Abou Qatada expulsé de Grande-Bretagne et inculpé pour terrorisme en Jordanie

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Abou Qatada à son départ de Grande-Bretagne (Photo: Sgt Ralph Merry Abipp/MoD)
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Abou Qatada à son départ de Grande-Bretagne (Photo: Sgt Ralph Merry Abipp/MoD)
Abou Qatada à son départ de Grande-Bretagne (Photo: Sgt Ralph Merry Abipp/MoD)

Expulsé de Grande-Bretagne dans la nuit de samedi à dimanche, le prédicateur radical a finalement été inculpé pour terrorisme à son arrivée en Jordanie, après plus de dix ans de procédures judiciaires qui auront coûtées 2,72 millions $ aux autorités britanniques.

Considéré comme «l’ambassadeur de Ben Laden en Europe», Abou Qatada est parti de Londres sous escorte britannique et jordanienne et est arrivé à l’aéroport de Marqa, à l’est d’Amman, peu avant 10h00, heure locale (03h00, Montréal). Il a ensuite été présenté devant le procureur de la Cour de sûreté de l’État (un tribunal militaire non loin de l’aéroport) qui lui a alors signifié qu’il était inculpé pour «complot en vue de commettre des actes terroristes».

Âgé de 53 ans, «l’ambassadeur de Ben Laden en Europe» a été placé en détention préventive pour 15 jours à la prison de Mouwaqar, un centre de haute sécurité hébergeant 1 100 prisonniers, en majorité des islamistes accusés de terrorisme, a déclaré une source judiciaire à l’AFP.

Son avocat a annoncé qu’«Abou Qatada a plaidé non coupable», et qu’il allait déposer un recours pour obtenir la libération sous caution de son client.

En 1999, Abou Qatada avait été condamné à mort par contumace pour «préparation d’attentats», mais sa peine a toutefois été immédiatement commuée en prison à vie assortie de travaux forcés.

En 2000 (et toujours absent de son procès), il avait aussi été condamné à 15 ans de prison pour «complot en vue de commettre des attaques terroristes» contre des touristes en Jordanie.

Cité par l’agence officielle Petra, le ministre de l’Information, Mohamed Momani, a promis que son nouveau procès se déroulerait dans «l’équité, la crédibilité et la transparence».

Les journalistes n’ont cependant pas été autorisés à pénétrer dans la salle d’audience pour entendre l’énoncé des chefs d’inculpation.

«Menace pour notre pays»

Se déclarant «absolument ravi», le Premier ministre britannique David Cameron a indiqué devant les caméras de télévisions du pays que «C’est quelque chose que le gouvernement s’était engagé à faire, et nous l’avons fait. […] Comme le reste des Britanniques, cela m’a mis hors de moi de voir qu’il ait fallu si longtemps et que cela a été si difficile d’expulser cet homme […] qui est une menace pour notre pays».

Des décisions nationales et européennes ont ralenti l’extradition durant dix années, mais elle a finalement été permise grâce la ratification d’un traité bilatéral entre la Jordanie et la Grande-Bretagne, qui, sans mentionner le cas du prédicateur, contient les garanties nécessaires pour bannir l’utilisation de preuves obtenus sous la torture, selon la ministre britannique de l’Intérieur Theresa May.

Omar Mahmoud Mohammed Othman alias Abou Qatada, est né en 1960 à Bethléem, et était arrivé en 1993 pour demander l’asile à la Grande-Bretagne. Il a enchaîné les séjours en prison en vertu de la législation antiterroriste depuis 2002. Il s’est en effet souvent illustré par de virulents prêches anti-occidentaux, anti-américains et anti-juifs.

L’islamiste a longtemps combattu son expulsion vers la Jordanie, devant la justice à la fois britannique et européenne, avant de faire savoir en mai qu’il acceptait de retourner en Jordanie une fois ratifié le traité lui garantissant un procès équitable.