Inconduite: aucune accusation ne sera portée contre l’amiral McDonald

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Au terme d’une enquête ayant duré six mois, aucune accusation n’a été portée contre le chef d’état-major de la défense nationale, l’amiral Art McDonald, rapporte à l’instant La Presse Canadienne.

Mise à jour 12/08/2021, 9h22

Comme pour ajouter un peu plus de confusion, l’équipe juridique de l’amiral McDonald a publié mercredi une déclaration selon laquelle l’amiral allait reprendre immédiatement son poste de chef d’état-major de la défense,. «Après consultation avec ses conseillers juridiques, l’amiral Art McDonald a décidé de reprendre ses fonctions immédiatement», ont déclaré ses avocats aux médias, comme si c’était à l’amiral de décider de son sort . « La plainte n’était pas fondée. L’absence de toute accusation – même en vertu du code de discipline militaire – est révélatrice de l’absence de conduite répréhensible. Comme l’enquête l’a révélé, la plainte était sans fondement. sert au gré du gouvernement».

Mais le CEMD sert au gré du gouvernement et, si le gouvernement décide de choisir quelqu’un d’autre, c’est tout à fait son droit. Un porte-parole du Bureau du Conseil privé a déclaré mercredi soir à se sujet qu’il était au courant de la déclaration publiée par les avocats de l’amiral, mais qu’en vertu de la politique du gouvernement en ce qui a trait à l’éthique, « les titulaires de charge publique ont l’obligation d’exercer leurs fonctions officielles d’une manière qui peut supporter l’examen public, une obligation qui n’est pas entièrement libéré en agissant simplement dans le cadre de la loi » Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a noté pour sa part que les Canadiens et les militaires ont été bien servis par le chef d’état-major de la défense par intérim, le lieutenant-général Eyre.

Mise à jour 10/08/2021, 20h35

Bien qu’il ne fasse pas l’objet d’accusations à la suite de l’enquête pour inconduite qui s’est terminée la semaine dernière, l’amiral Art McDonald ne reprendra pas pour l’instant son poste de chef d’état-major de la Défense( CEMD). Un porte-parole du Bureau du Conseil privé a déclaré ce mardi 10 août qu’une «décision sur les prochaines étapes sera prise en temps voulu». Le lieutenant-général Wayne Eyre conserve donc pour l’instant le poste de chef d’état-major par intérim.

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Le chef d’état-major de la défense, l’amiral Art McDonald, faisait l’objet d’une enquête pour «inconduite», quelques semaines seulement après que la police militaire eut ouvert une enquête sur des allégations contre son prédécesseur.

Le Grand prévôt et brigadier général Simon Trudeau l’a annoncé dans un communiqué jeudi soir, indiquant que la police militaire a identifié et interrogé un grand nombre de témoins potentiels, ce qui a conduit les enquêteurs à conclure qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour étayer le dépôt d’accusations.

Le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé en décembre la nomination d’Art McDonald, qui était alors commandant de la Marine royale canadienne. Premier officier de marine à occuper le poste de chef de la défense en plus de deux décennies, il devait apporter une perspective différentes alors que la Marine est à reconstruire sa flotte et que le théâtre Asie-Pacifique devient de plus en plus important. Le dernier marin à ce poste était le vice-amiral Larry Murray, qui n’a été nommé que par intérim au milieu des retombées du scandale de la Somalie au milieu des années 1990.

Mais il a été emporté aussitôt par la déferlante de scandales en haut de la pyramide militaire qui a secoué les Forces armées canadiennes.

Des allégations de comportement inapproprié visant l’ex-chef d’état-major de la Défense, le général à la retraite Jonathan Vance, ont été révélées en février, deux semaines après qu’il a cédé le commandement à l’amiral Art McDonald, qui dû se retirer seulement cinq semaines après son entrée en fonction parce qu’il faisait l’objet d’une enquête de la police militaire pour, lui aussi, une allégation d’inconduite sexuelle.

La nature de l’allégation contre l’amiral McDonald n’a pas été révélée officiellement publiquement, mais le réseu de langue anglaise de la télévision publique canadienne, la CBC, a rapporté en février qu’il s’agissait d’une allégation d’inconduite sexuelle remontant à l’époque où il commandait un navire de guerre canadien en 2010.

Et, après Vance et McDonald, la série noire s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui.

Ce fut le chef du Commandement du personnel militaire, le vice-amiral Hayden Edmundson qui, faisant à son tour l’objet d’une enquête après qu’une allégation d’agression sexuelle vieille de trois décennies a refaitm surface, qui a dû se retirer. On apprenait aujourd’hui d’ailleurs en lisant le communiqué sur les nouvelles promotions et nominations, qu’il a été définitivement remplacé.

Et la série noire s’est continué. L’ancien commandant des opérations militaires du pays, le lieutenant-général. Christopher Coates a pris sa retraite après qu’un rapport publié dans Postmedia a révélé qu’il avait eu une liaison avec un civil du département de la Défense américain alors qu’il était commandant adjoint du NORAD.

Ensuite, le major-général Peter Dawe, l’ancien commandant des forces spéciales, a été mis en congé payé après qu’on a appris qu’il avait écrit une lettre de soutien à un soldat reconnu coupable d’agression sexuelle.

Puis Global News, la chaîne qui avait révélé en février les allégations visant le général (ret) Vance, a rapporté que le commandant de l’école du renseignement militaire, le lieutenant-colonel. Raphaël Guay, avait été temporairement expulsé en raison d’une enquête.

Puis en mai, le Major-général Dany Fortin, grand responsable de la distribution du vaccins contre la Covid 19 partout au Canada, avait dû quitter son poste avec l’Agence de la santé publique du Canada en attendant les résultats d’une enquête militaire, a déclaré dans un très bref communiqué le ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes concernant l’emploi de Major-général Fortin.

À suivre