Hong Kong Peines d’emprisonnement pour Joshua Wong et deux autres militants prodémocratie

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Agnes Chow, Ivan Lam et Joshua Wong. (Twitter)
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Joshua Wong, l’une des figures les plus connues de la contestation à Hong Kong, et deux autres célèbres militants ont été condamnés mercredi à des peines d’emprisonnement pour leur rôle dans les manifestations de l’an passé.

Wong, 24 ans, a écopé de 13 mois et demi de prison tandis que ses camarades Agnes Chow et Ivan Lam ont été condamnés respectivement à dix et sept mois de détention avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongaise.

«Ce n’est pas la fin du combat», peut-on lire sur le compte Twitter de Joshua Wong, quelques minutes après la décision du tribunal.  

«Nous rejoignons maintenant la lutte en prison aux côtés de nombreux manifestants courageux, moins visibles, mais essentiels dans le combat pour la démocratie et la liberté de Hong Kong», a-t-il affirmé.

Lors du procès, le 23 novembre, Wong et les deux autres dissidents, tous deux âgés de 26 ans, avaient plaidé coupable des faits qui leur étaient reprochés.  

«Les accusés ont appelé les manifestants à assiéger le quartier général (de la police de Hong Kong) et scandé des slogans hostiles à la police», a déclaré la magistrate Wong Sze-lai.  

«La détention immédiate est l’option la plus appropriée », a-t-elle affirmé.

Agnes Chow, qui n’a jamais fait de prison, a éclaté en sanglots à l’énoncé de sa condamnation.  

En dépit de leur jeunesse, Joshua Wong, qui a commencé à militer à 13 ans, et Ivan Lam ont déjà effectué des séjours derrière les barreaux.

Pour Nathan Law, cité par l’Agence France-Presse, un autre célèbre jeune  militant qui a fait de la détention avant de s’enfuir en juillet pour Londres, l’emprisonnement ne va pas les amoindrir.  «Je crois qu’ils continueront à être très importants pour Hong Kong à l’avenir».

Amnistie internationale a critiqué ces condamnations, estimant qu’elles criminalisent des opinions politiques.

«Une fois de plus, le gouvernement a eu recours à l’infraction d’“incitation à un rassemblement illégal” pour engager des poursuites à l’encontre de personnes qui s’exprimaient et manifesté pacifiquement», a déclaré Yamini Mishra, directeur de la région Asie-Pacifique pour l’organisation.  

C’est adolescents que les deux garçons et la jeune fille ont pris part au mouvement prodémocratie, s’engageant dès 2012 dans la bataille – gagnée – contre l’introduction de cours de patriotisme chinois.

Deux ans plus tard, ils avaient joué un rôle de premier plan dans le « Mouvement des Parapluies », qui réclamait un véritable suffrage universel à Hong Kong, sans obtenir la moindre concession de Pékin.

Les manifestants avaient occupé le centre de la ville pendant 79 jours, ce qui avait valu à certains militants des peines d’emprisonnement.

En juin 2019, un nouveau mouvement de contestation né d’un projet de loi largement décrié autorisant les extraditions vers la Chine, voyait le jour.  

Sans véritable leader, il a été marqué par sept mois de manifestations quasi quotidiennes, émaillées de violentes échauffourées entre policiers et manifestants.

M. Wong et Mme Chow ont pris part à certaines manifestations, mais ont surtout mis à profit leur notoriété pour faire pression en faveur de sanctions internationales, suscitant la fureur de Pékin, les médias chinois n’hésitant pas à les qualifier de traîtres.

Une poignée de partisans du gouvernement hongkongais a bu mercredi du vin pétillant mercredi devant le tribunal mercredi après l’annonce de ces condamnations.

De leur côté, des personnes venues soutenir les trois jeunes condamnés ont crié des slogans en faveur de la démocratie au moment du passage des fourgons pénitentiaires.

Presque toutes les manifestations ont été interdites depuis le début de l’année par les autorités hongkongaises.

Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées au cours des 18 derniers mois et la plupart des principales figures de l’opposition sont l’objet de poursuites judiciaires.

Fin juin, Pékin a imposé une loi draconienne sur la sécurité nationale imposée qui interdit l’expression de certaines opinions politiques. 

*Avec AFP