par Collins Aerospace pour les avions de chasse, pour un coût estimé à 367,2 millions $ US. Le montant total des commandes représente plus de 1,8 milliard de dollars américains.

Et ce n’est pas tout. D’autres notifications du Congrès devraient suivre mercredi, notamment des drones fabriqués par General Atomics et des missiles antinavires Harpoon basés à terre fabriqués par Boeing pour servir de missiles de croisière de défense côtière. La vente de 100 stations de missiles de croisière et de 400 missiles devrait se chiffrer à environ 2 milliards $ US.

Finalement, on se retrouve avec des ventes distinctes d’équipements militaires sophistiqués à l’île d’une valeur totale d’environ 5 milliards de dollars américains.

La notification officielle donne au Congrès américain 30 jours pour s’opposer à toute vente, mais la plupart des analystes croient que le rejet de ces ventes était peu probable étant donné le large soutien bipartite à Taïwan.

Pékin a mis en garde à plusieurs reprises Washington contre un accroissement des ventes d’armes à alors que les relations entre les deux pays sont sous tension depuis la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis déclenché par l’administration Trump et la pandémie COVID-19 dont l’occupant de la Maison-Blanche accuse la Chine d’être responsable.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré jeudi que la Chine apporterait une réponse nécessaire à l’évolution de la situation, rapportent les médias officiels chinois.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré la semaine dernière que les ventes d’armes américaines à la région chinoise de Taïwan portaient gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de sécurité de la Chine.

Les États-Unis violent gravement le principe d’une seule Chine en vendant des armes à la région de Taiwan, interférant ainsi gravement dans les affaires intérieures de la Chine, a déclaré Zhao lors d’un point de presse quotidien le 13 octobre.

Il a exhorté les États-Unis à annuler les ventes prévues et a averti que la Chine apporterait une réponse légitime et nécessaire en fonction de l’évolution de la situation.

L’île de Taïwan est peuplée de quelque 23 millions d’habitants. Elle est dirigée depuis 75 ans par un régime hérité du pouvoir chinois qui s’y était réfugié après la prise du pouvoir par les communistes sur le continent durant la guerre civile chinoise.

La Chine considère le territoire insulaire comme une de ses provinces et menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance ou d’intervention extérieure – notamment américaine.

Les États-Unis ont de leur côté rompu leur relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour reconnaître Pékin, mais reste l’allié le plus puissant de l’île et son fournisseur d’armes numéro un et considèrent comme une priorité stratégique de contrer l’influence croissante de la Chine dans la région, alors que, la semaine dernière, Pékin a diffusé les images d’un exercice militaire simulant l’invasion d’un territoire semblable à Taïwan, avec notamment des frappes de missiles.