En attendant Biden, l’armée américaine va poursuivre son retrait d’Afghanistan, mais prudemment

0
31
Le capitaine Kenneth Braun Stapley du 1er bataillon, 32e d'infanterie de la 10e division de montagne s'envolait pour Kaboul, en Afghanistan, lors d'un déploiement au printemps 2020. Des pourparlers de paix, une pandémie et l'accélération du retrait américain l'ont ramené chez lui après quatre mois. (10e Division de montagne)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

L’armée américaine poursuit, mais prudemment, son retrait d’Afghanistan, où, alors que des négociations de paix sont en cours entre les deux parties, l’administration de Donald Trump a décidé de ne conserver au 15 janvier que 2500 soldats dans le pays, contre environ 13 000 il y a un an.  

«Nous appliquons actuellement cette décision. Ce qui se passera après dépendra de la nouvelle administration», a déclaré le général Milley lors d’une intervention aujourd’hui au Brookings Institution de Washington, alors que le président élu Joe Biden doit succéder le 20 janvier à Donald Trump à la Maison-Blanche.  

Les Américains sont intervenus dans le pays en 2001, a rappelé le chef d’état-major Mark Milley, « afin de faire en sorte que l’Afghanistan ne soit plus jamais un refuge pour que des terroristes frappent les États-Unis».

«Dans une large mesure, nous avons réussi, du moins à ce jour, à empêcher que cela ne se produise à nouveau», a-t-il jugé lors d’un forum en ligne du groupe de réflexion à tendance libérale dirigé par le général à la retraite John Allen, ancien commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN et des forces américaines en Afghanistan (USFOR-A).

Les commentaires de Milley ce mercredi 2 décembre étaient ses premières remarques publiques sur les retraits annoncés le 17 novembre par le secrétaire à la Défense par intérim Christopher Miller qui a remplacé l’ex-secrétaire Mark Esper, qui rechignait à accélérer le retrait américain d’Afghanistan et que Donald Trump a limogé en novembre.

Le général, qui semblait encore il y a peu réticent à une réduction de la présence militaire américaine en Afghanistan, a également évoqué une «impasse stratégique» sur le terrain entre les forces afghanes et les insurgés talibans.  

Milley a bien sûr refusé de fournir de nombreux détails sur les plans de retrait des États-Unis pour l’Afghanistan, invoquant des problèmes de sécurité, mais on a pu savoir que les États-Unis fermeront la plupart des bases qu’ils maintenaient le pays, réduisant leur empreinte à «quelques bases plus grandes avec plusieurs bases satellites qui offrent la capacité de poursuivre [la mission] de formation, de conseil et d’assistance et la mission mission antiterroriste», a expliqué le chef d’état-major de la Défense américain, notant que les principaux généraux avaient approuvé des plans pour mettre en œuvre l’ordre de retrait du président sortant Trump.

Les plus grandes bases américaines en Afghanistan sont l’aérodrome de Kandahar dans le sud du pays et l’aérodrome de Bagram à l’est, juste au nord de Kaboul, la capitale afghane.

Quant à l’Irak, le général a déclaré que les responsables du gouvernement irakien avaient demandé à l’armée américaine de continuer à entraîner et à conseiller ses forces de sécurité alors que l’armée irakienne a continué de lutter contre les restes du groupe État islamique.

Malgré la chute du califat, l’Etat islamique maintient jusqu’à 10 000 combattants dans des cellules à travers le pays, avertissait l’ONU en août dernier.

Le général Milley a déclaré que le maintien des troupes en Irak permettrait également de contrôler l’Iran et ses provocations dans tout le Moyen-Orient, où Téhéran lancé ou soutenu des attaques contre l’Arabie saoudite et les troupes américaines en Irak.

«Nous pensons que cela contribue à l’interdiction en empêchant de nouvelles agressions de l’Iran dans la région», a déclaré le plus haut gradé militaire américain. «Nous pensons également que c’est important pour continuer à maintenir les succès qui ont acquis par la défaite du califat de l’EI afin qu’il ne se régénère pas et ne revienne pas.»

À lire aussi:

Le général Milley évite d’endosser le calendrier de retrait d’Afghanistan de Trump ­­­­>>

Afghanistan: la mission de l’OTAN va se poursuivre malgré le retrait des forces américaines >>