La Chine aurait testé un missile hypersonique en orbite, rapporte le Financial Times

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Selon les sources du Financial Times qui a rapporté le 17 octobre un nouveau test chinois de missile hypersonique, un planeur hypersonique a été transporté par une fusée Longue Marche. Sur la photo, ici, on voit une fusée Longue Marche portant la sonde lunaire Chang'e-5 lancée en 2020 dans le cadre du programme spatial chinois.(Archives/Getty Images)
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La Chine a testé une nouvelle capacité spatiale avec un missile hypersonique en orbite, a rapporté samedi le Financial Times, considéré comme un important quotidien de référence en Europe.

L’article du quotidien économique et financier britannique, citant plusieurs sources ayant eu connaissance du test, indique que Pékin a lancé en août un missile à capacité nucléaire qui a fait le tour de la Terre en orbite basse avant de descendre vers sa cible, ratée de plus de 32 kilomètres selon trois sources.

Les sources du Financial Times ont déclaré que le planeur hypersonique avait été transporté par une fusée Longue Marche, dont les lancements sont généralement annoncés, alors que le test d’août a été gardé secret.

Les progrès de la Chine dans les armes hypersoniques «ont pris le renseignement américain par surprise», selon l’article.

Le missile a raté sa cible d’environ deux douzaines de kilomètres, selon les sources du quotidien britannique, certaines d’entre elles déclarant que le test montrait toutefois que la Chine avait fait des progrès étonnants sur les armes hypersoniques et était bien plus avancée que ne le pensaient les responsables américains.

«Le test a soulevé de nouvelles questions sur les raisons pour lesquelles les États-Unis ont souvent sous-estimé la modernisation militaire de la Chine», écrit le Financial Times.

Le Pentagone n’a pas, dans l’immédiat, commenté l’article du Financial Times, mais son porte-parole, John Kirby, tout en déclarant qu’il ne ferait aucun commentaire sur les détails de l’article, a toutefois ajouté: «Nous avons clairement exprimé nos inquiétudes concernant le développement militaire que la Chine continue de poursuivre, qui ne fait qu’accroître les tensions dans la région et au-delà. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous considérons la Chine comme notre défi de stimulation numéro un».

Outre Pékin, les États-Unis, la Russie et au moins cinq autres pays travaillent sur la technologie hypersonique.

Les missiles hypersoniques et les tensions américano-chinoises

Les missiles hypersoniques, comme les missiles balistiques traditionnels qui peuvent transporter des armes nucléaires, peuvent voler à plus de cinq fois la vitesse du son.

Les missiles balistiques volent haut dans l’espace en faisant un arc pour atteindre leur cible, tandis qu’un missile hypersonique prend une trajectoire basse dans l’atmosphère, atteignant potentiellement plus rapidement sa cible.

Surtout, un missile hypersonique est manœuvrable (comme un missile de croisière beaucoup plus lent, souvent subsonique), ce qui le rend plus difficile à suivre et à contrer.

Des pays comme les États-Unis ont développé des systèmes conçus pour se défendre contre les missiles de croisière et balistiques, mais on ignore la capacité à pister et à abattre un missile hypersonique.

Un expert cité par le quotidien britannique, Taylor Fravel, professeur de science politique et directeur du programme d’études de sécurité du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a indiqué qu’un véhicule à glissement hypersonique armé d’une tête nucléaire pourrait aider la Chine à «annuler» les systèmes de défense antimissile américains conçus pour détruire les missiles balistiques entrants.

La Chine a développé la technologie de manière offensive, la considérant comme cruciale pour se défendre contre les avancées américaines dans les technologies hypersoniques et autres, selon un récent rapport du Service de recherche du Congrès américain (CRS).

Le test signalé intervient alors que les tensions américano-chinoises se sont accrues et que Pékin a intensifié ses activités militaires près de Taïwan, la démocratie autonome alignée sur Washington que la Chine considère comme une province en attente de réunification.

Ces derniers mois, des responsables militaires américains ont mis en garde contre les capacités nucléaires croissantes de la Chine, en particulier après la publication d’images satellite montrant qu’elle construisait plus de 200 silos de missiles intercontinentaux, souligne le Financial Times dans l’article publié aujourd’hui. Ce qui est d’autant plus inquiétant que la Chine n’est liée par aucun accord de contrôle des armements et n’a pas voulu engager les États-Unis dans des pourparlers sur son arsenal et sa politique nucléaires.

*Avec AFP