Les plans du QG des services secrets australien piratés par des Chinois

0
63
(Photo: Archives/iStock)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
(Photo: Archives/iStock)
(Photo: Archives/iStock)

Selon la chaîne de télévision australienne ABC, la Chine serait à l’origine du piratage des plans du futur quartier-général des services secrets australiens. Les documents piratés incluent la disposition des câbles censés garantir la protection et assurer la communication du bâtiment, le plan des étages et l’emplacement des serveurs informatiques.

Le ministre des affaires étrangères du pays, Bob Carr, a assuré que les relations avec la Chine ne seraient pas affectées par ces informations évoquant le piratage par des Chinois des plans secrets du nouveau siège qui abritera les services secrets du pays.

Les affirmations d’ABC «n’ont absolument aucune implication pour un partenariat stratégique», a déclaré le chef de la diplomatie australienne.

Le ministre a assuré que le gouvernement était «tout à fait conscient» des menaces de cyberattaques visant la sécurité nationale. «Rien de ce qui est discuté dans la presse ne nous surprend», a-t-il déclaré, refusant cependant de confirmer ou de démentir que ce sont spécifiquement des pirates chinois qui sont derrière cette attaque, comme l’affirme l’émission de journalisme d’investigation Four Corners, diffusée lundi soir sur ABC. «Je ne vais pas commenter le fait que les Chinois ont fait, ou pas, ce qui est évoqué» dans cette émission, a déclaré le ministre des affaires étrangères. «Nous ne voulons pas partager avec le monde et des agresseurs potentiels ce que nous savons à propos de leurs actions, ou comment ils les conduisent».

Selon le journaliste Andrew Fowler de l’émission Four Corners, l’attaque était dirigée contre un des fournisseurs qui participe à la construction du nouveau siège des services secrets à Canberra, et a pour origine un serveur en Chine.

Le bâtiment était censé être déclaré opérationnel le mois dernier.

Interrogé pour l’émission, le professeur Des Ball de l’Université nationale d’Australie précise que les plans permettent de déterminer les pièces pouvant être utilisées pour les conversations confidentielles et les endroits où placer des engins d’écoute.

Allié de longue date aux États-Unis, l’Australie doit cependant ménager la Chine qui est son premier partenaire commercial, grand acheteur des matières premières dont le sous-sol australien regorge, notamment le minerai de fer.

Ce n’est cependant pas la première fois que l’Australie fait face à une cyberattaque chinoise. D’autres affaires d’espionnage informatique impliquant la Chine ont émaillés l’actualité ces dernières années en Australie.

Ainsi, en 2011, ce sont les ordinateurs des premier ministre, ministres des affaires étrangères et de la défense qui avaient été piratés. La presse affirmait que les agences du renseignement chinois étaient soupçonnées, une information que Canberra n’avait pas voulu commenter. Pékin avait démenti ces accusations, qualifiées de «sans fondement et proférées dans un but bien particulier».

Puis cette année encore, en mars, les réseaux informatiques de la banque centrale australienne ont été piratés. La presse du pays affirmait que l’attaque avait été menée par des logiciels chinois à la recherche d’informations sensibles.

Mi-février, la firme américaine de sécurité sur internet, Mandiant, affirmait que l’armée chinoise contrôlait des centaines, voire des milliers de pirates informatiques parmi les plus virulents du monde, un rapport qui a suscité l’ire de Pékin.