Au moins 50 morts et 140 blessés dans un attentat à Kunduz revendiqué par l’EI

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Au moins 15 morts et 90 blessés dans une explosion qui a frappé la mosquée chiite Sayedabad à Kunduz en Afghanistan ( Twitter/@ChamkaniHadi)
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Une explosion a frappé vendredi la mosquée chiite de Sayedabad dans la ville de Kunduz dans le nord-est de l’Afghanistan à l’occasion de la grande prière hebdomadaire, faisant plusieurs morts et blessés, cinq jours seulement après un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul qui avait fait au moins cinq morts et avait été revendiqué par l’EI.

Mise à jour 09/10/2021, 12h28

Une foule en pleurs s’est rassemblée samedi dans le cimetière de la ville de Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan, au lendemain d’un attentat-suicide contre la communauté chiite qui a fait plus de 60 morts, le plus meurtrier depuis le départ des troupes américaines. Un fossoyeur a indiqué aux médias que 62 tombes avaient été creusées après cet attentat, dont le bilan final pourrait approcher la centaine de tués.  

Mise à jour 08/10/2021, 13h18

Le groupe djihadiste État islamique au Khorasan (EI-K)qui était déjà à l’origine d’un attentat à Kaboul dimanche contre une autre mosquée, qui a fait cinq morts, a revendiqué l’attaque à Kunduz sur une de ses chaînes Telegram. L’organisation extrémiste sunnite y affirme qu’un de ses kamikazes avait «fait détoner sa veste explosive au milieu de la foule» de fidèles chiites rassemblés à la mosquée.

Mise à jour 08/10/2021, 9h03

Le bilan monte maintenant à au moins 50 morts et 140 blessé et pourrait évoluer. L’explosion dans la mosquée chiite du quartier de Khan Abad Bandar a été causée par un kamikaze, a déclaré Matiullah Rohani, responsable régional du gouvernement taliban responsable de la Culture et de l’Information.

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«Cet après-midi, une explosion a eu lieu dans une mosquée chiite du quartier Khan Abad Bandar de la ville de Kunduz, à la suite de laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés. Les forces spéciales sont arrivées sur les lieux et enquêtent.», a annoncé sur Twitter Zabihullah Mujahid, le porte-parole du gouvernement taliban.

Les médias locaux ont aussi fait état de très nombreuses victimes.

Qari Sayed Khosti, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, cité par l’Agence France-Presse, a confirmé qu’une explosion avait eu lieu à Kunduz, sans fournir aucun autre détail.  

L’explosion a fait au moins 15 morts et 90 blessés selon Médecins sans frontières selon Médecins sans frontières (MSF), mais le compte pourrait grimper. En Afghanistan, MSF poursuit ses activités médicales dans ses cinq projets à Herat, Kandahar, Khost, Kunduz et Lashkar Gah. Suite à l’explosion à Kunduz aujourd’hui, l’équipe de Médecins sans frontières a immédiatement mis en place un plan d’urgence pour le Centre de traumatologie de Kunduz.

En Afghanistan, les chiites sont régulièrement la cible d’attentats, souvent menés par la branche locale du groupe État islamique (EI).

Cette explosion survient cinq jours après un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul, qui avait fait au moins cinq morts et avait été revendiqué par l’EI.

Cet attentat avait ciblé dimanche la mosquée Eid Gah dans la capitale, où se tenait une cérémonie funéraire en hommage à la mère de Zabihullah Mujahid, décédée la semaine passée.

Il avait illustré la rivalité, et la haine tenace et réciproque qui opposent l’EI et les talibans, deux groupes sunnites radicaux.

L’État islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières commises ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan. Notamment des attentats suicides dans des mosquées, des hôpitaux et dans d’autres lieux publics.

Le groupe a, en particulier, ciblé des musulmans qu’il considère comme hérétiques, notamment les chiites de la minorité hazara. En août 2019, il a ainsi revendiqué un attentat contre des chiites à un mariage à Kaboul, où 91 personnes ont été tuées.

Il a aussi été fortement soupçonné d’avoir été derrière une attaque en mai 2020 contre une maternité d’un quartier majoritairement chiite de la capitale qui a coûté la vie à 25 personnes, dont 16 mères et des nouveau-nés.

La prise de contrôle du pays par les talibans à la mi-août n’aura donc pas mis fin à la menace terroriste, comme l’avait déjà montré l’attentat commis le 26 août aux abords de l’aéroport de Kaboul, qui avait fait plus d’une centaine de morts, dont 13 soldats américains, et été revendiqué par l’EI-K.

Les talibans ont bien sûr ont condamné l’attaque suicide contre la mosquée à Kunduz, leur porte-parole etvice-ministre de l’information et de la culture, Zebihullh Mujahid, affirmant qu’ils que trouveront et puniront les auteurs de cet événement.

L’ancien président afghan Hamid Karzaï a lui aussi «condamné dans les termes les plus forts l’explosion de fidèles lors de la prière du vendredi dans l’une des mosquées de la communauté de Kunduz, qui a causé le martyre et des blessures à nombre de nos compatriotes», considérant «cet incident tragique comme contraire à tous les principes et valeurs humains et islamiques.»

Les États-Unis ont aussi condamné l’attaque, le Département d’État déclarant «Les États-Unis condamnent dans les termes les plus forts l’attaque d’aujourd’hui contre des fidèles lors de la prière du vendredi à Kunduz, en Afghanistan. Nous offrons nos plus sincères condoléances aux victimes et à leurs familles. Le peuple afghan mérite un avenir sans terreur.»

*Avec AFP