Pyongyang poursuit sa course aux armements

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La Corée du Nord a poursuivi ses programmes de développement de son armement malgré une situation économique aggravée par le blocus qu’elle s’est elle-même imposé en raison de la pandémie de coronavirus, a souligné un rapport de l’ONU mardi.

Plusieurs séries de sanctions ont été imposées à Pyongyang en réponse à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, qui ont fait des progrès rapides sous l’actuel dirigeant Kim Jong-un.

La publication du rapport intervient après qu’une série de tirs de missiles a relancé les inquiétudes internationales ces dernières semaines, allant jusqu’à provoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le document daté de septembre et publié mardi heure de Séoul couvre pour sa part une période allant du 6 février au 3 août. Il assure que la Corée du Nord continue de peaufiner ses programmes d’armement.

«Malgré l’attention portée par le pays à l’aggravation de ses difficultés économiques, la République populaire démocratique de Corée a continué à maintenir et à développer ses programmes nucléaires et de missiles balistiques», indique le rapport écrit par un groupe d’experts chargés de surveiller les sanctions imposées à ce pays isolé.

Pyongyang n’a procédé à aucun tir de missile balistique intercontinental ou essai nucléaire depuis 2017 mais le rapport souligne que des essais «combinant des technologies balistiques et de guidage» ont été menés et que l’activité se poursuit sur des sites clés liés au programme nucléaire.

Le rapport mentionne notamment, l’installation de stockage d’armes nucléaires présumée à Yongdoktong, le lancement d’un missile balistique à courte portée le 25 mars 2021, l’ achat de produits illicites et liés aux armes de destruction massive, etc, etc.

Ce rapport dénonce également un important négociant en pétrole singapourien, le groupe Winson, impliqué de plusieurs manières dans deux séries de transferts de carburant de navire à navire en mai et juin 2020 à destination de la Corée du Nord.

Ce serait la première fois qu’on lie un important négociant international de pétrole qui aurait des milliards de dollars de crédit à la vente illicite de carburant à la Corée du Nord en violation possible des sanctions de l’ONU, une activité généralement dominée par des contrebandiers et des réseaux criminels de bas niveau.

Comme on pouvait s’y attendre, le groupe Winson dément, mais les preuves recueillies montrent un réseau de connexions entre le bureau taïwanais du groupe Winson et les entreprises et les individus impliqués dans les deux séries de transferts de carburant de navire à navire de 2020 qui sont allés à la Corée du Nord.

«Compte tenu de ces liens substantiels, le Panel continue d’enquêter sur le groupe Winson et ses filiales», conclut le rapport de l’ONU.

Par ailleurs, les experts enquêtent sur des transferts illicites de voitures de luxe et d’autres produits de luxe malgré la fermeture des frontières début 2020 pour se protéger de la pandémie de coronavirus apparue dans la Chine voisine et l’arrêt des importations de produits de consommation, y compris des produits de luxe interdits pas les sanctions onusiennes.

Kim Jong-un a été vu ces derniers mois dans des VUS Lexus et le rapport fait état d’une tentative d’expédition de véhicules de luxe d’une valeur de plus d’un million de dollars, dont des modèles de ce type, probablement depuis les Émirats arabes unis vers Ningbo, en Chine, en vue d’un acheminement vers la Corée du Nord, mentionne le rapport.

Les discussions sur le nucléaire sont au point mort depuis l’échec en février 2019 à Hanoï d’un deuxième sommet entre M. Kim et le président américain de l’époque Donald Trump, Pyongyang repoussant les efforts de Séoul pour raviver le dialogue.

Sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis ont affirmé à plusieurs reprises leur volonté de rencontrer des représentants nord-coréens avec une volonté de dénucléarisation.

Kim Jong-un a refusé la semaine dernière les offres de dialogue accusant le gouvernement Biden de «poursuivre la politique hostile des précédentes administrations».

*Avec AFP