En pleine discussion à Vienne pour relancer l’accord nucléaire, l’Iran inaugure de nouvelles centrifugeuses

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Le président iranien Hassan Rohani dévoile de nouvelles réalisations nucléaires le 10 avril 2021 (Présidence iranienne)
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L’Iran a célébré la Journée nationale de la technologie nucléaire en dévoilant 133 nouvelles réalisations dans le domaine de la technologie nucléaire pacifique et en rendant hommage aux scientifiques nucléaires du pays, rapportent les médias iraniens.

Lors d’une cérémonie organisée samedi par vidéoconférence, le président iranien Hassan Rohani a présidé au dévoilement de 133 réalisations nationales dans l’industrie nucléaire, rapportent les agences iraniennes.

Le président Rohani a ainsi lancé la production d’une ligne de 164 centrifugeuses dites IR-6 installées au sein du complexe nucléaire de Natanz (centre de l’Iran) et devant servir à augmenter le stock d’uranium enrichi produit par son pays.

Il a dans le même temps lancé l’alimentation en gaz d’uranium de deux autres cascades à Natanz, une de 30 IR-5 et une autre de 30 IR-6, en vue de les tester.

Et il a également donné le coup d’envoi de tests visant à vérifier la « stabilité mécanique » de la toute dernière génération de centrifugeuses iraniennes : l’IR-9.

C’était la 15e année que l’Iran célèbre une journée nationale pour marquer ses réalisations dans l’industrie nucléaire.

Le président Hassan Rohani (gauche)et le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi lors de Journée nationale de la technologie nucléaire le 10 avril à Téhéran. (Présidence iranienne)

Ces dernières années, les scientifiques iraniens ont fait des progrès remarquables dans le domaine de la technologie nucléaire pacifique malgré les sanctions imposées par l’Occident, a déclaré le président iranien.

«Toutes nos activités nucléaires sont pacifiques et à des fins civiles, et comme l’a souligné à maintes reprises le guide suprême de la révolution islamique (l’ayatollah Khamenei), du point de vue de notre éthique et de notre jurisprudence islamiques, nous poursuivons essentiellement une arme destructrice qui peut être un un grand danger pour une grande société est interdit et (s’ils voient cela, ils comprendront) que l’Iran n’est jamais après lui (armes nucléaires) », a déclaré Rohani.Le président iranien a également évoqué le développement de différents radiopharmaceutiques dans le pays utilisés pour le diagnostic médical.

«L’une des choses dont le gouvernement est fier est le développement de la technologie nucléaire », a-t-il déclaré, ajoutant «Nous sommes toujours attachés à notre engagement qui est le Traité de non-prolifération (TNP)»

Ces annonces interviennent alors que des discussions ont lieu à Vienne entre la République islamique et les autres États parties à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) sur la façon de réintégrer les États-Unis au sein de ce pacte conclu dans la capitale autrichienne.

Vendredi, un responsable américain a déclaré sous le couvert de l’anonymat que Washington avait fait, indirectement, des propositions «très sérieuses» à l’Iran pour relancer cet accord et que les Américains attendaient une certaine « réciprocité » de la part de la République islamique.

Les pourparlers se sont déroulés sans les États-Unis, qui ont unilatéralement quitté l’accord nucléaire, en 2018, sous la direction du président de l’époque Donald Trump qui s’est lancé ensuite dans une campagne de «pression maximale» en rétablissant les anciennes sanctions et en en ajoutant de nouvelles contre l’Iran.

Mais une délégation américaine dirigée par l’envoyé spécial de l’administration Biden pour l’Iran, Rob Malley, s’est également rendue cette semaine dans la capitale autrichienne et des représentants des autres puissances ont fait la navette entre les États-Unis et les Iraniens pour faciliter des pourparlers indirects.

Le président Joe Biden soutient un retour à l’accord de 2015 remis en cause par son prédécesseur Donald Trump, dont la décision de rétablir les sanctions américaines contre Téhéran avaient poussé la République islamique à graduellement s’affranchir des limites fixées à son programme nucléaire par le traité.

L’Iran exige que les États-Unis fassent le premier pas en levant ces sanctions.