Plusieurs soldats de l’armée syrienne tués dans les combats à Deraa dans le Sud de la Syrie

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L'escalade des violences menace un accord de trêve alors quatre soldats de l’armée syrienne tués dans les combats à Deraa dans le Sud de la Syrie. (SANA)
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Plusieurs soldats syriens ont été tués lundi dans une attaque des rebelles contre des postes de contrôle de l’armée dans la province méridionale de Deraa, ont rapporté les médias officiels, alors que l’escalade des violences menace un accord de trêve.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, mais qui a un vaste réseau d’informateurs sur le terrains en Syrie,  ce sont près de 20 soldats du régime qui auraient été tués et blessés lors d’attaques menées par des rebelles contre des postes de contrôle du régime dans toute la province.

L’OSDH a rapporté que deux soldats du régime ont été tués aujourd’hui lors d’une attaque contre des points de contrôle militaires à Deraa, ce qui porte à sept soldats le nombre de morts parmi les troupes du régime au cours des dernières 24 heures, tandis que 12 autres soldats ont été blessés.

L’Observatoire syrien avait documenté la mort de cinq soldats du régime hier lors d’une attaque par des hommes armés locaux contre des points de contrôle du régime à al-Sanmayn, Daraa al-Balad et dans les environs de Tafs.

L’ONG a également fait état de morts parmi les civils à Deraa, où un civil a été tué aujourd’hui à Deraa al-Balad lors d’un bombardement par les forces du régime sur les quartiers résidentiels.

Hier, l’OSDH a indiqué que le nombre de civils qui ont été tués dans les bombardements du régime sur la province de Deraa est passé à trois, alors que deux hommes ont été tués dans un bombardement sur les quartiers de Daraa al-Balad assiégé, et qu’une femme a été tuée par des attaques à la roquette sur Ville de Jillen dans l’ouest de Deraa.

Berceau du soulèvement antirégime de 2011, la région de Deraa a été reconquise par le gouvernement en 2018, mais certains rebelles, autorisés à y rester dans le cadre d’un précédent accord de cessez-le-feu, en contrôlent encore certaines parties.  

Fin juillet, de violents affrontements ont éclaté entre les deux camps alors que le régime tente de reconquérir la région. Il a imposé un siège paralysant Deraa al-Balad, grand quartier du sud de la ville éponyme.

La semaine dernière, les rebelles ont commencé à évacuer la zone dans le cadre d’un nouvel accord de trêve négocié par la Russie. Les récents affrontements ont toutefois considérablement compromis l’accord, des batailles faisant rage lundi dans plusieurs parties de la province.

Selon l’agence de presse officielle Sana, l’attaque contre des postes de contrôle de l’armée à Deraa a tué quatre soldats et en a blessé 15 autres.  

L’OSDH a indiqué que les forces du régime avaient intensifié les tirs d’artillerie contre Deraa al-Balad plus tôt dans la journée.

L’agence officielle Sana a montré aujourd’hui des unités de l’armée ciblant des lanceurs de missiles dans Deraa al-Balad.

Un comité de Deraa, affilié à l’opposition, a déclaré dimanche que l’accord de trêve «s’était effondré» en raison des violations du régime syrien et de l’insistance du gouvernement à appliquer des mesures non reconnues dans l’accord initial.

Le gouvernement syrien affirme, lui, que les violations commises par les opposants sapent les efforts en vue d’un cessez-le-feu.  

L’accord de trêve initial prévoit le départ d’une centaine de combattants rebelles de Deraa al-Balad pour le nord de la Syrie et la remise des armes des combattants restants.

En échange, le gouvernement mettrait fin aux attaques et lèverait son siège affectant 40 000 résidents, notamment avec des coupures d’eau et d’électricité et un manque de nourriture et de services.  

Plus de 50 rebelles ont déjà quitté la zone, selon l’OSDH, mais il n’y avait aucun signe lundi que les évacuations se poursuivraient.

Les combats ont fait plus de 38 000 déplacés en l’espace d’un mois, a indiqué l’ONU la semaine dernière.

*Avec AFP