Appel à la communauté militaire: la CAD cherche 1 000 bénévoles prêts à aider les réfugiés afghans qui ont servi avec nos troupes

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Craignant pour leur vie, des interprètes afghans se tournent vers le Canada, même si la mission canadienne s’est terminée en 2014. Ici, en 2007, un interprète compte en langue Pashtou l'argent donné aux villageois pour les dédommager de leurs pertes. De gauche à droite; Maj Bouchard, Capt Sylvain Falle du Groupement tactique et le Capt Catherine Larose des Affaires publiques (Armée canadienne)
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La Conférence des associations de la défense (CAD), sollicite aujourd’hui le soutien et l’aide des Canadiens et tout particulièrement de la communauté militaire pour aider à accueillir et à intégrer dans nos communautés les réfugiés afghans qui ont servi avec nos troupes.

La semaine dernière, dans une déclaration publique la Conférence des associations de la défense pressé par la bouche de son président, le lieutenant-général à la retraite Guy Thibault le gouvernement Trudeau «d’agir de toute urgence pour sauver les interprètes afghans et leurs familles dont la vie est en danger parce qu’ils ont choisi d’appuyer notre cause dans le cadre du déploiement de l’OTAN en Afghanistan, et qui sont maintenant d’autant plus en danger à la suite du retrait des forces soutenues par l’Occident et l’avancée des Talibans».

Alors que la situation en Afghanistan se dégrade rapidement et que les États-Unis se préparent à accueillir les réfugiés afghans dans des bases militaires américaines, à commencer par Fort Lee, en Virginie, selon ce qu’a déclaré lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby, le Canada se prépare à faire sa part.

Une annonce serait imminente en vue de rapatrier au Canada un peu plus d’une centaine de traducteurs afghans qui ont œuvré auprès des militaires canadiens lors des opérations des Forces armées canadiennes en Afghanistan. De passage à Boisbriand, lundi 19 juillet, la vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré qu’il est «évident que le Canada a une obligation morale en ce qui concerne les traducteurs qui aujourd’hui sont peut-être en danger à cause de leur travail pour nous, pour notre pays».

Et le Premier ministre Justin Trudeau et le ministre de l’Immigration Marco Mendicino ont confirmé qu’ils considéraient l’accueil et l’intégration les réfugiés afghans comme une priorité et se sont engagés à agir rapidement.

«À l’appui de l’initiative du gouvernement visant à faire venir ces partenaires afghans au Canada», écrit aujourd’hui celui qui a terminé ses 38 ans de service militaire en 2016 que vice-chef d’état-major de la Défense fut en tant que vice-chef d’état-major de la Défense et qui est aujourd’hui à la tête de l’organisation regroupant 40 associations membres qui représentent plus de 400 000 membres actifs et retraités des Forces armées canadiennes, «nous croyons que les membres des Forces armées canadiennes et les affiliés de la Conférence des associations de la défense peuvent jouer un rôle essentiel dans leur succès en aidant à faciliter une transition en douceur et une intégration efficace dans la société canadienne.».

C’est ainsi que pour pour atteindre cet objectif, poursuit le lieutenant-général (ret) Thibault, «nous recherchons 1 000 bénévoles d’un océan à l’autre qui sont prêts à aider ces nouveaux Canadiens sur une base volontaire».

Les tâches, précise-t-il, peuvent consister à les aider avec les formulaires à remplir, leur fournir ‘introduction de base’ à la société canadienne, aux écoles, au magasinage, etc., particulier dans les premiers mois suivant leur arrivée.


Ceux qui veulent se joindre à cette initiative n’ont qu’à s’inscrire sur le site de l’association et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada s’occupera de jumeler les bénévoles avec une famille de réfugiés et/ou un tiers mandaté pour faciliter ce jumelage.

«Ils étaient des amis, des alliés et des héros»

«Ces femmes et ces hommes courageux ont aidé à préserver des vies canadiennes à grand risque pour eux et leurs familles » témoignait le lieutenant général Guy Thibault (ret.) dans sa première intervention le 18 juillet, « Notre nation a une dette et nous leur devons soin et compassion, surtout en cette période critique et alarmante. Au-delà de l’action immédiate visant à accélérer le processus de filtrage et d’octroi des visas, nous devrions également faciliter un passage sécuritaire dans la mesure du possible ».

Entre octobre 2001 et 2014, plus de 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont été déployé en Afghanistan. La guerre faucha la vie de 165 Canadiens, dont 158 soldats et 7 civils – un diplomate, quatre travailleurs humanitaires, un entrepreneur au service du gouvernement et un journaliste. En outre, 635 membres des FAC ont été blessés au combat et 1412 ont été blessés en patrouille ou en situation de non-combat, rappelle le lieutenant-général (ret) Thibault.

Le lieutenant-général (ret) Thibault cite également le major-genéral David Fraser (ret), qui commanda plusieurs milliers de troupes canadiennes et alliés dans la province de Kandahar durant l’Opération Méduse et fut aussi membre du conseil d’administration de l’Institute de la CAD et qui se rappelle de par son expérience personnelle que, “les interprètes et autres employés afghans nous ont permis de communiquer, comprendre et livrer les effets qu’ils qu’ils souhaitaient pour leur pays. Ils ont joué un rôle clé.”.

«Nos sacrifices communs ne doivent pas être oubliés et nous ne devons pas non plus oublier ceux qui sont venus à notre secours au cours de cette mission dangereuse », conclut Guy Thibault. « Ils étaient des amis, des alliés et des héros. Ils méritent notre plus grand respect pour les risques qu’ils ont pris. Les protéger du danger immédiat est le moins que nous puissions faire. Nous exhortons le premier ministre et son gouvernement à agir rapidement et de manière décisive».

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