Navires de patrouille de l’Arctique: un concept qui coûte cher, très cher, trop cher

En novembre 2010, le lieutenant de vaisseau Phil Durand, membre d’équipage du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Athabascan, vérifie le relèvement pendant que les NCSM Athabascan et Charlottetown (en arrière-plan) s’approchent du navire militaire américain Kanawha pour un ravitaillement en mer (REM) durant l’exercice de groupe opérationnel (TGEX) dans l’océan Atlantique, le 14 novembre 2010 (Photo: caporal Johanie Maheu, Services d’imagerie de la formation, Halifax)
En novembre 2010, le lieutenant de vaisseau Phil Durand, membre d’équipage du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Athabascan, vérifie le relèvement pendant que les NCSM Athabascan et Charlottetown (en arrière-plan) s’approchent du navire militaire américain Kanawha pour un ravitaillement en mer (REM) durant l’exercice de groupe opérationnel (TGEX) dans l’océan Atlantique, le 14 novembre 2010 (Photo: caporal Johanie Maheu, Services d’imagerie de la formation, Halifax)
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En novembre 2010, le lieutenant de vaisseau Phil Durand, membre d’équipage du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Athabascan, vérifie le relèvement pendant que les NCSM Athabascan et Charlottetown (en arrière-plan) s’approchent du navire militaire américain Kanawha pour un ravitaillement en mer (REM) durant l’exercice de groupe opérationnel (TGEX) dans l’océan Atlantique, le 14 novembre 2010 (Photo: caporal Johanie Maheu, Services d’imagerie de la formation, Halifax)
(Archives/Caporal Johanie Maheu/Services d’imagerie de la formation Halifax)

Deux jours avant de signer un contrat pour commencer à travailler sur un projet de 3 milliards $, le gouvernement fédéral a été averti par ses propres conseillers que le contrat était trop cher – mais l’a tout de même signé

L’avertissement est venu suite à la sortie d’un rapport confidentiel rédigé par la firme International Marine Consultants, de Vancouver, et qui avait été commandé par le ministère des Travaux publics du Canada. Il s’agissait d’analyser le contrat de définition des navires de patrouilles extracôtiers et de l’Arctique, c’est-à-dire l’étape de la conception.

Si le rapport indique que le projet du constructeur naval Irving Shipbuilding est bien fait, certaines lacunes sont soulignées, notamment au sujet des coûts.

Selon les auteurs du rapport, la durée de la période de conceptualisation semble arbitraire. Ils se demandent si on a besoin d’autant de main d’oeuvre pendant tout ce temps, ce qui fait augmenter les coûts.

Ils affirment ainsi que le nombre d’heures de travail données par Irving Shipbuilding est «très élevé et beaucoup plus que ce à quoi l’on pourrait s’attendre d’un programme de construction navale pour des navires de cette taille et de cette complexité».

Les consultants préviennent le gouvernement fédéral qu’en fin de compte, le projet va coûter beaucoup plus cher aux contribuables.

Le rapport souligne aussi que «les coûts pour l’intégration des systèmes électroniques et des moteurs sont extraordinairement élevés».

Ce n’est pas la première fois qu’on parle de coûts élevés. Jean-Christophe Boucher, professeur adjoint à l’Université MacEwan et directeur de recherche au CIRRICQ, se demande si le projet sera réalisé comme prévu.

«Honnêtement, je pense que c’est 50/50. C’est-à-dire que lorsqu’on aura fini la phase de design, on aura vraiment une idée plus judicieuse, plus juste, des prix des navires et du temps que ça va prendre pour les construire. Mais c’est clair qu’il y a des témoins lumineux, de sérieux problèmes tant au niveau du budget, de la planification, de la construction des patrouilleurs arctiques», a affirmé Jean-Christophe Boucher sur les ondes de Radio-Canada.

Dans un courriel, un porte-parole des Travaux Publics affirme que même si le gouvernement accepte le rapport, il juge que les comparaisons d’heures de main-d’oeuvre et de coûts ne sont pas valables.

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