Le chef d’état-major de la Défense met fin à l’opération Honour

0
2736
Le chef d'état-major par intérim de la Défense du Canada, le lieutenant-général Wayne Eyre. (MDN)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

C’est la fin de l’opération Honour, qui avait été lancée en 2015 dans la foulée du rapport de l’ex-juge Marie Deschamps qui déplorait la culture de la sexualisation dans les rangs des Forces armées, a annoncé aujourd’hui le chef d’état-major intérimaire de la Défense, le lieutenant-général Wayne Eyre, en l’absence du chef d’état-major en titre, l’amiral McDonald, écarté parce qu’il est l’objet d’une enquête pour inconduite.

Double ironie, c’est le le général Jonathan Vance, alors nouveau chef d’état-major de la Défense, mais aujourd’hui l’objet lui aussi d’une enquête pour inconduite, qui avait donné en août 2015 l’ordre l’ordre d’activation de l’opération destinée à éliminer les comportements sexuels dommageables et inappropriés au sein des Forces armées canadienne.

« Les Forces armée canadiennes se trouvent à un point d’inflexion en ce qui concerne notre culture», écrit le lieutenant-général Eyre. dans une lettre de six pages publiée son compte Twitter cet après-midi. «Les récentes révélations d’inconduite sexuelle et les allégations à cet effet sont très troublantes; ces cas nous ont ébranlés et ils ont montré clairement tout le chemin que nous devons encore parcourir.»

Dans sa lettre, le chef d’état-major par intérim déclare que l’opération Honour a atteint «son point culminant» et qu’on y mettait donc «un terme».

«Nous en conserverons les mesures fructueuses, nous apprendrons en prenant conscience de ce qui n’a pas fonctionné, et nous élaborerons un plan délibéré pour aller de l’avant», dit-il, ajoutant que «Nous devons améliorer les mécanismes pour écouter et apprendre des expériences de ceux qui ont été blessés», mais l’opération est Honour en tant que telle est bel et bien finie.

Alors que plusieurs réclament à cor et à cris une intervention extérieure aux Forces armées canadiennes pour en finir avec ce qu’ils voient comme une culture toxique, le lieutenant-général écrit en outre que les Forces armées sont maintenant prêtes à accueillir un examen extérieur de l’institution et de sa culture et à en suivre les recommandations.

Il ouvre également la porte à ce qu’il appelle un changement dans la dynamique des pouvoirs et s’engage également à «faire preuve de plus de rigueur et à s’appuyer sur la science lors de la sélection des dirigeants», particulièrement les officiers supérieurs.

À lire aussi: Révélations, scandales: le système de justice militaire s’effondre, deux éminents juristes pressent le gouvernement d’agir >>