Attaque de l’EI au Mozambique et terreur dans la ville de Palma

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En 48 heures, une bonne centaine de djihadistes ont pris la ville de Palma,dans le nord du Mozambique, tenant en échec l’armée, la police et les bataillons de sécurité privée, rapporte l’Agence France-Presse.

Le groupe État islamique (EI) affirme contrôler la ville de Palma et a revendiqué l’attaque, indiquant qu’elle a visé «des casernes militaires et des quartiers généraux du gouvernement» et annonçant la mort de dizaines de militaires mozambicains «et de chrétiens, dont des ressortissants d’États croisés».

Selon le gouvernement mozambicain dimanche soir, l’attaque d’ampleur à Palma s’est effectivement traduite par des dizaines de morts et au moins une centaine de personnes sont toujours portées disparues.

L’attaque revendiquée lundi par le groupe État islamique (EI) a démarré mercredi après-midi. Mais selon plusieurs sources et témoins, des rebelles s’étaient infiltrés incognito dans la ville portuaire plusieurs jours avant.

Contre de l’argent, ils se sont installés dans les maisons de cette province riche en gaz, mais pauvre et à majorité musulmane.  

Mercredi, ils ont attaqué simultanée en plusieurs endroits à la périphérie de la ville et, alors que les forces de sécurité se sont rués en direction de ces trois points chauds, laissant le cœur de la ville vulnérable, les assaillants déjà infiltrés se sont attaqués aux banques, aux postes de police, etc.

Lourdement armés, les assaillants empêchent plusieurs tentatives d’évacuation par hélicoptères.  

Après 48 heures d’enfer, une tentative désespérée de fuite vendredi soir, par un convoi de camions, tourne au drame : au moins sept personnes sont tuées, plus d’une soixantaine sont toujours disparues.  

Officiellement, des dizaines de personnes sont mortes au cours des quatre derniers jours. Sans doute bien plus, car ce bilan ne reflète pas la violence racontée par des survivants choqués, qui ne livrent l’histoire que par bribes une fois réfugiés en lieu sûr, parfois à de centaines de km de là.

Dans la ville de 75 000 habitants vivent des employés de toutes nationalités, qui travaillent pour le compte de compagnies internationales. Le site piloté par la multinationale française Total, un mégaprojet gazier de plusieurs milliards de dollars sur la péninsule d’Afungi, n’est qu’à dix kilomètres.  

Mais aujourd’hui aux mains des rebelles dont l’objectif est de frapper les esprits en exerçant une violence spectaculaire, avec des viols et des décapitations, Palma est désormais une ville fantôme, avec des morts dans ses rues.  

*Avec AFP