La Guerre en Syrie n’est pas finie et les combats dans la province de Deraa ont fait fuir 18 000 civils

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De la fumée s'élève au-dessus d'un secteur rebelle de la ville de Deraa, après des raids attribués au régime syrien, le 5 juillet 2018. (AFP/Mohamad ABAZEED)
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On a commencé à l’oublier, mais la guerre en Syrie n’est pas finie et jeudi la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a tiré la sonnette d’alarme sur le sort des civils dans et autour de la ville de Deraa, dans le sud du pays, où les quartiers sont le théâtre d’intenses combats et de bombardements aveugles par les forces gouvernementales et les groupes d’opposition armés.

Berceau du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad en 2011, Deraa, dont la seule issue est strictement contrôlé par le gouvernement syrien, a connu fin juillet ses combats les plus violents depuis sa reconquête par le régime il y a trois ans.

Les combats dans divers secteurs de la province ont fait il y a une semaine au moins 28 morts.

Deraa a été reprise à l’été 2018 par les forces gouvernementales. Mais en vertu d’un accord inédit négocié par Moscou, les rebelles ont été autorisés à rester, certains rejoignant l’armée ou gardant le contrôle de certaines parties de la province.

Les forces du régime ont tenté fin juillet de progresser au sol pour donner l’assaut contre Deraa al-Balad, un grand quartier dans le sud de cette ville tenu par d’anciens rebelles.  

L’escalade des hostilités a alors forcé au moins 18 000 civils à fuir Deraa al-Balad depuis le 28 juillet, beaucoup vers la ville de Deraa et des secteurs voisins, explique Michelle Bachelet.

« Plusieurs centaines de personnes ont trouvé refuge dans des écoles », dans la partie de la ville sous contrôle gouvernemental, a-t-elle ajouté, dans un communiqué.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a pour sa part indiqué que des négociations de cessez-le-feu sont en cours avec une médiation russe et que les combats ont considérablement baissé d’intensité.

«Il faut un cessez-le-feu immédiat pour alléger les souffrances des civils à Deraa. J’appelle également les parties au conflit à permettre et à faciliter un accès rapide et sans entrave à l’aide humanitaire», a plaidé Mme Bachelet.

«Je rappelle aux parties au conflit leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment en matière de protection des civils, et en vertu du droit international des droits de l’homme. Des chars dans des zones résidentielles et un poste de contrôle installé dans une maison suggèrent fortement que les précautions nécessaires ne sont pas prises », a-t-elle ajouté.

Depuis la reprise de Deraa en 2018 par les forces du régime, les institutions gouvernementales s’y sont réinstallées, mais les forces armées ne se sont pas déployées dans toute la province, notamment à Deraa al-Balad. La région est régulièrement secouée par des attentats et des attaques.  

Les récentes violences font suite à des semaines de contrôle renforcé autour de Deraa al-Balad par les forces gouvernementales qui cherchent à en chasser les groupes armés.

« Ces derniers jours, elles ont seulement autorisé les piétons à sortir de Deraa al-Balad sur la route al-Saraya, soumettant les gens à de stricts contrôles de sécurité », selon l’ONU.

Les civils à Deraa al-Balad étaient « assiégés », a déclaré la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme «Ils font face à des points de contrôle, des restrictions de mouvement, des chars dans les rues. Et leurs propriétés sont confisquées et volées.»

*Avec AFP