Pétrolier attaqué en mer d’Oman: Washington et Londres font bloc avec leurs alliés du G7 pour accuser l’Iran

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Les États-Unis et le Royaume-Uni ont fait bloc vendredi avec leurs alliés du G7 et à l’ONU pour accuser Téhéran d’être responsable de l’attaque meurtrière contre un pétrolier en mer d’Oman, avec la publication de photos du drone piégé fabriqué, selon l’armée américaine, en Iran.

«Tous les éléments de preuve disponibles désignent clairement l’Iran», ont affirmé les grandes puissances du G7 dans une déclaration commune, en dénonçant une « attaque délibérée et ciblée » sans « aucune justification ».

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Attaque du MV Mercer Street : Déclaration des ministres des Affaires étrangères du G7

Déclaration

« Nous, les ministres des Affaires étrangères du G7, à savoir l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, ainsi que le haut représentant de l’Union européenne, sommes unis dans notre engagement en faveur de la sécurité maritime et de la protection de la navigation commerciale. Nous condamnons l’attaque illégale commise contre un navire marchand au large des côtes d’Oman le 29 juillet, qui a tué un ressortissant britannique et un ressortissant roumain. Il s’agissait d’une attaque délibérée et ciblée, et d’une violation manifeste du droit international. Toutes les preuves disponibles désignent clairement l’Iran. Il n’y a aucune justification à cette attaque.

« Les navires doivent être autorisés à naviguer librement, conformément au droit international. Nous continuerons à faire tout notre possible pour protéger tous les navires, dont dépend l’économie mondiale, afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités librement et sans être menacés par des actes irresponsables et violents.

« Le comportement de l’Iran, ainsi que son soutien à des forces mandataires et à des acteurs armés non étatiques, menacent la paix et la sécurité internationales. Nous demandons à l’Iran de mettre fin à toutes les activités et à la prolifération incompatibles avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, et nous appelons toutes les parties à jouer un rôle constructif pour favoriser la stabilité et la paix régionales. »

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Washington et ses alliés européens membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont réitéré les mêmes accusations lors d’une réunion à huis clos à New York, a déclaré à la presse l’ambassadrice britannique Barbara Woodward.

« Le Royaume-Uni a informé le Conseil des preuves dont nous disposons », « et ces preuves sont sans appel : le Royaume-Uni sait que l’Iran est responsable de cette attaque », a-t-elle dit.

Le Conseil de sécurité se réunira lundi matin pour un débat public sur la « sécurité maritime », à la suite de cette attaque.

Le 29 juillet, le Mercer Street, un pétrolier géré par une société appartenant à un milliardaire israélien, a été la cible d’une attaque au large d’Oman, qui a conduit à la mort d’un garde de sécurité britannique et d’un membre d’équipage roumain.  

Le CENTCOM présente des preuves

Très rapidement l’Iran a été pointé du doigt par les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël, mais Téhéran a démenti toute implication, sur fond de tensions récurrentes, d’attaques et de sabotages en série dans les eaux de la région.

Vendredi, à l’appui de ces accusations, le commandement militaire central (Centcom) de l’armée américaine a publié les résultats de son enquête.

Selon son communiqué, deux drones piégés ont d’abord manqué leur cible, avant qu’un troisième, «chargé d’explosif à usage militaire», ne vienne s’abattre sur le Mercer Street.

Les experts américains « ont pu récupérer plusieurs morceaux de ce troisième drone » et « ont conclu, sur la base de preuves », qu’il « avait été fabriqué en Iran », a-t-il ajouté, en publiant plusieurs photos. Le Centcom estime aussi que « la distance entre les côtes iraniennes et le site » est compatible avec la portée de précédentes attaques au drone attribuées à Téhéran.

Dès la semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait promis une «réponse collective », sans préciser si elle prendrait la forme de sanctions ou de représailles militaires. L’État hébreu a aussi dit travailler à une riposte, et a appelé la communauté internationale à une action musclée.

Mais pour l’instant, malgré d’intenses échanges diplomatiques, ces menaces ne se sont pas encore concrétisées.

Dans une nouvelle conversation téléphonique vendredi, le ministre américain de la Défense Lloyd Austin et son homologue israélien Benny Gantz ont « condamné l’agression de l’Iran qui sape la liberté de navigation et évoqué les prochaines étapes », s’est ainsi borné à rapporter le Pentagone.

A l’ONU, l’ambassadrice britannique a assuré que « la porte de la diplomatie et du dialogue » restait « ouverte ». « Mais si l’Iran décide de ne pas emprunter ce chemin, nous allons le tenir pour responsable et lui en faire payer les conséquences », a-t-elle prévenu.

À l’issue de la réunion du Conseil de sécurité, Téhéran a pour sa part de nouveau «rejeté catégoriquement» ces «attaques sans fondement», et prévenu que l’Iran n’hésiterait pas «à se défendre» en cas d’«aventurisme » de ses rivaux.

*Avec AFP