Forces armées canadiennes, la série noire continue: le commandant des Forces spéciales déchu de son poste

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Le major-général Peter Dawe, commandant des Forces d'opérations spéciales canadiennes. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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La série noire continue au sein des Forces armées canadiennes dans la tourmente après la révélations de plusieurs scandales au haut de la pyramide militaire alors que, cette semaine, c’est le major-général Peter Dawe qui est déchu de son poste de commandant des Forces spéciales canadiennes pour avoir écrit, il y a quatre ans pour un soldat coupable d’agression sexuelle sur la femme d’un camarade une lettre favorable qui, présentée à la cour au moment de la détermination de la peine, a contribué à lui éviter la prison.

Geste d’autant plus difficile à accepter pour les victimes que ce militaire a été reconnu coupable plus tard d’une autre agression dans une affaire distincte.

Le chef d’État major de la défense par intérim, le lieutenant-général Wayne Eyre, qui a annoncé cette décision dans un communiqué publié dimanche, n’a pu que reconnaître que l’armée traversait des moments difficiles. «[Ce sont aussi des moments difficiles] pour ceux qui continuent de souffrir, a-t-il dit. Cette souffrance est alimentée par un sentiment de trahison, et je reconnais qu’elle est réelle.»

Le commandant des Forces spéciales du Canada est donc mis en congé indéfiniment avec solde à la suite des révélations selon lesquelles il a écrit une lettre à l’appui à un soldat reconnu coupable d’agression sexuelle sur la femme d’un autre soldat dans sa chaîne de commandement.

Le Major-général Dawe cédera son commandement au commandant adjoint de l’unité et partira en congé, selon un communiqué publié dimanche par le lieutenant-général Eyre.

Cette décision intervient quelques jours à peine après qu’Eyre a annoncé que Dawe quitterait son poste de chef du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) la semaine prochaine, avant sa date de départ initiale cet été.

Mais plusieurs s’était indigné que le chef d’état-major par intérim de la Défense permette à Dawe en quittant le commandement des forces spéciales de devenir poursuivre sa carrière, presque comme si de rien n’était, et de devenir directeur général de la politique de sécurité internationale.

«Dans l’intérêt de la cohésion et du moral des FAC, et pour maintenir l’orientation opérationnelle du COMFOSCAN, deux impératifs nationaux, j’ai ordonné hier que le major-général Dawe passe immédiatement le commandement au brigadier-général Steve Boivin, l’actuel commandant adjoint, et qu’il parte en congé», a finalement décrété le lieutenant-général Eyre.

La décision d’aujourd’hui, considérée comme difficile pour Eyre en raison de la stature de Dawe dans l’armée, place donc entre parenthèses la carrière de celui qui est maintenant l’ex-chef des Forces spéciales.

Une lettre d’appui à un agresseur sexuel sans considération pour les victimes

La télévision publique canadienne de langue anglaise, la CBC, avait révélé le 28 avril que Peter Dawe avait écrit une lettre en faveur d’un soldat qui avait été reconnu coupable d’agression sexuelle, tout en n’offrant aucun soutien aux victimes elles-mêmes, le major à la retraite Kevin Schamuhn et son épouse, la capitaine à la retraite Annalize Schamuhn, qui ont exprimés publiquement cette semaine leur manque de confiance dans le leadership continu de Dawe suite à cette affaire

Kevin Schamuhn s’est dit choqué d’apprendre que Dawe, qui à l’époque était son supérieur dans les forces spéciales, avait écrit une lettre de référence pour le major Jonathan Hamilton, un soldat reconnu coupable d’agression sexuelle contre Annalise Schamuhn à deux reprises. Hamilton a également été reconnu coupable d’avoir agressé physiquement Kevin Schamuhn à deux reprises.

Lors de l’audience de détermination de la peine, le juge a noté que des lettres de militaires de haut niveau décrivaient Hamilton comme un homme de grande qualité avant qu’il ne souffre d’un état de stress post-traumatique à la suite de multiples déploiements en Afghanistan. Hamilton a alors été condamné à la probation plutôt qu’à la prison. Mais l’année suivante, il a été condamné à trois ans de prison après un deuxième procès pour agression sexuelle dans une affaire distincte.

«Je crois que le général Dawe a perdu son autorité morale pour diriger les forces spéciales», a déclaré le major (ret) Kevin Schamuhn à la CBC.

Dawe a écrit une lettre ouverte plus tôt cette semaine pour s’excuser pour sa gestion de l’affaire où il admet que lorsque le soldat Hamilton l’a approché dans cette affaire, il a fait preuve d’empathie avec les luttes personnelles de l’agresseur et a répondu avec émotion, mais que, «même si [son] intention était purement motivée, il est clair que l’impact de [ses] actes a été profondément préjudiciable à la victime et à son conjoint.», ajoutant qu’il n’avait pas pensé à la façon dont ses actions seraient perçues par d’autres survivants d’agression sexuelle dans les rangs des Forces armées.

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