Le premier ministre arménien prône un renforcement de la coopération militaire avec la Russie

À Erevan, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a rencontré samedi 21 novembre Erevan le Premier Ministre arménien Nikol Pachinian et le chef du ministère de la Défense de la République arménienne, Vagharshak Harutyunyan. (MoD Russie)
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Après la défaite militaire cuisante de l’Arménie dans la guerre du Nagorny Karabakh face à l’Azerbaïdjan, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a prôné samedi un renforcement de la coopération militaire avec la Russie.

« Nous espérons que nous pourrons renforcer la coopération avec la Russie non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi de la coopération militaire et technique », a déclaré le premier ministre arménien au cours d’une rencontre à Erevan avec le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

«Bien sûr, il y avait des temps durs avant la guerre, mais la situation aujourd’hui est encore plus difficile», a-t-il estimé.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont conclu le 9 novembre sous le patronage russe un cessez-le-feu au Nagorny Karabakh après six semaines d’intenses combats dans cette république autoproclamée, accordant des gains territoriaux importants à l’Azerbaïdjan. Ce dernier récupère ainsi des zones qui lui échappaient depuis trois décennies. Cet accord, qui prévoit le déploiement de quelque 2000 soldats de la paix russes au Nagorny Karabakh, a consacré une défaite arménienne, mais a permis la survie de cette enclave montagneuse que se disputent depuis des décennies Bakou et Erevan.

«Pour nous, le principal est d’empêcher l’effusion de sang», a assuré pour sa part le ministre russe de la Défense, qui s’est rendu samedi dans la capitale arménienne avec une importante délégation russe comprenant notamment le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Selon Sergueï Choïgou, qui s’est ensuite rendu à Bakou pour s’entretenir avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, quelque 7000 réfugiés, qui ont quitté le Nagorny Karabakh depuis le début des hostilités fin septembre, sont désormais revenus dans leurs maisons.  

Cette visite intervient au lendemain de la récupération par l’Azerbaïdjan du contrôle du district d’Aghdam, cédé par les séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh aux termes de l’accord de paix. Ce district faisait partie du glacis sécuritaire formé par les séparatistes autour de leur enclave.

Il s’agit de la première des trois rétrocessions à l’Azerbaïdjan de territoires que contrôlaient les forces arméniennes depuis près de 30 ans, à l’issue d’une première guerre qui avait fait à l’époque 30 000 morts et des centaines de milliers de déplacés, dont notamment la population azerbaïdjanaise d’Aghdam.

En Arménie, l’accord de fin des hostilités continue d’agiter une frange de l’opposition qui accuse Nikol Pachinian d’être un «traître» et réclame sa démission. Celui-ci exclut tout départ mais a remplacé vendredi deux ministres, dont celui de la Défense, quelques jours après le limogeage du chef de la diplomatie. Une nouvelle manifestation de l’opposition réclamant le départ de Pachinian a réuni environ 4000 personnes samedi dans le centre d’Erevan, les manifestants scandant «Nikol est un traître !», «Nikol, va-t’en !», rapporte l’Agence France-Presse ce matin..

«Ce n’est qu’après le départ de Pachinian que nous pourrons retrouver notre dignité », a affirmé, pendant la manifestation, un ancien délégué pour les droits de l’homme au Nagorny Karabakh, Rouben Melkonian.

Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères a réitéré samedi le «soutien» de Moscou à la décision du premier ministre arménien de signer l’accord de cessez-le-feu avec l’Azerbaïdjan. Cet accord « est un moyen de règlement sans alternative de la situation » au Nagorny Karabakh, il « a aidé à sauver des vies », a estimé Sergueï Lavrov, au cours d’un point de presse à l’issue de sa rencontre avec Nikol Pachinian. « Toutes les tentatives de mettre en cause cet accord […] sont inacceptables », a conclu le chef de la diplomatie russe.

*Avec AFP