COVID-19: la vaccination imposée aux militaires américains d’ici mi-septembre, annonce Lloyd Austin

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La vaccination contre la COVID-19 deviendra obligatoire «d’ici mi-septembre» pour tous les membres des forces armées américaines, a annoncé lundi le secrétaire à la Défense Lloyd Austin dans une note adressée aux employés du Pentagone.

Message to the Force Memo Vaccine FINAL by Jacques Godboutbm on Scribd

Le secrétaire américain à la Défense a déclaré qu’il demanderait l’autorisation du président Joe Biden d’ici la mi-septembre pour exiger que toutes les troupes reçoivent le vaccin contre le coronavirus, que les injections obtiennent ou non l’approbation complète de la Federal Drug Administration (le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques).

«Je veux que vous sachiez que je demanderai l’approbation du président pour rendre les vaccins obligatoires au plus tard à la mi-septembre, ou immédiatement après l’autorisation complète la Food and Drug [Administration] des États-Unis, selon la première éventualité », a écrit Austin dans son message. «Les rapports publics suggèrent que le vaccin Pfizer-BioNTech pourrait obtenir une approbation complète de la FDA au début du mois prochain», a-t-il ajouté.

Même si l’approbation complète du vaccin n’est plus qu’une formalité, la FDA devant d’ailleurs approuver pleinement dès septembre le vaccin de Pfizer-BioNtech contre la COVID-19, elle pourrait augmenter la confiance et pousser davantage d’Américains à se faire vacciner à un moment où le variant Delta très contagieux fait grimper le nombre de cas dans le pays, mais les forces américaines, elles, ont décidé de ne plus attendre.

Jusqu’à présent, l’armée américaine s’est appuyée sur des campagnes d’information pour convaincre les militaires de se porter volontaires pour les injections. Mercredi, environ 1 044 924 soldats en service actif, de réserve et de la Garde nationale avaient été entièrement vaccinés et 237 082 autres étaient partiellement vaccinés, selon les données les plus récentes du Pentagone.

Deux marins non vaccinés – dont un médecin – sont décédés du coronavirus en juillet. Le vice-amiral John Nowell, chef du personnel de la Marine, cité par le Stars and Stripes, le journal officiel des forces américaines, a déclaré la semaine dernière que cela lui donnait «envie de pleurer quand je vois un marin qui décède maintenant et qu’il a eu une chance d’être immunisé et qu’il ne l’a pas prise ».

Mercredi, environ 212 815 soldats en service actif, de réserve et de garde nationale ont été testés positifs pour le coronavirus depuis le début de la pandémie, dont 28 sont décédés, selon le Pentagone.

Le secrétaire à la Défense a Austin a également encouragé tout le personnel du ministère de la Défense à ne pas attendre le mandat, mais à se faire vacciner dès que possible.

«Tous les vaccins [coronavirus] autorisés par la FDA sont sûrs et très efficaces. Ils vous protégeront, vous et votre famille. Ils protégeront votre unité, votre navire et vos collègues », a écrit Austin. «Et ils veilleront à ce que nous restions la force la plus meurtrière et la plus prête au monde.»

John Kirby répond ici aux questions de la presse sur le déploiement du vaccin au sein des forces américaines

Biden soutient fortement cette décision

Le président Joe Biden pour sa part a déclaré dans un communiqué «fortement soutenir» cette décision, affirmant qu’il partageait avec Lloyd  Austin «un engagement immuable pour s’assurer que nos troupes aient tous les outils nécessaires afin d’effectuer leur travail aussi sûrement que possible».

Le Pentagone emploie près de 1,4 million de soldats actifs.

Fin juillet, Joe Biden avait demandé à l’armée de réfléchir à « comment et quand » ajouter le vaccin contre la COVID-19 à la liste des vaccins obligatoires pour les troupes.

La Maison-Blanche avait fait savoir au même moment que des millions d’employés fédéraux devraient soit être vaccinés, soit se plier à une série de contraintes.

Plus de la moitié de la population américaine est désormais entièrement vaccinée contre la COVID-19, alors que les États-Unis subissent depuis plusieurs semaines une flambée de l’épidémie liée au variant Delta.

La campagne de vaccination de masse a été menée tambour battant par l’administration Biden dès sa prise de fonctions. Mais après un pic début avril, le rythme des immunisations quotidiennes avait fortement baissé.

L’objectif fixé par Joe Biden d’au moins 70 % d’adultes avec au moins une injection n’a finalement été atteint qu’en début de semaine dernière, avec près d’un mois de retard.

Le nombre de vaccinations rebondit toutefois légèrement depuis début juillet.

Ici, plus de 85 % des membres des Forces armées canadiennes ont reçu au moins une dose

Au Canada, il n’a pas été jusqu’ici nécessaire d’obliger les militaires a être vaccinés. ne sont pas obligés d’être vaccinés. Le commandement les y a toutefois fortement encouragés afin de mieux se protéger et plus de 85 % des membres des Forces armées canadiennes ont reçu au moins une dose, indiquait le moi dernier le ministère de la Défense nationale.

Le problème d’hésitation vaccinale ne s’est donc pas posé chez les militaires canadiens, moins récalcitrants à être inoculés que leurs homologues américains chez qui un soldat sur trois aurait refusé d’être vacciné.

Les militaires sont vaccinés par l’entremise du système de santé de l’armée, plutôt que par l’entremise de leur province ou territoire de résidence et le rythme de vaccination au sein de la communauté militaire a été rapide

Selon la plupart des experts, la politisation autour de la vaccination peut expliquer la plus grande hésitation de bon nombre de soldats américains, comparativement à leurs collègues canadiens.

« Aux États-Unis, il y a des gens situés à l’extrême droite du spectre politique qui croient que la vaccination est contraire à leur identité, expliquait le moi dernier le professeur Steve Saideman de l’Université Carleton, aussi directeur du Réseau canadien sur la défense et la sécurité, cité par La Presse Canadienne. Ils ne sont pas de bons républicains s’ils portent un couvre-visage ou s’ils se font vacciner. »

Pendant ce temps au Canada, à l’exception de quelques politiciens marginaux, tous les chefs de parti ou même les premiers ministres provinciaux les plus populistes contre l’Albertain Jason Kenny et l’Ontarien Doug Ford ont encouragé la vaccination.

*Avec AFP  

Voir aussi:

Statement by President Joe Biden on COVID-⁠19 Vaccines for Service Members >>