Afghanistan: tirs de roquettes sur Kaboul, au moins 8 morts

0
346
En plein pourparlers de paix, des roquettes se sont abattues sur Kaboul, faisant plusieurs morts et blessés, samedi 21 novembre. (Tolo)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

En plein pourparlers de paix et alors que l’administration sortante Trump a annoncé la semaine dernière une réduction du nombre des troupes américaines en Afghanistan à 2500 en janvier 2021, le plus faible contingent américain en deux décennies de guerre, 28 roquettes se sont abattues sur Kaboul samedi matin, une heure seulement après deux explosions d’EI dans la ville, rapporte la chaîne afghane d’information continue Tolo News.


Mise à jour 21/11/2020, 9h01

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué les tirs de roquettes. Avec «28 roquettes Katioucha», les «soldats du califat ont pris pour cible la Zone verte […] où se trouvent le bâtiment de la présidence afghane, les ambassades des pays croisés, et les sièges des forces afghanes», dit le communiqué publié sur les chaînes Telegram de l’organisation djihadiste.


Le bilan des attaques à la roquette sur Kaboul est, au moment d’écrire ses lignes, de 8 civils tués et de 31 blessés, a indiqué le ministère des Affaires intérieures. Les tirs de roquettes ont semé l’émoi la Zone verte, un quartier fortifié qui abrite des dizaines de compagnies internationales et leurs employés.

Ces attaques surviennent alors que des rencontres sont prévues samedi à Doha, capitale du Qatar, entre Mike Pompeo et les négociateurs des talibans et du gouvernement afghan, que le secrétaire américain sortant doit voir séparément.

Alors que le retrait américain devait être conditionnel à une réduction de la violence et que s’étaient engagés par l’accord de Doha le 29 février à ne pas attaquer les zones urbaines, les attaques dans la capitale n’ont pas cessé et une vague de violence continue à déferler sur l’Afghanistan depuis des mois. Au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attentats-suicides et déclenché 1250 explosions, qui ont fait 1210 morts et 2500 blessés parmi les civils, selon un porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur.

Pendant ce temps, les pourparlers de paix en cours entre les talibans et le gouvernement afghan, ne progressent pas.

Avant d’être limogé par Donald Trump le 9 novembre, l’ex-secrétaire à la Défense Mark Esper avait insisté sur un minimum de 4500 soldats en Afghanistan, jusqu’à ce que les talibans démontrent une réduction de la violence sur le terrain et s’engagent de bonne foi dans les pourparlers avec le gouvernement afghan, mais aujourd’hui, les talibans n’ont plus aucune raison de s’entendre avec le gouvernement afghan maintenant qu’à toute fin pratique le président américain sortant leur a livré le pays.

À lire aussi:

Le général Milley évite d’endosser le calendrier de retrait d’Afghanistan de Trump >>

Afghanistan: Mitch McConnell met Trump en garde, un retrait accéléré des troupes ferait le jeu des terroristes >>