Karabakh: près de 2800 soldats azerbaïdjanais tués dans les combats annonce Bakou

Le ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan a communiqué le 3 décembre un premier bilan de ses soldats morts dans les combats qui ont opposé à l’automne les forces azerbaïdjanaises aux Arméniens dans la république autoproclamée du Nagorny Karabakh.(MoD Azerbidjan)
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L’Azerbaïdjan a communiqué aujourd’hui un premier bilan de ses soldats morts dans les combats qui ont opposé pendant six semaines à l’automne les forces azerbaïdjanaises aux Arméniens dans la république autoproclamée du Nagorny Karabakh.

«Pendant la guerre patriotique [SIC], 2 783 militaires de nos forces armées sont morts au combat.», écrit ce matin le ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan.

«Des travaux sont en cours pour identifier 103 militaires parmi eux grâce à l’analyse ADN. Plus de 100 de nos militaires sont considérés comme disparus. Les activités nécessaires sont entreprises pour les retrouver et informer leurs familles. Actuellement, 1 245 militaires sont traités dans des établissements médicaux.», poursuit le ministère, qui ajoute que «Des informations détaillées sur les noms des militaires décédés, leur date de naissance, leur grade militaire et leur trajectoire de combat seront également présentées au public du pays. La Commission, composée d’employés des agences gouvernementales compétentes, travaille dans ce domaine.»

Jusqu’ici, Bakou n’avait pas communiqué ses pertes militaires, fournissant uniquement le bilan des victimes civiles azerbaïdjanaises, soit 93 morts.

L’Arménie pour sa part avait déclaré à la mi-novembre la mort de plus de 2300 de ses soldats dans le conflit pour le contrôle du Nagorny Karabakh, qui a également coûté la vie à 50 civils arméniens.

De plus, environ 90 000 personnes, soit 60 % de la population du Nagorny Karabakh, ont fui cette enclave montagneuse pendant les combats.

Un accord du cessez-le-feu signé le 9 novembre entre Bakou et Erevan, sous l’égide de Moscou, qui a depuis déployé 2000 soldats de la paix russes dans l’enclave, a mis fin aux six semaines d’hostilités déclenchées le 27 septembre.

L’accord a accordé d’importants gains territoriaux à l’Azerbaïdjan. Jugé catastrophique par de nombreux Arméniens, il a entraîné des appels à la démission du premier ministre arménien. 

Hier, à la réunion par visioconférence du Conseil de sécurité collective de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), dont fait partie l’Arménie, Vladimir Poutine a réaffirmé sa volonté de faire respecter l’accord du 9 novembre et salué le «courage» du premier ministre arménien Nikol Pachinian, critiqué dans son pays pour avoir accepté le cessez-le-feu consacrant les victoires militaires de l’Azerbaïdjan.

Peuplée majoritairement d’Arméniens, l’enclave du Nagorny Karabakh a fait sécession de l’Azerbaïdjan à l’issue d’une guerre dans les années 1990 qui a fait 30 000 morts.

En vertu de l’accord, l’Arménie s’est engagée à rétrocéder à l’Azerbaïdjan trois districts – Latchin, Aghdam et Kalbajar – qui formaient une zone tampon entourant le Karabakh et échappaient au contrôle de Bakou depuis 1994. La rétrocession a été achevée mardi. Quatre autres districts ayant la même fonction avaient déjà été repris par Bakou au cours des six semaines de combats meurtriers.

Pendant ce temps, l’Azerbaïdjan célèbre sans pudeur, pourrait on dire.

En vertu d’une ordonnance présidentielle, le 4 décembre, à 12h00, une minute de silence sera observée à travers le pays pour rendre hommage à ce que la présidence «les martyrs de la guerre patriotique qui ont sacrifié leur vie pour l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan». Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a également signé aujourd’hui un décret portant sur création d’un complexe patriotique de guerre et d’un musée de la victoire dans la ville de Bakou.

Une grande parade militaire sera aussi organisée à Bakou le 10 décembre pour célébrer cette victoire, selon les autorités azerbaïdjanaises. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, allié sans faille du président Aliev, se rendra en Azerbaïdjan le 9 décembre et est censé participer aux célébrations, selon la présidence turque.