Traitement des Ouïghours par la Chine: Ottawa se joint aux États-Unis et au Royaume-Uni pour imposer des sanctions

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Aujourd’hui, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département américain du Trésor a sanctionné des responsables actuels du gouvernement chinois en relation avec de graves violations des droits de l’homme contre des minorités ethniques dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

Les personnes et entités visées par les sanctions sont, notamment, Wang Junzheng, secrétaire du Comité du Parti du Corps de production et de construction du Xinjiang (XPCC), et Chen Mingguo, directeur du Bureau de la sécurité publique du Xinjiang (XPSB).

À la suite de l’action d’aujourd’hui, tous les biens et intérêts dans les biens des personnes susmentionnées qui se trouvent aux États-Unis ou qui sont en possession ou sous le contrôle de personnes américaines sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC, Office of Foreign Assets Control, indique le Département du Trésor américain.

En outre, toutes les entités détenues, directement ou indirectement, à 50% ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées sont également bloquées.

Sauf autorisation par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou autrement exemptée, explique le Département américain du Trésor, les réglementations de l’OFAC interdisent généralement toutes les transactions par des personnes américaines ou à l’intérieur (ou en transit) des États-Unis qui impliquent des biens ou des intérêts dans la propriété de personnes désignées ou autrement bloquées. Les interdictions incluent la contribution ou la fourniture de fonds, de biens ou de services par, à ou au profit d’une personne bloquée ou la réception de toute contribution ou fourniture de fonds, de biens ou de services d’une telle personne.

Le Royaume-Uni et le Canada ont quant à eux adopté les mêmes mesures que l’UE et imposeront eux aussi des sanctions à l’endroit des fonctionnaires chinois en raison de «leur participation à des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang», indique une déclaration commune des ministres des Affaires étrangères canadien, britannique et américain.

Les personnes et entités visées par les sanctions canadiennes sont, outre Wang Mingshan et Chen Mingguo, Zhu Hailun, Wang Junzheng, ainsi que le Bureau de la sécurité publique du Corps de production et de construction du Xinjiang, a spécifié le gouvernement canadien.

Les sanctions d’Ottawa interdisent aux personnes et entités visées par les sanctions toute transaction financière ici et les personnes visées sont interdites de territoire au Canada.

 «Nous, ministres des Affaires étrangères du Canada et du Royaume-Uni, et secrétaire d’État des États-Unis, partageons une vive et constante préoccupation devant les violations des droits de la personne et les abus de la Chine au Xinjiang.», écrivent les chefs de la diplomatie des trois pays dans une déclaration commune.

«Les preuves, certaines tirées de documents du gouvernement chinois eux-mêmes, mais aussi des images satellites et des témoignages oculaires, sont accablantes. Le vaste programme de répression de la Chine comporte de sévères restrictions aux libertés religieuses, le recours au travail forcé, la détention de masse dans des camps d’internement, des stérilisations forcées et la destruction concertée du patrimoine ouïghour.», poursuit la déclaration.

«Aujourd’hui, nous avons pris une action coordonnée concernant des mesures parallèles à celles de l’Union européenne et qui lancent un message clair en réponse aux violations et abus des droits de la personne au Xinjiang. Nous unissons nos voix pour appeler la Chine à mettre fin à ses pratiques répressives contre les musulmans ouïghours et les autres groupes ethniques et religieux minoritaires du Xinjiang, et à libérer les personnes détenues arbitrairement.», écrivent les ministres des Affaires étrangères.

Le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis disent insister «sur l’importance de la transparence et de la responsabilité, et [réclament] à la Chine un accès sans entraves au Xinjiang pour la communauté internationale, y compris les enquêteurs indépendants des Nations Unies, les journalistes et les diplomates étrangers.

Les ministres des Affaires étrangères canadien, britannique et américain concluent en déclarant qu’ils continueront «d’unir [leurs] forces pour mettre en lumière les violations des droits de la personne commises par la Chine, [qu’ils] front commun et appellent à la justice pour ceux et celles qui souffrent au Xinjiang.»