L’opposition syrienne profondément troublée par la prise d’Azaz par les djihadistes

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Des enfants syriens dans un camp de réfugiés à Azaz, le 15 juillet 2013 (Archives/J.M Lopez/AFP)
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Des enfants syriens dans un camp de réfugiés à Azaz, le 15 juillet 2015 (Archives/J.M Lopez/AFP)
Des enfants syriens dans un camp de réfugiés à Azaz, le 15 juillet 2015 (Archives/J.M Lopez/AFP)

L’opposition syrienne est profondément troublée la conquête de la ville d’Azaz, au nord du pays, par les combattants djihadistes de l’Émirat Islamique d’Irak (EIIL) et du Levant que le groupe lié à Al-Qaïda a arraché aux insurgés des l’Armée Syrienne libre.

Azaz, ville frontalière de la Turquie, dans le nord-ouest de la Syrie, est en effet tombée mercredi aux mains de l’EIIL à l’issue d’une opération éclair.

Fait significatif, la ville n’était pas sous le contrôle du régime mais de l’Armée syrienne libre (ASL), le bras armé de la Coalition nationale syrienne, qui a jusqu’ici plus ou moins cohabité avec l’EIIL et l’autre groupe djihadiste du Front al-Nosra, lui aussi lié à Al-Qaïda.

L’entrée des combattants de l’EIIL a suscité les craintes de nombreux habitants de la ville, inquiets de voir le groupe imposer la charia et se livrer à des violences contre les civils et donner de l’eau au moulin de ceux qui prétendent que la rébellion est sous l’emprise des djihadistes liés à Al-Qaïda.

L’ALS a maintenant envoyé, l’une de ses unités, la puissante Brigade Tawhid, s’interposer dans la ville entre djihadistes et son bataillon local, «Tempête du nord», en attendant de trouver une issue à la crise.

La Coalition de l’opposition syrienne a accusé pour sa part vendredi un groupe de djihadistes lié à Al-Qaïda de privilégier leur projet d’instauration d’un État islamique au combat contre le régime, deux jours après que les eurent arraché la ville d’Azaz aux insurgés plus modérés de l’Armée syrienne libre.

La Coalition de l’opposition n’a pas manqué de «condamner les agressions de (l’EIIL) contre les forces de la révolution […] et son mépris pour la vie des Syriens».

C’est la première fois que cette coalition, qui regroupe un large éventail de tendances, s’élève aussi fortement contre un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda.

Elle a dénoncé le fait que l’EIIL «serve des projets extérieurs et appelle à instaurer un État (islamique) dans les contours de l’État syrien, en violation de la souveraineté nationale» syrienne.

Elle s’est également indignée du recours de ce groupe «à la force contre les civils et du bellicisme à l’égard de l’ASL» et l’accuse d’avoir «renoncé à combattre le régime dans différentes zones et de s’employer à renforcer son emprise sur des zones libérées».

La coalition souligne ensuite ses divergences avec l’idéologie de l’EIIL en soulignant que «le peuple syrien est enclin à la modération et au respect des religions et du pluralisme politique et rejette la pensée extrémiste et l’exclusion qui se traduisent par des actes criminels contre les musulmans et les non musulmans».

Entre temps, le problème reste entier à Azaz même si une trêve a été conclue entre l’ASL et l’EIIL, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

*Avec AFP

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