Wang yi plaide pour que le monde des affaires américain favorise une «transition en douceur» avec la nouvelle administration Biden

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Le conseiller d'État chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi assiste à une réunion avec une délégation du conseil d'administration du Conseil des affaires américano-chinois par liaison vidéo à Beijing, capitale de la Chine, le 7 décembre 2020 (Xinhua)
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Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé lundi à des efforts conjoints de la Chine et des États-Unis pour la reprise du dialogue entre les deux pays en dépit des les «perturbations de toutes sortes», et plaidé auprès du monde des affaires pour qu’il favorise «une transition en douceur» avec la future administration de Joe Biden, rapporte aujourd’hui l’agence officielle chinoise Chine Nouvelle.

Alors que les relations sino-américaines sont tombées sous Donald Trump au plus bas depuis l’établissement des liens diplomatiques entre les deux pays en 1979, l’affrontement commercial et technologique laissant de moins en moins de place à la coopération, le chef de la diplomatie chinoise a fait valoir que la coopération économique et commerciale est la pierre d’assises des relations bilatérales et a exprimé l’espoir le monde des affaires et les entreprises américaines contribuent à remettre les relations bilatérales sur les rails et apportent une contribution active à ce processus.

Mais on part aujourd’hui de loin, de très loin. Washington a notamment accusé Pékin d’être responsable de la pandémie de nouveau coronavirus et de réprimer les libertés tant à Hong Kong que dans sa région du Xinjiang (nord-ouest), à majorité musulmane, et Wang Yi a évoqué au printemps dernier le spectre de «la Guerre froide entre les deux premières puissances économiques mondiales.

La Chine et les États-Unis devraient s’efforcer de reprendre le dialogue, de rétablir les liens et de reconstruire la confiance mutuelle pour la prochaine étape des relations bilatérales, a déclaré le chef de la diplomatie chinoise lors d’une réunion par lien vidéo depuis Pékin avec une délégation du conseil d’administration du US-China Business Council, qui se décrit sur son site comme une organisation privée à but non lucratif visant à promouvoir le commerce entre les États-Unis et la Chine et comprend environ 200 entreprises américaines qui commercent et font des affaires avec la Chine.

Notant que la Chine et les États-Unis partagent de larges intérêts communs et une marge de coopération, le ministre chinois a déclaré «que les deux plus grandes économies et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, devraient renforcer le dialogue et la coopération pour contribuer davantage à une paix et une prospérité durables pour l’humanité.»

Wang Yi a présenté cinq propositions pour promouvoir le développement sain et stable des liens entre  la Chine et des États-Unis. 

Le chef de la diplomatie chinoise a exhorté les États-Unis à changer leur perception de la Chine d’une manière, assurant qu’elle poursuit un développement pacifique et une coopération mutuellement bénéfique avec tous les pays pour obtenir des résultats gagnant-gagnant.

Il a ensuite appelé les deux pays à une communication et un dialogue à tous les niveaux. « »Les deux parties peuvent élaborer des listes de dialogue, de coopération et de gestion des différends afin de fournir une image plus claire du maintien et du développement des relations bilatérales», a déclaré Wang Yi

Il a également encouragé les secteurs des études stratégiques et des entreprises à renforcer le dialogue afin de fournir un soutien intellectuel et social au développement sain et stable des rapports entre la Chine et des États-Unis.

Troisièmement, le chef de la diplomatie chinoise a déclaré que les deux pays devraient développer une coopération mutuellement avantageuse. «J’ai suggéré une coopération dans les réponses à la pandémie COVID-19, la reprise économique, y compris la reprise du dialogue et de la coordination des politiques macro-économiques, et les réponses au changement climatique.»

Il a également proposé une coordination dans les grands défis mondiaux et les questions sensibles telles que la réduction de la pauvreté, la lutte contre le terrorisme et la non-prolifération, et une coopération renforcée dans le cadre de cadres multilatéraux.

Quatrièmement, Wang yi a déclaré que les deux parties devraient gérer les différends dans «le respect mutuel de l’héritage historique et culturel de l’autre, de ses intérêts fondamentaux et de ses préoccupations majeures, ainsi que des choix des peuples des deux pays concernant leurs systèmes nationaux respectifs et leurs voies de développement.»

Et cinquièmement, il a proposé d’augmenter le soutien public aux relations bilatérales, exhortant les deux parties à soutenir des échanges renforcés dans des domaines tels que les organes législatifs, les entreprises, les médias et la jeunesse, appelant à donner des informations plus objectives et rationnelles et à présenter au grand public une image réelle du développement de la Chine et de la coopération sino-américaine.

Mais c’est loin d’être gagné. La rivalité Chine/États-Unis est devenue une opposition et le président élu, qui prendra place à la Maison-Blanche le 20 janvier, a déjà averti qu’il entendait laisser en place les droits de douane punitifs mis en place à partir de 2018 par son prédécesseur sur les produits chinois et le régime du président Xi Jinping peut aussi s’attendre à une fermeté accrue du président démocrate.

Apparemment, les belles paroles et les vœux pieux n’y changeront rien, l’opposition entre les deux géants n’est pas près de disparaître et, du côté américain, tant chez les démocrates que chez les républicains, les gains de l’un ne peuvent être que les pertes de l’autre.