Vol PS 752: 10 personnes accusées en Iran pour avoir abattu le Boeing ukrainien

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Le procureur militaire de Téhéran, Gholamabbas Torki. (Mizan)
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Dix responsables ont été inculpés en Iran pour avoir abattu en 2020 l’avion de ligne ukrainien qui venait de décoller de l’aéroport de Téhéran, tuant 176 personnes, a déclaré mardi un procureur, une annonce qui est arrivée au moment même où Téhéran entame des négociations indirectes avec l’Occident sur son accord nucléaire, rapporte La Presse Canadienne.

Plus de 100 des 176 victimes avaient des liens avec le Canada et 55 étaient citoyens canadiens.

L’annonce intervient après que l’Iran a été confronté à de vives critiques internationales le mois dernier pour avoir publié un rapport final sur l’écrasement du vol n° PS752 d’Ukraine International Airlines évoquant une erreur humaine, sans toutefois nommer une personne responsable de l’incident.

Photo diffusée le 11 janvier 2020 par le Conseil de la défense et de la sécurité nationales Ukrainienne montrant des experts autour des débris de l’avion ukrainien abattu « par erreur » par l’Iran après son décollage de Téhéran, le 8 janvier 2020. [AFP]

Ottawa avait rejeté ce rapport d’enquête de manière catégorique, le qualifiant d’«incomplet» et dépourvu de «faits ou preuves tangibles» sur les facteurs qui ont conduit à la mort des 176 personnes à bord.

De plus, fait inusité, le BST, le Bureau canadien de la sécurité dans les transports, qui ne commente pas les rapports d’autres organismes, était cette fois sorti de sa réserve et, en raison de la situation inédite, et compte tenu du fait que l’enquête a été menée par l’État dont les forces militaires étaient en cause dans l’événement, avait exceptionnellement, communiquer publiquement une évaluation indépendante du rapport d’enquête final le qualifiant à son tour d’incomplet et soulignant les nombreuses questions restées sans réponse.

Selon l’agence de presse semi-officielle ISNA et l’agence de presse de l’Autorité judiciaire iranienne Mizan qui ont toutes deux rapporté ses propos le procureur militaire de Téhéran, Gholamabbas Torki, a évité de nommer les responsables lorsqu’il a annoncé les inculpations, mardi, tout en en cédant ses fonctions à son successeur, Nasser Seraj.