Léo Major, un héros québécois célébré partout, mais oublié ici, sera enfin honoré chez lui

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Suite à une motion du Parti québécois (PQ) pour que la Commission de toponymie nomme un lieu symbolique en son honneur, ce que le gouvernement caquiste a accepté, le Québec honorera enfin le héros militaire Léo Major qui s’est illustré lors de la Seconde Guerre mondiale en libérant à lui seul une ville des Pays-Bas de l’occupation allemande en 1945. 

Il a aussi par la suite participé à la Guerre de Corée au sein du Royal 22e Régiment où il s’est encore une fois démarqué.

Lourdement blessé à deux reprises, surnommé «le fantôme borgne», il aurait normalement dû être rapatrié au pays, mais a refusé afin de continuer à combattre avec ses camarades.

Léo Major était un membre du Régiment de la Chaudière, une unité d’infanterie de la première réserve des Forces armées canadiennes qui s’est fortement démarqué lors de la Seconde Guerre mondiale. L’unité appartient au 35e Groupe-brigade du Canada, lui-même faisant partie de la 2e Division du Canada.

Léo Major est un héros québécois très connu en Europe, surtout en Hollande, où plusieurs rues et édifices publics portent son nom. Ses faits d’armes y sont même enseignés dans les écoles.

En octobre 2019, était paru le livre «Léo Major, un héros résilient» de Luc Lépine dont le lancement avait e lieu dans l’enceinte du Musée Régiment de la Chaudière à Lévis. Un documentaire avait aussi été diffusé l’année précédente à la télévision canadienne. En mai 2020. En mai 2020, un des deux timbres émis par Postes Canada pour marquer le 75e anniversaire du Jour de la Victoire (en Europe) montrait Léo Major. Mais, parfaite illustration dicton «Nul n’est prophète en son pays» le héros militaire québécois était jusqu’à maintenant relativement peu connu ici même au Québec et est resté longtemps un héros oublié.

L’histoire de Léo Major

Major, qui s’est enrôlé dans le Régiment de la Chaudière à 19 ans, est le seul militaire canadien a avoir reçu, pour sa bravoure devant l’ennemi, la Médaille de conduite distinguée (DCM), la plus haute distinction de l’armée, à deux reprises dans deux guerres différentes.

Après avoir trompé la mort lors du Débarquement de Normandie, victime d’une grenade, il a perdu l’usage de son œil gauche. Malgré son handicap, qui aurait du le rapatrier au Canada, Léo Major insista pour rester au front arguant que le tireur d’élite qu’il était n’avait besoin que d’un œil pour viser avec sa carabine. Après cet incident, il a poursuivi son combat jusqu’à la fin de la guerre muni d’un cache-œil qui lui valut le surnom (donné par les Allemands terrorisés) de « LE FANTÔME BORGNE ».

Pour sa dernière mission européenne, Léo Major fut envoyé aux Pays-Bas, où il s’est distingué en libérant, à lui seul (!) Zwolle, une ville de 50 000 habitants.

Cinq ans après son retour au pays, il s’est enrôlé au Royal 22e Régiment pour aller combattre en Corée où, une fois de plus, il a réussi à se distinguer sur la célèbre colline 355, d’où, avec son minuscule peloton de 18 hommes il a réussi à chasser 14 000 soldats chinois ! Un exploit qui lui a valu une deuxième médaille DCM.