Biden défend sa décision de retirer ses troupes d’Afghanistan

0
526
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Face aux images désastreuses du chaos à l’aéroport de Kaboul et des talibans qui patrouillent dans les rues de la capitale afghane, le président des États-Unis, réellement ébranlé pour la première fois depuis son élection, s’exprimant cet après-midi à son retour à la Maison Blanche après un week-end à Camp David, a présenté une défense sans complexe de sa décision de retirer ses troupes d’Afghanistan.

Joe Biden a dit maintenir sa décision de mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis et a rejeté les critiques des alliés et des adversaires concernant les événements du week-end qui ont plongé des centaines d’Afghans dans le désespoir.

«Le choix que j’ai dû faire en tant que président était soit de donner suite à l’accord de retrait de nos forces», a déclaré Biden, «ou d’intensifier le conflit et de renvoyer des milliers de soldats américains supplémentaires au combat et de plonger dans la troisième décennie de conflit.»

«Je maintiens fermement ma décision», a-t-il martelé.

Il n’a pas nié la réalité des images dramatiques des dernières 72 heures: une course effrénée pour évacuer l’ambassade américaine à Kaboul face à l’avancée des combattants talibans, évoquant la chute de Saigon à la fin de la guerre du Vietnam.

Mais il a rejeté l’analogie, insistant sur le fait que l’administration avait prévu la possibilité d’une prise de contrôle rapide par les talibans et a exprimé sa fierté que des diplomates et d’autres Américains aient été évacués vers une sécurité relative à l’aéroport de Kaboul qui, selon Washington, était en train d’être sécurisé par plusieurs milliers de soldats américains.

Et il a imputé la chute du régime afghan à l’échec des dirigeants militaires et politiques du pays à se défendre.

«Les dirigeants politiques afghans ont abandonné et ont fui le pays», a-t-il déclaré, accusant l’armée afghane d’avoir déposé les armes après deux décennies d’entraînement américain et des centaines de milliards de dollars d’équipements et de ressources. «Au contraire, les développements de la semaine dernière renforcent le fait que la fin de l’engagement militaire américain en Afghanistan était maintenant la bonne décision.», a renchéri Biden.

Le président américain a dirigé sa colère contre les dirigeants politiques afghans, affirmant qu’il les avait exhortés à s’engager dans une véritable diplomatie, mais que «Ce conseil a été catégoriquement rejeté».

Biden a de nouveau juré de sauver des milliers d’Afghans qui avaient aidé les Américains pendant les deux décennies de ce conflit, mais le sort de beaucoup de ceux qui sont restés à Kaboul et dans d’autres parties de l’Afghanistan demeurait incertain lundi. Et des milliers d’Afghans ayant la double nationalité américaine sont toujours portés disparus au milieu d’informations faisant état d’attaques vengeresses par les combattants talibans alors qu’ils prenaient le contrôle du pays malgré l’appel à la discipline de leurs dirigeants politiques et religieux.

Sans répondre aux questions des journalistes rassemblés à la Maison-Blanche, Biden a ensuite repris le chemin de Camp David, lieu de villégiature des présidents américains, où il était en vacances depuis vendredi et d’où il n’était revenu que lundi à la mi-journée.

L’impact politique de l’effondrement dramatique du gouvernement afghan ce week-end a pris la Maison Blanche au dépourvu tout au long d’une succession rapide d’événements, alors même qu’affluaient les critiques des élus républicains et démocrates, des Afghans, de l’ancien président Donald Trump, des experts en politique étrangère et de fonctionnaires des administrations précédentes.

Mais c’est peut-être le tweet de l’élu républicain Adam Kinzinger, un ex-militaire ayant servi en Afghanistan, qui résume le mieux la situation: «Je blâme Trump pour avoir fait arriver ce moment, et Biden pour cette issue bâclée. Je ne choisis pas de camp, parce que les deux camps ont échoué. Voilà la vérité.»

La transcription fournie par la Maison Blanche:

Remarks by President Biden on Afghanistan AUGUST 16, 2021 >>

Voir aussi:

Kaboul: drapeau américain retiré de l’ambassade et chaos à l’aéroport où affluent des Afghans paniqués >>